Budget étudiant « C’est inadmissible » : les droits d’inscription à l’université bientôt multipliés par cinq ?
En bref
- Les étudiants devront-ils bientôt payer beaucoup plus cher pour étudier à l'université ?
- Un rapport remis au gouvernement préconise une forte hausse des frais d'inscription à l'université, avec un impact direct sur le budget des étudiants et le coût des études universitaires.
- Cette proposition suscite déjà de vives réactions au sein de la communauté étudiante.
Hausse des frais d'inscription à l'université : ce que prévoit le rapport
« C’est inadmissible ! » La réaction de Kathleen et Nezia, étudiantes en licence LLCER à Nanterre, résume le choc provoqué par les conclusions des Assises du financement des universités, remises au gouvernement le mardi 24 juin 2026. Dans ce rapport, une proposition fait l'effet d'une bombe sur les bancs des universités : multiplier par cinq les frais d'inscription universitaires, en faisant payer aux étudiants jusqu'à 900 € par an en licence, et 1 300 € en master.
Commandé en janvier par le ministère de l'Enseignement supérieur, le rapport dresse ce constat, selon l’AFP : sans réforme, le modèle financier ne sera plus viable d'ici 2030. Aujourd'hui fixés à 178 € en licence et 254 € en master, les droits d'inscription pourraient ainsi exploser afin de permettre d’atteindre 10 % des ressources universitaires, contre 3 % actuellement.
Augmentation des droits d'inscription : les étudiants et syndicats vent debout
Du côté des syndicats étudiants, cette proposition ne passe pas. Pour l'UNEF, une telle hausse des frais d’inscription consisterait à instaurer une « sélection par l'argent », dans un contexte de précarité étudiante galopante. « Si le gouvernement était tenté de reprendre ces propositions, l’UNEF appellerait à la mobilisation générale, » prévient d’ores et déjà le syndicat. Même son de cloche pour l'Union étudiante qui prévoit déjà « la riposte » à la rentrée en appelant « tous les étudiants à s’organiser en rejoignant leurs syndicats étudiants ».
CVEC et droits d’inscription confondus, Gabriel, qui achève sa troisième année de licence de géographie, paie actuellement un peu moins de 300 € par an. À 900 €, le calcul devient vite impossible. L’étudiant de 22 ans envisage désormais sérieusement de trouver une alternance. « En apprenant cette proposition, j'ai encore plus envie de partir », déclare-t-il.
Précarité étudiante : une hausse des frais aura un impact sur le budget étudiant
« L'égalité des chances va finir par disparaître », regrette Nezia. L’étudiante en langues admet qu’elle ne pourrait pas tenir cinq années d’études avec des frais d’inscription aussi élevés. « Je m’assume toute seule, aujourd’hui avec 500 € de bourse, ça n’est déjà pas facile. » À ses côtés, Kathleen fulmine : « Il y a déjà des étudiants qui cumulent 35 heures de job à côté de leurs études. Vous voulez qu'ils fassent quoi ? »
Pour apaiser les esprits, le ministre chargé de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste martèle la même phrase sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : « Le gouvernement n'a pas pour projet d'augmenter les droits d'inscription à l'université. » Il renvoie ainsi le débat, selon plusieurs médias, à l’élection présidentielle de 2027.