Choix cornélien Études de santé : qui réussit vraiment entre PASS et LAS ?

Zoé Ruffy
Publié le 05-01-2026

En bref

  • Quatre étudiants sur dix de PASS ou de LAS décrochent une place en études de santé, en un ou deux ans, selon une note du ministère de l'Enseignement supérieur.
  • Derrière ce chiffre, la note ministérielle décortique deux stratégies d’accès aux études de santé bien différentes.
  • Plutôt Pass ou LAS ? À quelques jours du coup d'envoi des inscriptions sur Parcoursup, le CIDJ fait le point pour aider les futurs bacheliers, encore indécis, à trancher entre ces deux voies d’accès.
Les étudiants en études de santé révisent.
34 % des étudiants de PASS et 20 % des inscrits en LAS accèdent à une filière santé en un an. Crédit : Canva - CIDJ

Deux fois plus de chances de réussite en PASS

À la rentrée 2022, 34 200 nouveaux bacheliers ont fait le pari des études de santé, majoritairement via le PASS (parcours d'accès spécifique santé - 66 %). Un à deux ans plus tard, 40 % d’entre eux avaient réussi à franchir le cap, en intégrant une filière MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie), selon une étude du ministère de l’Enseignement supérieur, publiée fin 2025. Les trois quarts de ces admissions se sont jouées dès la première tentative. Le PASS s’est avéré plus efficace pour accéder aux filières médicales, représentant près de 80 % des admis.

De son côté, la LAS (licence accès santé) permet davantage de casser les codes en intégrant des profils plus variés. C'est notamment le cas pour les étudiants issus de la majeure STAPS : ils sont proportionnellement plus nombreux à intégrer les écoles de kiné.

Les écarts de réussite entre les deux voies d’accès persistent. 34 % des étudiants de PASS accèdent à une filière santé en un an, contre moins de 20 % en LAS. Même en deux ans, la tendance se confirme : 14 % d’admis pour les PASS, 6 % pour les LAS.

Focus

À L’UVSQ, une “One Las” dès 2026

L’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) se fait remarquer en ce début d’année 2026. L’établissement prend une initiative inédite en France en bouleversant son organisation d’accès aux études de santé. Exit le PASS, la fac francilienne ne proposera désormais plus que la licence accès santé à ses étudiants souhaitant s’orienter vers les filières médicales. Par ailleurs, seule une majeure disciplinaire sera proposée aux jeunes souhaitant se tourner vers cette “One Las” : la licence sciences pour la santé. Celle-ci sera composée de deux parcours : sciences et technologies en santé (700 places disponibles sur la plateforme Parcoursup) et le parcours rééducation - réadaptation, qui offrira 86 places à la rentrée de septembre 2026. 

En cas d’échec, la LAS offre un filet de sécurité

Les parcours montrent néanmoins des nuances selon les disciplines. En effet, si les étudiants de LAS redoublent davantage en médecine, l’écart s’inverse en pharmacie ou en maïeutique. 

Si tous les chemins ne mènent pas immédiatement aux études de santé, le parcours LAS offre un avantage décisif pour rebondir rapidement. Deux ans après leur première inscription, 22 % des étudiants de LAS non admis sont déjà en troisième année d’études, contre seulement 12 % des étudiants ayant essuyé un échec en PASS. La LAS confirme ainsi son rôle de voie plus souple pour les réorientations “sans perte de temps”.

Les données du ministère pointent aussi une grande diversité dans les réorientations. Parmi ceux qui atteignent la troisième année sans avoir intégré une filière santé, une large majorité s'épanouit dans des licences classiques comme les sciences fondamentales, la psychologie ou le droit. Du côté des non-admis de deuxième année, près de la moitié se dirige vers une licence générale, tandis qu'environ un sur cinq choisit d'intégrer une école d'infirmiers. Enfin, 29 % des recalés de la promotion 2022 décident de quitter le système universitaire français.

Plutôt que de s’orienter à tout prix sur la “meilleure filière”, une nouvelle génération de bacheliers devra bientôt arbitrer sur la stratégie la plus adaptée à leur profil : plutôt miser sur la performance, ou bien s'assurer un plan de repli, sans perdre une année.

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