Coût de la rentrée

Études de santé : quand les frais de rentrée s'envolent

Laura El Feky
Publié le 11-09-2026

En bref

  • Près de 10 000 euros pour un étudiant en PASS, plus de 6 000 euros une rentrée en kiné, ... se former aux métiers de la santé peut coûter cher.
  • Entre équipements professionnels, matériel nécessaire aux travaux pratiques ou prépas privées, les étudiants en études de santé doivent faire face à une facture qui ne cesse de s'alourdir.
  • Pour les étudiants en médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kiné ou en soins infirmiers, ce budget pèse de plus en plus lourd et peut parfois conduire à s'endetter ou à travailler pendant ses études.
devenir infirmier.jpg
D’une formation à l’autre, le constat est le même, les étudiants en santé doivent supporter des dépenses qui dépassent largement les seuls droits d’inscription. Crédit : Canva

Faire des études de santé a un prix. Et il est de plus en plus élevé. Le coût des études de santé peut en effet atteindre plusieurs milliers d'euros dès la première année

Au-delà des seuls frais d'inscription et des dépenses du quotidien, les étudiants doivent assumer de nombreux coûts directement liés à leur formation, selon les chiffres des associations d’étudiants. 

Près de 10 000 euros pour une rentrée en PASS

En médecine, la facture est particulièrement salée. En PASS, elle atteint en moyenne 9 897 euros en 2026, selon l'association nationale des étudiants en médecine (l'ANEMF). En L.AS, le coût des études s'élève à 7 627 euros, mais progresse beaucoup plus fortement, avec une hausse de 11%. 

Les droits d’inscription à l'université ne pèsent pourtant qu'une faible part dans ce budget. Comme pour les autres étudiants en licence, ils s’élèvent à 178 euros en PASS et en LAS, auquel il faut ensuite ajouter la CVEC, la complémentaire santé ainsi que les dépenses de la vie courante (loyer, repas, transport...). 

Mais ce sont surtout les prépas privées de médecine, destinées à renforcer les chances d'admission en études de santé, qui font grimper la note. Une prépa privée coûte en moyenne 6 579 euros en PASS et 3 975 euros en LAS. À titre de comparaison, un tutorat étudiant, proposé par les universités, coûte en moyenne 18 euros en PASS et 13 euros en LAS. Avec le matériel pédagogique, la dépense s’élève respectivement à 187 et 142 euros.

En études de kiné, les formations privées font exploser la facture

En études de kinésithérapie, c'est le choix (ou plutôt l’affectation) de l’institut qui peut peser lourd sur le budget. Pour un étudiant admis en deuxième année de kinésithérapie, le coût moyen de la rentrée s'élève à 6 484 euros. 

Mais les écarts sont considérables selon le statut de l'établissement. Dans un IFMK public, la rentrée coûte en moyenne 2 860 euros, 6 922 euros pour un étudiant extracommunautaire alors que dans le privé, le coût monte à 9 382 euros. En Île-de-France, la facture grimpe encore, avec un coût moyen de rentrée qui dépasse 10 000 euros. 

Pour la fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (Fnek), cette différence est « profondément inéquitable ». Une fois admis dans la filière, les étudiants ne choisissent pas nécessairement leur institut et les frais de scolarité peuvent alors varier de plusieurs milliers d'euros selon l'établissement. À Orléans, ils s'élèvent à 216 euros dans l’IFMK public, contre 8 183 euros à Rennes, dans un institut privé.

Pour certains, ces sommes obligent à s’endetter. « Plus d’un étudiant sur quatre contracte un prêt supérieur à 27 000 euros, principalement pour financer sa formation, rappelle la fédération. Parmi eux, 77% sont inscrits dans un IFMK privé. »

Stages, matériel, transport : les frais s'accumulent pour les étudiants sages-femmes et infirmiers

Les frais ne s’arrêtent pas à la rentrée.  Pour les étudiants en santé, les stages entraînent eux aussi des coûts : matériel professionnel, entretien des tenues, transport ou encore logement. 

Pour les futures sages-femmes, pince Kocher, ciseaux, lunettes de protection, chaussures ou mètre ruban représentent « 191 euros en moyenne par étudiant », selon l’association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf). Les transports peuvent alourdir encore la facture. En Outre-mer, les étudiants parcourent en moyenne 4 147 kilomètres pour leurs stages, pour un coût supérieur à 200 euros par mois. 

Du côté des infirmiers, les dépenses liées à la formation atteignent 305 euros. La fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnesi) pointe également le coût des tenues professionnelles, encore demandées dans certains établissements alors qu’elles doivent normalement être fournies aux étudiants.

À ces dépenses déjà élevées s’ajoute une indemnisation de stage qui peine à suivre. Selon leur année de formation, les étudiants infirmiers perçoivent entre 1,10 et 1,70 euro de l’heure. C’est nettement moins que la gratification minimale d’un stagiaire de l’enseignement supérieur fixée à 4,50 euros de l’heure. 

Les étudiants sages-femmes en quatrième et cinquième années bénéficient certes du statut d'étudiant hospitalier, mais leurs indemnités restent faibles : entre 273 euros et 403 euros bruts par mois, soit moins de 2,80 euros bruts de l’heure.

En pharmacie, odontologie, le coût du matériel pèse sur le budget

En chirurgie dentaire, un étudiant doit débourser 800 euros par an pour du matériel pédagogique indispensable à la réalisation de ses travaux pratiques. 

En pharmacie aussi, les étudiants voient leur budget se resserrer. En cinq ans, le coût de la rentrée a augmenté de 399 euros, selon l’association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF). Certains postes progressent fortement : + 58,5 % pour le matériel pédagogique, +80 % pour l’habillement de stage, +49 % pour les transports et +18,14 % pour le logement. 

Difficile pourtant de réduire ces dépenses, pour la plupart liées aux études. Les étudiants réduisent donc leurs dépenses là où ils ont le plus de marge. Les loisirs ont ainsi reculé de 34,6 % et la restauration universitaire de 69,7 %, notamment grâce au repas à un euro. Des économies qui ne suffisent pas toujours : 59 % des étudiants en pharmacie travaillent en parallèle de leurs études.

Nous rencontrer Nous rencontrer

Le réseau Info jeunes est accessible à tous les publics (collégiens, lycéens, étudiants, salariés, demandeurs d'emploi...) mais aussi à leurs parents, à leurs enseignants et à tous les travailleurs sociaux. L'accès est libre et gratuit.