Forces sous-marines À 23 ans, Antoine pilote un sous-marin nucléaire de la Marine nationale

Caroline Féral Palma
Publié le 30-06-2026

En bref

  • En 2026, la Marine nationale célèbre ses 400 ans, une institution qui continue de séduire de jeunes recrues comme Antoine, engagé dès l'âge de 18 ans.
  • Aujourd'hui, le Second maître Antoine pilote un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) de la Marine nationale.
  • Déjà parti quatre fois en mission de plus de deux mois, il envisage de poursuivre sa carrière dans les forces sous-marines.
Second Maître Antoine
Le Second maître Antoine, 23 ans, au central opérations du simulateur de SNLE de la base navale de Brest. Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ
Comment pilote-t-on un sous-marin nucléaire ? Antoine répond aux questions des jeunes et partage son expérience au sein de la Marine nationale. Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ

Le parcours d'un pilote de sous-marin nucléaire dans la Marine nationale

Quand il était enfant, Antoine regardait les sous-marins traverser la rade de Brest en rêvant d'un jour naviguer dessus. Quelques années plus tard, à seulement 23 ans, il pilote lui-même l'un de ces géants des mers. 

C'est à bord d'un simulateur de sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), sur la base navale de Brest, que nous rencontrons le Second maître Antoine. 

Le jeune homme a grandi dans une famille de marins. Après un bac général, il rejoint la Marine nationale à 18 ans, suit une formation militaire initiale, puis se spécialise comme mécanicien d'armes

Une nouvelle opportunité s'offre ensuite à lui : devenir pilote. Aujourd'hui, il participe à la conduite de l'un des bâtiments les plus stratégiques de la flotte française.

À bord d’un SNLE, le quotidien d’un équipage de la Marine nationale

À bord, Antoine occupe deux fonctions : mécanicien d'armes - ou torpilleur - il assure la mise en œuvre, la maintenance et la disponibilité des systèmes d'armes ; barreur, il participe à la conduite du sous-marin lors des missions. Les SNLE sont dotés d'armes de riposte (torpilles et missiles) dont l'utilisation n'est pas une vocation, mais une capacité de dernier recours.

Pour accéder à ce poste, il a suivi plusieurs mois de formation mêlant cours théoriques, entraînements sur simulateur et évaluations. Une formation exigeante, au bout de laquelle il prend les commandes d'un sous-marin nucléaire, un bâtiment de plusieurs milliers de tonnes.

Une responsabilité qui surprend souvent, mais qu'il assume pleinement, au sein d'un équipage où chacun possède une spécialité bien précise. Car à bord d'un sous-marin nucléaire, le pilote n'est qu'un maillon d'une chaîne bien rodée : électriciens, mécaniciens, acousticiens, techniciens du nucléaire… Chaque expertise est indispensable à la mission.

Deux mois sous l’eau : la vie à bord d’un sous-marin nucléaire

Depuis le début de sa carrière, Antoine a participé à quatre missions d'environ deux mois et demi chacune. À bord, le rythme est dicté par les quarts, les périodes de repos et la vie collective dans un espace restreint. « On travaille, on mange, on fait du sport ensemble. Pendant plusieurs semaines, l'équipage devient une deuxième famille », estime le jeune homme.

La contrainte la plus difficile reste peut-être l'isolement. Pendant les missions, Antoine ne peut pas contacter directement ses proches. « On reçoit par semaine un message de 40 mots rédigé par les familles à terre », explique-t-il. Le cœur des missions est classifié, et son devoir de réserve lui interdit d'en dire davantage. Mais la cohésion du groupe aide à tenir. « On est tous dans le même bateau », résume-t-il.

Et puis il y a ces moments inattendus qui marquent durablement. Avant les plongées, des dauphins accompagnent parfois le submersible, et de nuit, la bioluminescence offre un spectacle rare. « C'est magnifique », raconte-t-il. 

Après quatre missions, le Second maître tourne les yeux vers le large : décrocher un brevet supérieur pour mener le bateau en immersion sous les ordres d'un officier. Le rêve qui l'animait enfant sur les quais de Brest se poursuit : « Il faut avoir envie de mener une mission importante pour la France », conclut-il.

Focus

Devenir pilote de sous-marin : formation et métiers des forces sous-marines

Quel niveau d'études pour s'engager ? La Marine nationale recrute à partir de la 3e, avec ou sans diplôme. Il est également possible de rejoindre l'institution après un CAP, un bac ou un bac+2. L'École des mousses, elle, accueille les jeunes dès 16 ans.

Quels métiers à bord ? Les sous-marins embarquent des profils très variés : pilotes, mécaniciens, électriciens, spécialistes de l'acoustique, techniciens du nucléaire… 

Quelle rémunération ? Un Second maître ou matelot pilote de sous-marin perçoit environ 2 000 à 2 500 € par mois. Ce montant comprend le salaire de base auquel s'ajoute une prime de 50 % liée à l'embarquement en forces sous-marines.

Hommes et femmes ? Tous les postes sont ouverts, sans distinction. Deux équipages sont aujourd'hui mixtes, et de plus en plus de femmes rejoignent les forces sous-marines.

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