Manifestation du 6 octobre

« Il faut nous entendre » : pourquoi ils manifestent avec les lycéens

Perrine Basset Fériot
Publié le 07-10-2026

En bref

  • La manifestation du 6 octobre a rassemblé des lycéens mais aussi des étudiants, des parents et des professeurs à Paris et dans plusieurs villes de France.
  • Entre soutiens familiaux, étudiants choqués par les évacuations policières et professeurs en grève, des dizaines de milliers de personnes sont venus soutenir la mobilisation lycéenne et contre la répression policière.
  • Lycéens et étudiants attendent des réponses concrètes du gouvernement à leurs revendications.
Les étudiants, professeurs, parents, avocats et autres professions ont manifesté en soutien aux lycéens.
Les étudiants, professeurs, parents, avocats et autres professions ont manifesté ce 6 octobre en soutien aux lycéens. Crédit : Perrine Basset Fériot - CIDJ
La colère des lycéens ne faiblit pas, ils réclament des mesures concrètes pour des conditions d'études plus égalitaires. Crédit : Odile Gnanaprégassame, Perrine Basset Fériot - CIDJ

Entre 56 000 et 100 000 manifestants à Paris, entre 256 000 et 450 000 personnes mobilisées dans tout le pays. Ce mardi 6 octobre, de nombreux manifestants, de tout âge, ont envahi les rues. Sur les pancartes, les slogans reprennent les revendications des lycéens : manque de professeurs, classes surchargées, bâtiments vétustes. 

Beaucoup sont venus en famille ou entre amis, dans l’objectif de soutenir la mobilisation lycéenne, débuté mi-septembre. Mohamed, lycéen, a fait le déplacement depuis l'Aisne (02) avec des amis et sa sœur, étudiante. Pour lui, rejoindre le cortège parisien était important.

Au micro, les jeunes expriment leurs points de vue : « L’éducation devrait être un droit, et non une chance », « Pour moi, la priorité doit être mise sur l’état des lycées de banlieue, c’est le plus urgent » ou encore « J’aimerais qu’on arrête de diaboliser notre mouvement et qu’on nous entende sur le fond ». Pour beaucoup, la réponse policière aux blocages lycéens a été le déclencheur de leur venue à la manifestation.

Étudiants et lycéens dénoncent les violences policières

Il y a encore quelques jours, Soizig ne s’imaginait pas fouler les pavés parisiens. La mère de famille et professeure de collège ne se considère pas comme « une militante ». Pourtant, sa décision bascule lorsqu’elle découvre les images de la répression policière : « Dans l’établissement de mon neveu, il y a eu des lancements de grenade. » Parent de deux lycéennes, elle indique être « fière » de ses filles, mais qu’à présent, elle préfère les savoir à la maison et prendre le relais. 

Emma et Issen sont étudiants à la Sorbonne-Nouvelle. Bien qu’ils n’aient pas été présents lors de l’évacuation de l’université par des CRS, ils se disent l’un et l’autre choqués par ces images : « Même si je comptais venir aujourd’hui, voir notre lieu d’études être envahi par la police a transformé cette envie en besoin. »

Manifester oui, mais non sans crainte. « C’est vrai que c’est effrayant de voir autant de CRS alors qu’on ne fait que marcher, avoue Lisa, étudiante en hypokhâgne au lycée Henri-IV, à Paris. On sera les adultes de demain. C’est maintenant qu’il faut prendre soin de nous, pas plus tard. » 

Une répression qui n’a pas sa place, selon Elsa, étudiante en histoire-sciences-politiques : « Pour les mineurs qui n’ont pas encore le droit de vote, les blocus sont un moyen légitime de se révolter. » Une nouvelle manifestation est prévue jeudi 8 octobre.

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