Rentrée 2026 : les dépenses des étudiants s’envolent
En bref
- La rentrée universitaire 2026 coûte en moyenne 3 240 € pour un étudiant non-boursier qui quitte le domicile familial, selon une enquête de la Fage.
- Depuis 2020, le coût de la rentrée a augmenté de plus de 25 %, soit 656 € supplémentaires.
- Pour les étudiants étrangers, la facture atteint 7 023 €, notamment en raison de frais d’inscription plus élevés et du doublement du coût du titre de séjour étudiant.
Rentrée universitaire : un budget étudiant à plus de 3 200 euros
Pour un étudiant non-boursier qui quitte le domicile familial pour commencer une première année de licence, le budget à prévoir pour la rentrée universitaire 2026 atteint en moyenne 3 240 euros, selon la Fédération des associations générales étudiantes (Fage).
L’indicateur annuel de la Fage couvre la situation d’un jeune qui entre dans l’enseignement supérieur pour suivre une 1re année de licence (ou équivalent), sans double inscription, non-boursier et déménageant de chez ses parents. La Fage établit la moyenne des coûts à partir des dépenses observées dans différentes villes universitaires.
Le montant se divise en deux parties : les dépenses courantes qui reviennent tous les mois, qui s'élèvent à 1 145 € et les frais spécifiques à la rentrée et à l’installation, en moyenne 2 095 €.
Depuis 2020, le coût total a augmenté de plus de 25 % (+ 656 €), selon la fédération étudiante. Cette hausse renforce une précarité qui pousse certains étudiants à travailler davantage pour subvenir à leurs besoins et à réduire leurs dépenses essentielles (alimentation, soins...).
Logement étudiant : le loyer pèse lourd dans les dépenses
Le loyer étudiant moyen représente à lui seul 637 € par mois en moyenne, soit plus de la moitié des dépenses courantes prises en compte par la Fage. L’alimentation arrive ensuite avec une dépense moyenne de 181 € par mois.
Dans les grandes villes universitaires, l’accès à un logement abordable pour les étudiants reste particulièrement difficile. Selon la Fage, il existe seulement une place en résidence Crous pour 17 étudiants. Une situation qui pèse directement sur le reste du budget : 52 % des étudiants disposeraient de moins de 200 euros après avoir payé leur loyer.
Les difficultés ne se limitent pas au simple loyer, mais également à l’état du logement. Un étudiant sur trois serait en situation de mal-logement, avec notamment des problèmes de moisissures, de nuisibles ou de dégradation.
Pour améliorer la situation, la Fage demande la pérennisation de l’encadrement des loyers au niveau national et le retour à l’universalité des aides personnalisées au logement (APL). Elle réclame également le gel des loyers et des charges dans les logements Crous ainsi que la construction de nouvelles résidences universitaires.
Focus
Transports : 152 € par mois dans le budget étudiant
Les transports aussi alourdissent le budget des étudiants. Ils représentent environ 152 € par mois. Ce montant prend en compte le prix des abonnements étudiants ou jeunes aux transports en commun ainsi qu’un aller-retour par semaine pour retourner au domicile familial.
Des étudiants sacrifient leur budget alimentation
La Fage estime à 181 € par mois le budget moyen consacré à l’alimentation, hors restauration universitaire. Pour certains étudiants, ce montant reste trop élevé : 20 % d’entre eux déclarent ne pas manger à leur faim.
Et pour cause, pour réduire les coûts, de nombreux étudiants sacrifient leur budget alimentaire, en rognant sur les quantités ou la qualité ou en sautant des repas pour économiser. Par ailleurs, plus de 20 000 étudiants fréquentent une des 46 Agoraé de la Fage pour réduire leur budget alimentaire. Ces épiceries proposent des produits alimentaires de 1re nécessité avec une réduction de 90 % du prix.
Le repas à 1 € dans les restaurants universitaires constitue l’une des réponses à cette précarité alimentaire. La Fage demande toutefois sa pérennisation, avec une enveloppe suffisante pour permettre sa mise en place le soir et le week-end. Elle souhaite également que la tarification sociale soit accessible sur l’ensemble des sites de formation.
A la rentrée, plus de 2 000 € de dépenses à prévoir
Au-delà du budget mensuel pour les étudiants, la Fage fait un focus sur les frais spécifiques de rentrée. Cette année, ces dépenses atteignent 2 095 € en moyenne. Une grande partie correspond aux frais liés au logement : 637 € de dépôt de garantie et 326 € de frais d’agence en moyenne.
Même si les droits d'inscription n'ont pas augmenté en cette rentrée 2026, les hausses des années précédentes ont un impact sur le budget des étudiants. Pour la Fage, cette situation pose d'autant plus problème que les aides sociales étudiantes ne suivent pas la même évolution. La fédération étudiante s’oppose donc à toute nouvelle augmentation et demande la prise en charge de ces frais par l’État.
Focus
Études : ces frais de rentrée qui alourdissent le budget étudiant
Certaines dépenses liées aux études ne sont pas comprises dans les frais d’inscription demandés par les formations. C'est le cas dans certaines formations en santé, dans lesquelles les étudiants doivent acheter du matériel indispensable pour bien suivre les cours. En odontologie, par exemple, ces équipements peuvent coûter jusqu’à 800 €.
La Fage dénonce ces achats fortement recommandés, voire imposés, comme certaines tenues de stage ou lectures obligatoires. Elle demande une prise en charge par l’État et un meilleur contrôle des frais cachés demandés par certaines formations.
Le coût de la rentrée des étudiants étrangers dépasse 7 000 €
Tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne. Pour un étudiant étranger, la Fage estime le coût de la rentrée à 7 023 €, soit plus du double d’un étudiant français. Cette différence s’explique notamment par des droits d’inscription différenciés. Ainsi, un étudiant étranger paie 16 fois plus de frais d’inscription en licence (2 895 € vs 178 €).
À cela s’ajoutent la suppression des APL, le doublement du coût du titre de séjour étudiant et l’augmentation des ressources à justifier pour venir étudier en France.
Pour la Fage, ces mesures sont d’autant plus problématiques que les étudiants internationaux jouent un rôle important dans l’enseignement supérieur et la recherche. Dans les laboratoires de recherche, ils représentent notamment 41 % des doctorants en sciences et techniques.
L'organisation étudiante demande donc le retour des frais d’inscription à 178 € pour tous, l’accès aux APL et aux aides sociales sans distinction liée à l’origine ainsi que la suppression ou la baisse des ressources à justifier pour venir étudier en France. Elle réclame également l’accès aux bourses sur critères sociaux dès l’arrivée en France.