Spécialiste du suivi physiologique et gynécologique des femmes, la sage-femme accompagne les femmes en bonne santé et sans pathologie particulière tout au long de leur vie. Ce métier difficile demande à la fois des compétences médicales et psychologiques.
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Que fait le/la Sage femme
La profession de sage-femme est une profession médicale réglementée par le code de la santé publique et le code de déontologie des sages-femmes. Elles ont un pouvoir de diagnostic et un droit de prescription.
La sage-femme (ou le maïeuticien ou homme sage-femme, mais les hommes représentent à peine 3 % des effectifs !) est une spécialiste des grossesses normales. Elle suit les femmes enceintes dont elle a la charge, du diagnostic de la grossesse jusqu’au jour de l’accouchement.
Au fil des mois, elle anime des séances de préparation à la naissance (exercices de relaxation, sophrologie, yoga...), prescrit et effectue tous les examens nécessaires, apporte son soutien psychologique aux futures mères. Responsable du déroulement de l’accouchement, c’est elle qui pose le diagnostic du début du travail, dont elle suit l’évolution.
Aidée de technologies de pointe (monitoring, échographies...), la sage-femme assure seule près de 90 % des accouchements. Elle pratique épisiotomie, sutures, réanimation néonatale et intubation si nécessaire. Si des complications surviennent, elle doit agir très vite pour faire appel au gynécologue-obstétricien ou au chirurgien.
Après l’accouchement, elle s’occupe du nouveau-né, vérifie qu’il soit en bonne santé et accomplit les gestes de réanimation si nécessaire. Elle surveille aussi le rétablissement de la mère, la conseille sur l’allaitement et l’hygiène du bébé et pratique la rééducation périnéale.
L’activité de la sage-femme ne se limite pas à des gestes techniques : elle a aussi un rôle relationnel très important. Elle doit savoir expliquer à la future mère comment vont se dérouler les étapes successives, la rassurer et associer le père à ce moment important.
Mais le rôle de la sage-femme ne se limite pas uniquement à la grossesse. Spécialiste de la physiologie de la femme, la sage-femme a aussi les compétences nécessaires pour assurer au quotidien le suivi gynécologique de prévention des femmes (contraception, diagnostic de grossesse, IVG médicamenteuse, traitement de la ménopause, contrôles réguliers, vaccination de la femme et du nouveau né). En cas de problèmes ou de pathologies particulières, elle oriente la patiente vers le.la gynécologue. Elle participe également aux activités cliniques d’assistance à la procréation.
Cette profession implique de lourdes responsabilités et des conditions de travail souvent difficiles : horaires irréguliers, gardes de nuit, stress... Une grande résistance à la fatigue physique et nerveuse est donc nécessaire.
Ou travailler ?
Les sages-femmes exercent principalement dans des hôpitaux ou cliniques privées. Certaines professionnelles exercent en libéral, d’autres dans des centres de protection maternelle et infantile (PMI), des centres de planification familiale ou des maisons de naissance.
À l’hôpital
Environ 25 760 sages-femmes exercent actuellement en France. Près de 60 % sont salariées dans des établissements de soins publics et privés, la majorité à l’hôpital. Ces professionnelles relèvent alors de la fonction publique hospitalière.
Dans la fonction publique hospitalière, les sages-femmes ont un statut spécifique de sages-femmes des hôpitaux, classé en catégorie A de la fonction publique. Leurs compétences médicales sont reconnues, elles dépendent directement de la direction du personnel médical et les cadres paramédicaux n’ont plus d’autorité sur elles.
En libéral
Aujourd’hui, un peu plus d'une sage-femme sur 4 exerce exclusivement en libéral et est rémunérée à l’acte. Un statut qui ne cesse d’augmenter : en 2012, seules 20 % des professionnelles avaient une activité libérale, alors qu’elles étaient 36 % à travailler en statut libéral ou mixte en 2025.
Dans ce cadre, la professionnelle ne pratique pas d’accouchements. Son activité est centrée sur la surveillance des grossesses, le suivi de la mère et du nouveau-né, la rééducation périnéale.
Ce travail en libéral répond à une demande de la part des femmes qui souhaitent être suivies avant et après l’accouchement par la même personne.
