Budget étudiant : le coût de la vie augmente de 1,66 % en 2026
En bref
- Le budget étudiant continue d'augmenter en 2026, avec une hausse de 1,66 % du coût de la vie selon l'UNEF.
- Une tendance qui s'inscrit dans une hausse de 35,84 % depuis 2017 et porte le reste à charge mensuel à 1 300 euros, sous l'effet notamment des dépenses de logement, de transport et d'alimentation.
- Une hausse qui pèse davantage sur les étudiants les plus exposés à la précarité, notamment les étudiants étrangers et ultramarins.
La précarité étudiante s'aggrave encore. Selon la 22e enquête publiée par l'Unef, le coût de la vie étudiante augmente de 1,66 %, soit une hausse de 888 euros sur l'année pour les étudiants. Depuis 2017, ces frais ont ainsi augmenté de 35,84 %, selon le syndicat.
Résultat : le syndicat étudiant estime le reste à charge mensuel des étudiants à 1 300 euros, soit 74 euros de plus par mois qu'en 2025. « Pour la première fois depuis le début des enquêtes annuelles de l'Unef, le reste à charge par étudiant est supérieur au seuil de pauvreté en France », s'inquiète l'organisation.
Logement, transports, alimentation : le coût de la vie étudiante augmente
Cette hausse du coût de la vie étudiante est notamment liée à une augmentation des prix des loyers des logements étudiants, que ce soit dans le parc privé (+2,87%) mais aussi dans les résidences universitaires du Crous (+1,04%).
Par ailleurs, l'Unef constate également une hausse des prix des transports pour les étudiants boursiers (3,07%) et non boursiers (+2,29%) ainsi qu'une croissance de certaines dépenses obligatoires comme celles liées à l'alimentation, avec une inflation de 0,87% en un an.
Et si les frais d'inscription à l'université et la CVEC n'ont pas augmenté cette année, l'étude pointe une progression de 37,8% depuis 2017, avec la création de la CVEC puis avec le dégel des frais d'inscription en 2024.
« Cette explosion constante du coût de la vie pousse de plus en plus d'étudiants à devoir faire des choix entre certaines dépenses, pourtant essentielles, afin de pouvoir bouclés les fins de mois », note le syndicat étudiant.
Bourses, APL : des aides qui peinent à suivre le coût de la vie étudiante
Dans son enquête, l'Unef estime par ailleurs que « le fossé entre le montant des aides sociales et le niveau réel des dépenses incompressibles pour vivre décemment en tant qu'étudiant continue de se creuser sans que rien ne vienne freiner cette dynamique ».
Alors que le coût de la vie étudiante s'élève à plus de 1 000 euros dans l'ensemble des villes universitaires, les bourses sur critères sociaux peinent à suivre l'évolution des dépenses. Elles ont notamment été revalorisées de 37 euros par mois en 2023, tandis que la seconde étape de la réforme des bourses, prévue initialement pour 2025, a de nouveau été reportée.
De la même manière, si les loyers s'envolent - avec un loyer moyen de 627 euros par mois dans le parc privé, hors Île-de-France –, la revalorisation des APL reste en deçà de cette évolution.
Focus
Repas à 1 euro : une aide pour le budget des étudiants
Jusqu’ici réservés aux boursiers et aux jeunes en situation de précarité, les repas du Crous à un euro ont été généralisés à l’ensemble des étudiants au début du mois de mai.
Une mesure qui permet à tous les étudiants d'accéder à un repas complet dans tous les restaurants universitaires du Crous. Si ce dispositif est largement salué par les étudiants et les organisations, certaines regrettent une mise en place tardive face à la hausse continue du coût de la vie et un manque de financement de cette mesure.
Étudiants étrangers et ultramarins davantage exposés à la précarité
L'enquête pointe également la précarisation des étudiants étrangers liées à la mise en place des frais d'inscription à l'université différenciés : les étudiants extra-européens doivent dorénavant payer 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre respectivement 175 et 255 euros pour les étudiants européens.
Par ailleurs, la suppression des APL pour les étudiants étrangers non-boursiers aura un impact direct sur leur budget.
Les étudiants d'Outre-mer subissent aussi de plein fouet la précarité étudiante, selon l'étude : « En 2026, l’écart moyen du coût de la vie entre un étudiant vivant en hexagone et un étudiant dans les DROM s’établit à 2,54% de plus pour les non boursiers et de 6,94% pour les boursiers. Concrètement c’est 314,36€ de dépenses supplémentaires par an pour les non boursiers et 408,53€ pour les boursiers ».
Des écarts qui rappellent que derrière le budget moyen de 1 300 euros par mois se cachent des réalités étudiantes très différentes, selon le lieu de résidence, le statut ou les ressources de chacun.