Discriminations anti-LGBTI+ : ce qui va changer de l'école à l'université
En bref
- Mieux prévenir les discriminations anti-LGBT+ dès l'école, lutter contre le harcèlement et renforcer l'accompagnement des étudiants...
- Le gouvernement a présenté, ce 25 juillet 2026, son nouveau Plan national 2026-2029 contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+.
- De l'école primaire à l’université, il prévoit une série de mesures pour protéger les élèves et les étudiants face aux violences liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre.
Discriminations anti-LGBTI+ : de nouveaux outils pour protéger les élèves dès l'école
Le constat est clair. Près de 1 500 faits graves à caractère anti-LGBTI+ ont été signalés dans les établissements scolaires en 2024-2025. Plus inquiétant encore, un auteur présumé sur quatre de faits anti-LGBTI+ avait entre 13 et 17 ans en 2025.
“Les préjugés ne sont jamais innés ; ils s'apprennent. Le respect aussi,” introduit Aurore Bergé. Pour la ministre chargée de la lutte contre les discrimination,s la prévention doit débuter dès le plus jeune âge. Un objectif qui guide le nouveau Plan national “Pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+”, présenté le 25 juillet 2026.
Parmi les principales nouveautés figure la création, dès la rentrée 2027, d'un guide “Agir pour l'égalité et contre la haine anti-LGBTI+ à l'École”. Destiné aux équipes éducatives, ce document doit leur fournir un cadre commun pour identifier les situations de discrimination, intervenir rapidement et mieux accompagner les élèves concernés. Il proposera ainsi des ressources pratiques et un vocabulaire partagé à l'ensemble de la communauté éducative.
Le plan entend également renforcer le déploiement de l'EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) afin de prévenir les discriminations et le harcèlement liés à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre.
L'objectif affiché est de favoriser un environnement scolaire plus inclusif, aussi bien pour les élèves LGBTI+ que pour les enfants de familles homoparentales, dans tous les établissements, y compris ceux de l'enseignement agricole.
Autre mesure : chaque académie devra disposer d'un observatoire des LGBTIphobies. Placées sous l'autorité des recteurs, ces structures auront pour mission de mieux recenser les situations, de suivre les signalements et d'améliorer les réponses apportées aux victimes.
La plateforme Pix s’attaque au cyberharcèlement anti-LGBTI+
Le plan prévoit aussi de mieux connaître les discriminations grâce à des enquêtes renforcées. Les ministères de l'Éducation nationale, de l'Agriculture, de l'Enseignement supérieur et de la Culture devront intégrer davantage de données sur les violences et discriminations liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre, avec une attention particulière portée sur des réalités encore peu documentées, comme la lesbophobie ou la biphobie.
Former ceux qui éduquent constitue un autre pilier du plan du gouvernement. Les futurs cadres de l'Éducation nationale suivront désormais un module consacré à l'égalité et à la lutte contre la haine anti-LGBTI+.
Alors qu’un adolescent sur quatre est victime de haine en ligne selon l’Insee, le numérique ne peut être oublié. Le gouvernement prévoit d'intégrer la lutte contre les discriminations anti-LGBTI+ dans la certification de compétences numériques Pix, du CM1 jusqu'à la terminale.
Étudiants LGBT+ : les nouvelles mesures prévues à l'université
Les universités et les grandes écoles sont elles aussi concernées. Le plan prévoit de poursuivre la formation des directions d'établissement, de continuer à diffuser son guide LGBTQI+ 2026 et de développer les modules de sensibilisation ainsi que les webinaires destinés aux étudiants et aux personnels.
Les dispositifs d'écoute devront également mieux prendre en compte les violences et discriminations anti-LGBTI+, notamment grâce à la formation des personnels chargés de recueillir les signalements au sein de la fac.
Le Plan entend aussi améliorer la vie quotidienne des étudiants trans. Les établissements et les Crous seront encouragés à harmoniser les procédures permettant la prise en compte du changement de prénom ou du genre des étudiants. Les systèmes informatiques devront évoluer afin d'intégrer ces informations et les modèles de diplômes devront supprimer la mention de la civilité.
Le plan prévoit également d'améliorer la prise en charge de la santé des étudiants LGBTI+ à l’université. Les services de santé étudiante devront être sensibilisés aux questions de santé propres à ces publics.
La mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures doit s’étaler jusqu'en 2029. Il faudra désormais attendre leur déploiement pour en mesurer les effets sur le terrain.