Mobilisation lycéenne

Refonte de Parcoursup, emplois du temps, profs… Le gouvernement répond aux lycéens

Zoé Ruffy
Publié le 26-10-2026

En bref

  • Cinq semaines après le début de la mobilisation, le gouvernement a dévoilé, lundi 26 octobre 2026, une série de mesures en réponse aux revendications des lycéens.
  • Parcoursup, emplois du temps, effectifs de personnels... les ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur se sont appuyés sur les doléances exprimées par les élèves sur la plateforme de consultation Agora.
  • Le CIDJ détaille les mesures annoncées et leur calendrier.
manifestation lycéens revendications
Après des semaines de mobilisations lycéennes, le gouvernement annonce des mesures en réponse aux revendications. Crédit : Zoé Ruffy - CIDJ

Du concret. Cinq semaines après le début de la mobilisation lycéenne, le gouvernement a présenté ses réponses aux revendications des lycéens lors d’une conférence de presse, organisée ce lundi 26 octobre.

Pour établir leurs propositions, les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur se sont appuyés sur les contributions de la plateforme de consultation lycéenne Agora, ouverte le 5 octobre 2026. En trois semaines, le site a recueilli plus de 100 000 doléances d'élèves de toute la France.

Refonte de Parcoursup, amélioration des emplois du temps, hausse des effectifs de personnels… Ces revendications, déjà visibles sur les pancartes des premiers blocus, se sont logiquement retrouvées sur la plateforme. Le gouvernement a détaillé plusieurs mesures concrètes et datées pour y répondre.

La fin de Parcoursup confirmée pour 2028

Emmanuel Macron l'avait promis aux organisations lycéennes et étudiantes rencontrées le vendredi 23 octobre, la plateforme Parcoursup sera bien entièrement remplacée… mais pas pour cette année. 

La nouvelle plateforme ne sera effective qu’en 2028, afin de « laisser le Parlement travailler sur le successeur de Parcoursup, » a précisé Édouard Geffray. Un nouveau nom est notamment à déterminer, et, derrière lui, de nombreux bouleversements comme un changement de la prise en compte du contrôle continu, notamment en première, “j’ai toujours eu des doutes,” s’est ainsi confié le ministre de l’Education. 

Par ailleurs, le gouvernement promet la fin de la lettre de motivation dans le cas général, “devenue obsolète à l’heure de l’intelligence artificielle”, a précisé le ministre Philippe Baptiste. Le ministre a également ouvert la voie à l'anonymisation des lycées d'origine des candidats. 

Cependant, des ajustements seront apportés dès Parcoursup 2027. Les candidats refusés pourront désormais saisir les formations pour comprendre les raisons précises de leur refus. Des capsules vidéos réalisées par les établissements seront également proposées sur la plateforme pour plus de clarté, notamment sur les critères de sélection. 

Des lycéens et enseignants pourront également participer au jury de sélection "pour voir comment ça se passe", et améliorer encore la transparence selon le ministre de l'Éducation.

15 000 places supplémentaires seront par ailleurs débloquées dans l’enseignement supérieur entre 2027 et 2028. Loin des 250 000 demandés par certaines organisations syndicales, ces quelques milliers seront répartis entre les BTS (10 000 places), les IUT (4 000) et la filière santé (1 000). “L’objectif est de favoriser les bacheliers professionnels et technologiques, surtout en Ile-de-France,” a expliqué Édouard Geffray.

15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur

Autre annonce du gouvernement : 15 000 places supplémentaires seront débloquées dans l’enseignement supérieur entre 2027 et 2028. Loin des 250 000 places à l'université demandées par certaines organisations syndicales, ces nouvelles places seront répartis entre trois filières : 

  • 10 000 places en BTS,
  • 4 000 places en IUT,
  •  1000 places en filière santé. 

“L’objectif est de favoriser les bacheliers professionnels et technologiques, surtout en Ile-de-France,” a expliqué Édouard Geffray.

Les emplois du temps au lycée retravaillés

Ils figuraient parmi les premières remontées de la plateforme. Les emplois du temps surchargés sont également dans le viseur du gouvernement.

Édouard Geffray promet l’instauration d’une durée de pause déjeuner décente pour les lycéens.

En outre, pour simplifier l’élaboration des agendas au lycée, le ministre de l’Éducation nationale souhaite ouvrir le débat avec les élus lycéens, les organisations syndicales, ainsi que les chefs d’établissement. 

La réduction du nombre de combinaisons possibles de spécialités (trois en première, deux en terminale), jugées responsables des nombreux trous durant les journées de cours, sera notamment abordée en consultation.

Plus de profs, moins d'élèves par classe

“28 élèves par classe de seconde générale et technologique.” C’est une autre promesse d'Édouard Geffray, qui se réalisera en deux temps d’ici la rentrée 2028, en visant en priorité les 50 % des lycées les plus défavorisés. 

Pour y arriver, le ministre a acté l’annulation de la suppression des 800 postes d’enseignants prévue dans le projet de loi de finances et la création de 500 postes de professeurs au lycée. 

Enfin, 200 personnels médico-sociaux seront aussi créés pour soutenir la santé mentale des élèves.

Un milliard d'euros pour rénover les universités

Plafonds qui s’effondrent, rongeurs qui se baladent dans les couloirs ou encore salles de classe à 40 degrés l’été, la rénovation des bâtiments est aussi au cœur des revendications lycéennes et étudiantes. Là encore, le gouvernement semble aussi avoir cette fois trouvé une solution.

Pour les universités, un milliard d’euros sera débloqué pour la rénovation d’ici 2029. 50 sites universitaires ont déjà été identifiés comme prioritaires.

Les collectivités locales, responsables des lycées, se verront aussi accorder des prêts à taux réduits (4 milliards sur 4 ans) pour les soutenir dans les rénovations jugées localement urgentes.

Les bourses tiendront compte de l'inflation

Un peu de beurre dans les épinards pour les étudiants boursiers. Les bourses Crous augmenteront en fonction de l’inflation dès la rentrée 2027, et ce afin de tenir compte de la hausse des prix.

 

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