Certains sages-femmes exercent partiellement en clinique privée, tout en gardant une activité libérale.
Dans la fonction publique territoriale
Environ 10 % des sages-femmes exercent dans les centres de PMI comme salariées de la fonction publique territoriale ou dans les centres sociaux, centres de planification et d’éducation familiale. Elles ont essentiellement des missions d’accompagnement et de suivi (IVG médicamenteuse, prescription de certains médicaments, etc.).
Les maisons de naissance se développent
Accolées à une maternité, les maisons de naissance sont des structures autonomes, placées sous la responsabilité exclusive de sages-femmes, qui proposent un accompagnement pour assurer des accouchements les plus naturels possible. Encore peu nombreuses en France, les maisons de naissance restent marginales : 9 sont actuellement en fonctionnement et elles ne représentent qu'une faible part des naissances. Leur développement progresse toutefois et d'autres projets devraient voir le jour dans les prochaines années.
Quel salaire ?
Traitement indiciaire brut mensuel pour un débutant : à partir de 2 200 euros environ + primes et indemnités (fonction publique hospitalière et territoriale, libéral).
Comment devenir Sage femme ?
Les études durent 6 ans après le bac. Pour devenir sage-femme, il faut obtenir le diplôme d’État de docteur en maïeutique, qui se prépare en 5 ans dans une école de sages-femmes rattachée à un CHU, accessible via la filière MMOP. À noter que la réforme prévue pour la rentrée 2027 vise à instaurer une voie d'accès unique aux études de santé. Dans l'attente de sa mise en œuvre, deux voies d'accès restent possibles via la plateforme Parcoursup : après une licence LAS (licence accès santé) ou PASS (parcours d’accès spécifique santé). Pour ces deux parcours, les étudiants sont sélectionnés sur leurs résultats. Les places disponibles pour entrer en deuxième année d’études de santé sont réparties proportionnellement au nombre d’inscrits en PASS et en LAS.
Le cursus de formation est organisé autour de 3 cycles :
- un premier cycle de 3 ans : il intègre une première année de PASS ou de L.AS et 2 années de maïeutique,
- un deuxième cycle de 2 ans (4e et 5e année d'études),
- un troisième cycle d'un an pour obtenir le statut de docteur en maïeutique.
Les infirmiers diplômés d’État (IDE) souhaitant devenir sage-femme peuvent bénéficier de passerelles pour intégrer une école directement en 2e ou 3e année. Plus largement, cette possibilité est ouverte à tous les titulaires d’un diplôme d’État d’auxiliaire médical sanctionnant 3 années d’études supérieures.
Après obtention du diplôme d’État de docteur en maïeutique, il est possible de se spécialiser via un diplôme universitaire ou un diplôme interuniversitaire :
- DU : auriculothérapie scientifique, psychopathologie du bébé ;
- DIU : pédiatrie de maternité, pelvoperinéologie ;
- DU : gynécologie préventive et contraceptive ;
- Master pro économie et gestion de la santé...
Quelles sont les évolutions de carrières ?
Après quelques années d’expérience, les sages-femmes peuvent assurer l’encadrement des sages-femmes d’un service hospitalier.
Un recrutement sur titres leur permet de diriger une maison maternelle ou un centre de PMI (protection maternelle et infantile). Un concours leur ouvre l’accès aux fonctions de directeur d’école de sages-femmes.
Avec le diplôme d’État, les sages-femmes peuvent accéder à d’autres professions et suivre la formation menant au diplôme d’État de puériculteur, d’infirmier anesthésiste et d’infirmier de bloc opératoire.
Les sages-femmes bénéficient également de dispenses de scolarité pour les études de masseur-kinésithérapeute (dispense de certains enseignements de cycle 1 et 2), d’ergothérapeute (dispense de certains enseignements de 1re année), d’infirmier (dispense totale : les sages-femmes peuvent se présenter directement aux épreuves du diplôme d’État, à condition d’effectuer un stage à temps complet de soins infirmiers d’une durée de 5 semaines).
La réforme de la profession permet désormais aux sages-femmes possédant un doctorat de conjuguer la pratique clinique et les activités d’enseignement.
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