Budget étudiant : Paris reste hors de prix, Limoges résiste, selon l'Unef
En bref
- À la rentrée 2026, le budget étudiant varie fortement selon la ville universitaire choisie.
- Le classement de l’UNEF met en évidence trois facteurs déterminants : le prix du logement, le coût des transports et l’évolution générale des dépenses.
- Paris reste la ville la plus chère, avec plus de 1 600 € de dépenses mensuelles, tandis que Limoges conserve la première place des villes les plus abordables.
Paris reste la ville universitaire la plus chère
À quelques jours de la rentrée 2026, la question du budget étudiant redevient brûlante. Selon le classement annuel de l'UNEF, aucune des 47 villes universitaires étudiées ne permet plus de vivre avec moins de 1 000 € par mois. Entre Paris, ville la plus chère avec 1 618,41 € mensuels, et Limoges, la plus abordable à 1 080,55 €, l'écart frôle désormais les 538 €. De quoi peser lourd dans les choix d'orientation post-bac.
Selon l'Unef, si Limoges conserve la première place des villes les plus abordables, les dépenses augmentent : le coût de la vie progresse de 2,4 % et le loyer privé de 6,23 %, pour atteindre 409 € par mois. Les transports restent relativement peu coûteux, à 95 € par an.
En bas du classement, Saint-Étienne apparaît comme la deuxième ville universitaire la moins chère, avec un coût mensuel de 1 085,80 €. Son coût de la vie progresse de moins de 1 %, tandis que le loyer moyen atteint 413 €, en hausse de 1,98 %.
Tout en haut du tableau, Nice constitue la ville la plus chère hors région parisienne. L'étude y estime le coût de la vie étudiante à 1 415 € par mois, en hausse de 4,61 %, soit la plus forte progression sur un an de tout le classement.
Top 10 des villes universitaires les plus chères
| Rang 2026 | Ville | Coût mensuel | Évolution sur 1 an |
| 1 | Paris | 1 618,41 € | 0,59 % |
| 2 | Créteil | 1 489,48 € | -0,17 % |
| 3 | Saint-Denis | 1 476,48 € | 2,75 % |
| 4 | Nice | 1 414,64 € | 4,61 % |
| 5 | Nanterre | 1 407,48 € | -6,79 % |
| 6 | Cergy | 1 379,48 € | 1,13 % |
| 7 | Orsay | 1 375,48 € | 1,36 % |
| 8 | Évry | 1 366,48 € | 2,43 % |
| 9 | Guyancourt | 1 360,48 € | 0,03 % |
| 10 | Lyon | 1 331,47 € | 1,94 % |
Source : L'UNEF
Top 10 des villes universitaires les plus abordables
| Rang 2026 | Ville | Coût moyen mensuel | Évolution sur 1 an |
| 1 | Limoges | 1 080,55 € | 2,4 % |
| 2 | Saint-Étienne | 1 085,80 € | 0,86 % |
| 3 | Pau | 1 090,64 € | 2,66 % |
| 4 | Poitiers | 1 093,72 € | 1,65 % |
| 5 | Le Mans | 1 108,44 € | 3 % |
| 6 | Mulhouse | 1 113,22 € | 1,39 % |
| 7 | Caen | 1 119,97 € | -0,59 % |
| 8 | Besançon | 1 121,64 € | 1,66 % |
| 9 | Brest | 1 127,14 € | 0,38 % |
| 10 | Perpignan | 1 131,14 € | 3,22 % |
Source : L'UNEF
Les loyers creusent les écarts entre les villes étudiantes
Selon l'enquête de l'Unef, c'est surtout sur le marché locatif que les différences entre villes apparaissent. Le loyer moyen atteint 923 € à Paris, contre 409 € à Limoges. Hors région parisienne, Nice affiche le loyer moyen le plus élevé, à 736 €.
La tendance est également à la hausse. Les loyers du logement privé progressent en moyenne de 2,87 % en 2026, tandis que les loyers des résidences Crous augmentent de 1,04 %.
Certaines villes connaissent des flambées particulièrement marquées. À Nice, les loyers ont bondi de plus de 9 % en un an, pour atteindre 736 € en moyenne. À Toulon, la hausse atteint 8,43 %, tandis que Bordeaux et Perpignan enregistrent une progression de près de 8 %.
Transports étudiants : des tarifs très différents selon les villes
Le deuxième grand poste de dépenses des étudiants concerne les transports. Pour les étudiants non boursiers, les tarifs augmentent en moyenne de 2,29 %, contre 3,07 % pour les boursiers. Et, là encore, les écarts sont très marqués selon les villes.
En Île-de-France, le tarif annuel atteint 401,30 €, le niveau le plus élevé du classement. Hors région parisienne, Lille affiche le tarif le plus élevé, à 286,45 €. À l'autre bout du classement, Montpellier propose la gratuité des transports en commun aux étudiants.
Les évolutions sont elles aussi contrastées. Rennes connaît la plus forte augmentation, avec une hausse de 5,46 % de son abonnement. Toulouse suit avec 4,69 %, tandis que Lille voit ses tarifs progresser de 3 %.
L'exemple de Montpellier montre toutefois que les frais de transports ne suffisent pas à déterminer le coût global d'une ville. Malgré la gratuité des bus et du tramway, elle se situe dans le top 20 des villes universitaire les plus chères, et le coût global de la vie étudiante y progresse de 1,27 % sur un an, notamment en raison d'une hausse des loyers.
Situation similaire à Dijon : malgré une chute spectaculaire de 17,46 % de la facture des transports, le coût de la vie progresse de 2,27 %, principalement en raison d'une hausse de 6,5 % du loyer moyen.
Les revendications de l'UNEF sur le logement et les transports
L'étude met également en avant le rôle des politiques locales. La gratuité des transports à Montpellier contraste avec les tarifs élevés de l'Île-de-France ou de Lille. Sur le logement, l'UNEF relève également de fortes disparités entre les territoires où un encadrement des loyers existe et ceux où il n’est pas présent.
Dans ses conclusions, le syndicat étudiant réclame ainsi la construction de 150 000 logements Crous supplémentaires, un encadrement national des loyers, un gel des loyers et charges dans les résidences Crous, la gratuité des transports en commun pour les étudiants et une hausse de 20 % des APL.
Autant de revendications qui pourraient s’inviter au cœur des débats de la présidentielle de 2027, alors que la question du coût de la vie et de la précarité étudiante s’impose comme un enjeu majeur pour la jeunesse.