En bref
- Après dix jours de mobilisation, des étudiants rejoignent le mouvement des lycéens et bloquent à leur tour les université.
- Conditions d’études, moyens, frais d’inscription ou Parcoursup : leurs revendications rejoignent en partie celles des lycéens.
- Au total, l'Union étudiante revendiquait une trentaine de facs et plus de 640 lycées bloqués dans le pays à la fin de la journée.
“On ne peut pas étudier quand le plafond s’effondre, ni quand il fait 40 degrés dans les salles.” Jolane, 19 ans, a répondu tout de suite à l’appel aux blocages des universités par le syndicat de l’Union étudiante, ce jeudi 1er octobre.
Pour l’étudiante en double licence de science politique et mathématiques, les revendications du mouvement lycéen qui dure depuis le 21 septembre ont tout de suite résonné avec ses propres conditions d’études.
“À l’université aussi, on manque de moyens. Tout ce qu’on demande, ce sont des chaises, des tables pour pouvoir travailler, et de l’investissement soutenir les chercheurs”, estime la jeune femme.
VIDÉO : Blocages : les revendications des étudiants rejoignent celles des lycéens
Les étudiants dénoncent aussi leurs conditions d’études
Assise en tailleur, elle révise depuis le début de la journée ses partiels de maths devant les portes barricadées d’un bâtiment du campus Grands-Moulins, de Paris Cité (13e arrondissement). “Nous, on ne nous empêche pas de bloquer, alors j’en profite pour travailler,” sourit la Parisienne.
Comme elle, plusieurs dizaines d’étudiants se sont rassemblés aux quatre coins de leur campus depuis 7 heures du matin, pour soutenir la mobilisation lycéenne et empêcher l’accès à une poignée de bâtiments. Un mouvement qui s’étend déjà au-delà de l’Île-de-France, puisque l’Union étudiante revendique une trentaine de facultés bloquées ce jeudi 1er octobre.
Pour le syndicat étudiant, cette extension des blocus va bien au-delà d’un simple élan de solidarité avec les plus jeunes. Elle constitue un moyen de faire entendre tout un ensemble de revendications propres à la fac qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Hausse des frais d’inscription à l’université et suppression des APL pour les étudiants étrangers, remise en cause de Parcoursup ou encore manque de moyens attribués aux restaurants universitaires, la montée en tension dure depuis des mois.
Le gouvernement dénonce des violences et des dégradations
Côté gouvernement, c'est la sécurité qui est notamment mise en avant. Le ministre de l’Éducation nationale déplore depuis le début des blocus des dégradations et des violences. Ce vendredi 2 octobre, Édouard Geffray a annoncé la fermeture de plus de 400 lycées par mesure de sûreté.
En réponse aux revendications, le ministre a annoncé l’ouverture en urgence d’une plateforme de concertation en ligne et a reçu ce vendredi les représentants de l'Union syndicale lycéenne pour apaiser le mouvement.
À la sortie des discussions, le syndicat a indiqué qu'aucune réponse suffisante n'avait été apportée et appelle déjà à un acte III du mouvement la semaine prochaine. La jeunesse a rendez-vous dans la rue le mardi 6 octobre pour de nouveaux blocages et des manifestations dans toute la France.