« C’est gratifiant d’intéresser les gens ! » : Les étudiants de l’École du Louvre deviennent guides d’un jour
En bref
- À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2026, une dizaine d’étudiants de l’École du Louvre deviennent médiateurs dans les musées et monuments.
- Une immersion dans les métiers de la culture qui leur permet de partager leur passion de l’histoire de l’art tout en affinant leur projet professionnel.
- Des cours en amphi à leur première expérience sur le terrain, Mattia et Olivia racontent leur quotidien au sein de l’école prestigieuse.
« Il y a le trac de se retrouver face à quelqu’un qui s’y connaît et de dire une bêtise absolue ! » À 19 ans, Mattia n’avait encore jamais guidé de visiteurs dans un musée. Ce jour-là, pourtant, c’est bien lui qui prend la parole.
Dans une galerie parisienne, l’étudiant de deuxième année à l’École du Louvre présente une exposition mêlant art contemporain et art africain. Face à lui, toute la journée, les visiteurs défilent, l'écoutent, parfois l’interrogent. Pour la première fois, le jeune Isérois doit transformer ses connaissances en un discours accessible à tous.
Il s’agit d’un premier entraînement pour la dizaine de volontaires de l’École du Louvre qui s’apprêtent, quelques jours après leur rentrée, à prendre la parole auprès du grand public durant les Journées européennes du patrimoine.
Au château de Versailles, à l’Hôtel de Ville de Paris ou encore dans plusieurs musées franciliens, leur mission consistera à faire parler les œuvres et à accompagner les visiteurs dans leur découverte, le temps d’un week-end, ces 19 et 20 septembre 2026.
VIDÉO : Mattia et Olivia présentent leur quotidien à l'école du Louvre
Du cours magistral à la rencontre avec les visiteurs
Pour Mattia, le secret d’un bon médiateur culturel tient avant tout de l’écoute. « Je tends l’oreille quand des visiteurs discutent entre eux, et s’ils se posent une question sur une œuvre, j’interviens. » À l’entrée ou dans les salles, il répond aux questions, apporte des informations ou propose une présentation générale de l’exposition avant de laisser les touristes poursuivre leur découverte.
L’objectif est avant tout de susciter la curiosité. « On ne veut pas non plus assommer les gens d’informations trop précises », assure-t-il. Une approche qui nécessite de s’adapter à chaque public, du néophyte au plus averti.
C’est justement cette relation avec les visiteurs qui plaît à Olivia, 18 ans : « J’aime bien rencontrer les gens, discuter avec eux, comprendre ce qui les intéresse. » Partager son intérêt pour l’histoire de l’art et l’archéologie devient alors une expérience « gratifiante » pour l’étudiante.
À l’École du Louvre, des études d’histoire de l’art au plus près des œuvres et des musées
La médiation constitue aussi une manière de mettre en pratique ce qui a été appris à l'école du Louvre. Le quotidien des étudiants alterne entre cours en amphi, bibliothèque, travail personnel et visites de musées. « On essaie de voir le plus d’œuvres possible », raconte la jeune Aveyronnaise entrée en deuxième année depuis une semaine.
En licence, la formation propose une histoire générale de l’art, complétée par des enseignements de spécialité. Histoire du dessin, Mondes romains, Inde et pays indianisés… « Il y a 32 spécialités au total, alors forcément, chacun peut y trouver son compte », sourit Mattia.
Les travaux dirigés offrent par ailleurs un contact direct avec les œuvres : les étudiants se rendent régulièrement dans les musées, par petits groupes, avec un professeur. Une façon de poser des questions et de donner une dimension plus concrète à ce qui est étudié en cours.
De la terminale au concours de l’École du Louvre : construire un projet dans la culture
Cette familiarité avec l’histoire de l’art, Mattia ne l’avait pas encore en arrivant en terminale. « Je comptais me tourner vers l’architecture avant de me rendre compte que c’était surtout l’histoire du patrimoine qui m’intéressait. » Le lycéen aux spécialités maths et HGGSP s’est alors formé de son côté pour préparer et réussir le concours d’entrée de l’établissement prestigieux. « N’importe qui peut intégrer l’école sans bagage préalable », assure-t-il, tout en insistant sur la nécessité de faire preuve d’une certaine méthodologie et d’une rigueur dans le travail.
De la découverte de l’histoire de l’art aux premières expériences de médiation, les étudiants construisent ainsi progressivement leur projet professionnel. « Je veux tout tester pour connaître les différents métiers dans la culture », affirme Olivia.
L’étudiante de 18 ans se destine à suivre de longues études, pourquoi pas jusqu’au doctorat. « J’aimerais travailler dans la recherche et peut-être enseigner à l’université », une manière, là encore, de transmettre sa passion au plus grand nombre.
Focus
Comment intégrer l’École du Louvre après le bac ?
Le concours d’entrée en premier cycle de l’École du Louvre est ouvert à tous les élèves de terminale, via Parcoursup. Cependant, 100 % des lycéens admis en 2025 provenaient d’un bac général.
Le concours d’entrée comprend d’abord un examen du dossier (épreuve anticipée de français et contrôle continu). Les candidats admissibles planchent ensuite sur trois épreuves écrites :
- une série de questions pour évaluer la capacité des candidats à se situer dans l’espace et le temps ;
- un exercice de description d'œuvre d’art ;
- une composition d’histoire de l’art.
Les annales sont disponibles gratuitement sur le site internet de l’établissement.