Festival de Cannes Julius Lagoutte Larsen, de La Fémis au palmarès de la Cinef 2026

Caroline Féral Palma
Publié le 30-05-2026

En bref

  • Julius est étudiant en 4e année réalisation à La Fémis, l'école nationale supérieure des métiers de l’image et du son.
  • Son film de fin d'études, ALDRIG NOK (Jamais assez), a remporté le 3e prix de la Cinef 2026 au Festival de Cannes.
  • À travers ce court métrage, il explore les dynamiques de groupe et la fragilité des liens affectifs.
Julius Lagoutte Larsen
Étudiant à La Fémis, Julius a vu son film de fin d'études récompensé au Festival de Cannes. Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ
ALDRIG NOK (Jamais assez) a remporté le 3ᵉ Prix de la Cinef 2026. Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ

Du Danemark à La Fémis : le parcours d'un étudiant en réalisation

À 27 ans, Julius Lagoutte Larsen a présenté cette année son film de fin d’études à la Cinef, la sélection du Festival de Cannes consacrée aux films réalisés dans les écoles de cinéma du monde entier. Son court métrage, ALDRIG NOK (Jamais assez), a remporté le 3e Prix (ex æquo).

Arrivé en France il y a cinq ans, Julius réalisait déjà des courts métrages en autodidacte. Né au Danemark d’une mère française, il décide de tenter le concours de La Fémis après son installation à Paris. « J’avais envie d’intégrer une école de cinéma pour aller plus loin », raconte-t-il. Le concours est long et sélectif : il comprend plusieurs étapes, dont un dossier personnel, une analyse de séquence, une épreuve d’écriture, une mise en scène avec comédiens puis un oral devant un jury de professionnels.

Pour son dossier de candidature, Julius avait travaillé autour du mot « lien », réfléchissant à la manière dont la caméra crée un lien entre celui qui filme et ce qui est filmé. Une question que l'on retrouve quelques années plus tard, sous une autre forme, au cœur d'ALDRIG NOK.

Mais loin de l’image intimidante souvent associée à l’école, il insiste surtout sur l’importance de rester fidèle à sa propre sensibilité. « Pendant le concours, il faut montrer sa sensibilité, et ne pas chercher les bonnes réponses ou essayer de plaire au jury. » Une fois admis, il découvre un apprentissage très collectif du cinéma, où les étudiants alternent les postes techniques et participent aux films des autres.

ALDRIG NOK : un court métrage sur les amitiés fusionnelles

Avec ALDRIG NOK, Julius s'intéresse à une forme particulière de relation : ces amitiés féminines fusionnelles qui, parfois, se rapprochent du sentiment amoureux, et une question : « Qu'est-ce qu'il se passe quand ce lien se casse ? »

« Je me suis inspiré de femmes autour de moi qui vivaient des amitiés très symbiotiques », explique Julius. Le film naît ensuite d'une envie de retravailler avec Alvilda Lyneborg Lassen, actrice danoise rencontrée avant La Fémis, puis s'élargit vers un récit de groupe. « J'avais envie de filmer des scènes de groupe, de voir comment ce groupe d'amies se regardaient, s'écoutaient et comment chacune trouvait sa place ou non », décrypte le jeune réalisateur. 

Tourner au Danemark avec une équipe franco-danoise a aussi changé la donne : la barrière de la langue a rendu le travail avec les comédiens plus instinctif, plus libre. Une liberté recherchée dès le départ par l'étudiant : « Après une fiction de troisième année très lourde en équipe et en technique, j'avais envie de retrouver la légèreté des débuts. »

Accompagné du cinéaste italien Alessandro Comodin, plutôt documentariste, il construit une fiction qui se pense comme un documentaire. Ses références : Jacques Rivette pour les groupes en mouvement, Hou Hsiao-hsien pour sa manière de penser l'espace, mais aussi Claire Denis, dont il admire la façon de filmer les corps. 

Premiers pas au Festival de Cannes

Invité au Festival de Cannes pour la première fois, Julius retient surtout une chose : les films des autres. « On reste souvent un peu enfermés dans nos écoles, donc découvrir ce qui se fait ailleurs, c'était vraiment important », précise-t-il. Et pour cause, pendant une semaine, les réalisateurs et réalisatrices de la Cinef se sont retrouvés et ont découvert ce qui se fait dans les écoles de cinéma du monde entier. 

Sur le prestige du festival, il garde la tête froide. Le glamour, c'est sympa, mais ce n'est pas ce qu'il recherche. « Pour moi, c'est une vraie reconnaissance du travail fait par l'équipe et les comédiennes. Mais après, il faut continuer à faire des films chez nous », tempère-t-il.

La suite ? Continuer à faire des films entre la France et le Danemark, viser le long métrage, et surtout, trouver comment en vivre. Et pour ceux qui hésitent encore à se lancer, il ajoute : « Il faut juste commencer à faire des petites choses. Suivre son intuition. Et essayer. »

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