Bien-être Santé mentale : entre orientation, examens, stress... ces périodes qui fragilisent les élèves et étudiants
En bref
- La santé mentale des jeunes peut être fragilisée à différents moments de leurs études.
- Orientation, examens, changements de cycle ou démarches administratives : plusieurs étapes du parcours scolaire et étudiant peuvent faire vaciller l'équilibre psychologique des jeunes.
- Le rapport 2025 de la médiatrice de l'Éducation nationale identifie les périodes les plus à risque et appelle à renforcer leur accompagnement.
Les saisines de la médiatrice en forte hausse en 2025
L’année 2025 a été particulièrement intense pour les médiateurs académiques de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur avec 28 500 saisines traitées (+ 22 % par rapport à 2024).
Les médiateurs peuvent être sollicités par les élèves, les étudiants, leurs familles ou encore les personnels lorsqu’une difficulté apparaît avec l’administration ou lorsqu’un dialogue semble bloqué. Au-delà des situations individuelles, ces réclamations permettent de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les usagers de l’institution éducative.
Dans son rapport annuel 2025, la médiatrice s’intéresse particulièrement au sujet de la santé mentale. Ce rapport montre que la réussite éducative est loin de se résumer aux résultats scolaires. Elle dépend également des conditions dans lesquelles les élèves et les étudiants construisent leur parcours et comprennent les décisions qui les concernent. En ce sens, ils doivent être accompagnés le plus rapidement possible lorsqu’ils rencontrent une difficulté.
Orientation scolaire : un moment charnière pour la santé mentale des élèves et étudiants
Parmi les moments identifiés dans les saisines, les questions d'inscription et d'orientation occupent une place importante (environ 28 % du total des saisines). Le choix d’une voie de formation peut être vécu comme une étape déterminante pour l’avenir. Pour certains jeunes et leurs familles, cette décision donne parfois le sentiment que tout se joue à un moment précis du parcours de formation. Quand l’orientation est, en plus, mal comprise ou vécue comme subie, elle peut générer un sentiment d’injustice ou d’inquiétude.
La question de la communication autour des procédures d’orientation est un sujet central pour la médiatrice. Les élèves et leurs familles doivent pouvoir comprendre les critères utilisés, les possibilités qui existent et les différentes étapes du processus.
Cette question concerne aussi et surtout les démarches à faire pour entrer dans l’entrée dans l’enseignement supérieur, en particulier la période qui précède la publication des résultats de Parcoursup (construction du choix d’orientation...). Les règles perçues comme trop complexes ou difficiles à appréhender peuvent donner aux jeunes le sentiment de manquer de visibilité sur leur avenir.
Examens, changement de cycle : les périodes les plus stressantes
Hormis les questions autour de l’orientation, les examens sont également des moments où l’anxiété peut se révéler plus grande. La peur de l’échec, le stress lié aux résultats ou le sentiment de ne pas être à la hauteur peuvent peser sur certains élèves.
La médiatrice mentionne également le fait que certains élèves voient le contrôle continu comme un enchaînement de couperets plutôt que comme une chance de s’améliorer tout au long de l’année.
Certains changements de cycle peuvent également représenter des périodes de fragilité. Passer au lycée, entrer dans l’enseignement supérieur ou changer de formation impliquent de nouveaux repères et de nouvelles attentes. L’adaptation peut se révéler difficile, surtout si des incompréhensions planent sur les démarches à effectuer.
Ces inquiétudes peuvent avoir des conséquences sur le quotidien des élèves et des étudiants, comme des difficultés à se concentrer, une perte de confiance ou encore de l’absentéisme. Dans ces moments, l’accompagnement joue un rôle essentiel. C’est pour cela que la médiatrice insiste sur la nécessité de mieux repérer les signaux faibles de détresse psychologique.
Étudiants : des démarches administratives qui peuvent fragiliser la santé mentale
L’entrée dans l’enseignement supérieur est une nouvelle étape qui peut faire apparaître de nouvelles difficultés. Les étudiants sont plus autonomes qu’au lycée et doivent gérer davantage de démarches administratives par eux-mêmes, en particulier ceux qui quittent le domicile familial pour suivre leurs études.
Les saisines reçues par les médiateurs montrent que les démarches peuvent devenir difficiles à appréhender, notamment lorsqu’un étudiant rencontre une situation particulière, comme une réorientation, une interruption temporaire d’études ou une demande d’aménagement en raison d’un handicap. Il devient ainsi nécessaire de clarifier et de simplifier l’accès aux dispositifs d’aide.
Elle appelle aussi à renforcer la prévention et le repérage des difficultés de toutes sortes. L’idée est de pouvoir intervenir plus rapidement, avant que les difficultés ne compromettent la poursuite du parcours d'études. Les étudiants doivent pouvoir identifier facilement les personnes ou services susceptibles de les aider.
Dans cette logique, le nouveau numéro 3040 constitue un relais supplémentaire pour les étudiants en difficulté. Accessible gratuitement en journée, il permet aux jeunes d’être mis en relation avec un psychologue, un éducateur ou un juriste, en fonction de leur problématique. Ce numéro sera complété à l’automne 2026 par un portail présentant tous les dispositifs d’aide auxquels peuvent recourir les étudiants.