Blocus des lycées : les lycéens poursuivent la mobilisation, un « acte II » annoncé
En bref
- Le mouvement lycéen, lancé le 21 septembre, a conduit au blocage de plus de 400 lycées en France.
- Les lycéens mobilisés dénoncent notamment le manque de professeurs, les classes surchargées et des conditions d’études dégradées.
- Alors que les blocus se poursuivent, lycéens et étudiants annoncent une nouvelle mobilisation le 6 octobre.
« Les chaises sont cassées, de l’eau coule du plafond des toilettes et les murs tremblent ! » Mélina est élève de première au lycée René-Cassin à Gonesse, dans le Val-d’Oise (95). Le mardi 29 septembre, elle a fait plus d’une heure de transport pour venir manifester à Paris. Une première pour elle : « On doit venir jusqu’à Paris alors qu’on est du 95 pour montrer notre mécontentement, car on n’est pas écoutés. »
Ses professeurs, présents à ses côtés, soutiennent le mouvement : « On a été très impressionnés par nos élèves, explique Marc Oudot, professeur d’histoire-géographie. Ils ont démarré un mouvement de blocage du lycée très organisé, avec des revendications claires. »
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Les revendications des lycéens sur les conditions d’études
La contestation démarre avec le blocage du lycée Saint-Exupéry à Créteil, le 21 septembre. Très vite, de nombreux lycées d’Île-de-France se greffent au mouvement, bientôt rejoint par Marseille, Lille, Rennes ou encore Strasbourg.
Une semaine après, l’Union syndicale lycéenne (USL) appelait à une mobilisation générale des lycéens à l’occasion de la manifestation de la fonction publique, le 29 septembre. Plus de 400 établissements étaient alors bloqués à travers le pays. Pour l’organisation syndicale, ce mouvement est « une réponse légitime aux conditions dans lesquelles vivent aujourd’hui les lycéens et les lycéennes ».
Si les revendications varient selon les établissements, la plupart dénoncent un manque de personnels : professeurs, infirmiers, mais aussi assistants sociaux, regrette Antonin Petitjean, professeur d’éducation physique et sportive (EPS) au lycée Bartholdi, à Saint-Denis (93). « On est le département le plus pauvre et l’État ne nous donne pas les moyens nécessaires, ce n’est pas normal. »
Sous-effectif d’un côté, sureffectif de l’autre : les lycéens dénoncent des classes surchargées, avec plus de 35 élèves. « Notre lycée a été construit pour 1 200 élèves, aujourd’hui on est plus de 1 600 ! On n’arrive pas à circuler dans les couloirs », dénonce Eden, élève à René-Cassin (95). D’autres jeunes de la capitale, venus eux aussi manifester, apportent leur soutien aux lycées de banlieue : « On n’a pas tous la même chance d’éducation. »
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Manifestations lycéennes : le gouvernement ouvre une plateforme de concertation
Face à l’ampleur de ces blocages, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, dénonce les dégradations commises, tout en rappelant que « le droit de manifester est une liberté fondamentale ». Interrogés lors de la manifestation, la plupart des jeunes expliquent qu’ils ne sont pas là pour « manquer les cours », mais bien pour dénoncer leurs conditions de scolarité. Le ministre de l’Intérieur, Lauren Nuñez, fait quant à lui état d’une augmentation des interpellations et d’environ 83 forces de l’ordre blessées.
Plusieurs lycéens ont aussi été heurtés au cours des affrontements avec la police, comme à Tours (37), où un adolescent de 14 ans a été hospitalisé, ou à Saint-Ouen (93), où un autre élève a été blessé au visage par une grenade. Pour Laurent, élève de terminale à Sarcelles (95), ces agressions sont inacceptables : « On a entre 15 et 17 ans, ce n’est pas normal d’envoyer autant de renforts pour nous faire taire et nous mettre en garde à vue. » Le jeune souhaite des « discussions » pour faire changer les choses.
Afin de recueillir les revendications des jeunes, Édouard Geffray a annoncé, le mercredi 30 septembre en soirée, l’ouverture d’une « plateforme de concertation ». Chaque lycéen pourra y contribuer. En retour, le ministre a promis un « événement de restitution nationale » pour mettre en place des mesures. L’USL, désormais soutenue par l’Union étudiante, a appelé à poursuivre le mouvement, avec un « acte II », lors d’une manifestation conjointe entre étudiants et lycéens, le mardi 6 octobre.