Solidarité

À l’UPEC, les étudiants organisent une université populaire pour préparer leurs examens pendant le blocus

Loula Alvarez-Mathieu Loula Alvarez-Mathieu
Publié le 22-10-2026

En bref

  • À l’UPEC, à Créteil, des étudiants de la faculté de droit ont lancé une université populaire pour continuer à apprendre tout en maintenant le blocus, en soutien au mouvement lycéen, initié dans un lycée voisin, à Créteil.
  • Des cours, des ateliers, des révisions de galops d'essai sont organisés collectivement pour limiter les conséquences du blocus sur les études.
  • Cette initiative autogérée par les étudiants permet de maintenir la mobilisation tout en préparant les examens.
Les étudiants de la faculté de Créteil sont à l'initiative d'une université populaire
Yasmine, Anaïs et Yacin sont tous les trois à l'initiative de l'université populaire à la faculté de droit de Créteil. Crédit : Loula Alvarez Mathieu - CIDJ
Bloquée depuis plus de trois semaines, l'Upec est aujourd'hui transformée en une grande université populaire et autogérée par les étudiants. Crédit : Loula Alvarez Mathieu, Perrine Basset Fériot - CIDJ

Ce mardi 20 octobre, dans la cour de l’UPEC (Université Paris-Est Créteil), une trentaine d’étudiants s’affairent, mégaphone en main, pour accueillir les étudiants venus assister au premier cours de l’après-midi. 

En attendant une vraie réponse de la présidence et du gouvernement, les étudiants de la faculté de droit ont lancé une université populaire pour assurer la continuité de l’apprentissage, même dehors, dans un lieu de « formation d’adultes et de citoyens », comme le formule Anaïs. 

Si cette université populaire est accessible à tous, l’entrée reste néanmoins surveillée, afin d’éviter toute intrusion susceptible de perturber le blocus pacifiste. Derrière la barricade de poubelles jaunes et vertes, les regards inquiets laissent transparaître la méfiance. Aucune décision n’est laissée au hasard. Après un rassemblement des participants, chacun est libre d’autoriser l’ouverture de la barricade formée par les poubelles.

À l’UPEC, une université populaire pour réviser malgré le blocus

Depuis le début des manifestations, les galops d’essai, des épreuves intermédiaires importantes dans les études de droit, inquiètent les étudiants compte tenu du retard accumulé : « avec l’arrivée des galops, il y avait vraiment une montée de stress chez les étudiants, et il fallait qu’on trouve une solution », avoue Yasmine, 20 ans, étudiante en deuxième année de droit et organisatrice de l’initiative. 

Ce projet inédit est né d’une volonté commune, confie Lyna, 19 ans, elle aussi organisatrice et en deuxième année de droit : « on est là pour aider chaque étudiant à vivre le blocus correctement, on sait que pour certains c’est difficile de suivre les cours ». 

Cours, ateliers et révisions de galops d’essai organisés par les étudiants

Il n’est pas seulement question de continuer les cours au programme, mais d'accéder à d'autres cours et à des ateliers collaboratifs pour apprendre les uns des autres. Dans ce projet autogéré, chacun est libre de proposer de nouvelles idées et de participer, soit en tant qu’intervenant, soit en tant que participant. 

Professeurs, doctorants, étudiants, lycéens et toute autre personne voulant s'impliquer sont les bienvenus : « On est là pour travailler et pour avoir de meilleures conditions pour étudier, quitte à le faire entre nous, rester dans le froid pour étudier, on le fera », déclare Yasmine. 

Formations de « street medics », révisions de galops d’essai et de partiels, conférences sur les droits des manifestants, débats… les ateliers collaboratifs, à la fois pratiques et variés, sont définis collectivement et programmés dans un calendrier partagé. 

Anaïs, vice-présidente étudiante de l’UPEC, en deuxième année de master de droit, annonce même la possibilité d’un futur atelier avec Eloquentia, une association spécialisée dans l'art oratoire. Une occasion rêvée pour apprendre à exprimer clairement ses revendications.

Maintenir le blocus et l'université populaire : une mobilisation étudiante nécessaire

Levés entre 4 et 5 heures du matin, les étudiants donnent de leur énergie pour maintenir le blocus. « On aura toujours l’occasion de rattraper les connaissances qu’on perd », affirme Anaïs avec le sourire. Certes, le stress des épreuves du galop et des cours manqués est indéniable, mais les revendications sont plus importantes. 

Les deux jeunes organisatrices, Lyna et Yasmine veulent maintenir cette université populaire jusqu’à la fin du blocus. Elles envisagent même de transformer le projet en association de tutorat, une fois le blocus terminé. 

En attendant, les organisateurs et étudiants présents à l’UPEC souhaitent plus de soutien et de compréhension de la part des professeurs et du personnel.

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