Plafond de verre Les inégalités femmes-hommes persistent (aussi) chez les cadres
En bref
- Disparités de carrière, accès inégal aux postes à responsabilité, écarts de rémunération persistants…
- En 2026, l’égalité femmes-hommes reste un horizon lointain, y compris chez les cadres.
- Malgré des politiques dédiées et une féminisation croissante des effectifs, l’Apec met en lumière, dans sa dernière étude, la persistance de ces inégalités de genre.
Femmes et hommes : les écarts de salaire ne faiblissent pas
Premier constat de l'étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) : les inégalités salariales restent importantes. En 2025, la rémunération médiane des hommes cadres atteignait les 58 000 € brut annuels contre 50 000 € pour les femmes. Une différence qui ne s’est quasiment pas réduite ces dernières années.
Une partie de cet écart s’explique par la répartition très genrée des métiers. Les secteurs les mieux payés (informatique, finance, industrie) restent dominés par les hommes. À l’inverse, les femmes sont plus présentes dans des fonctions support (ressources humaines, communication, administration), généralement moins valorisées financièrement. Mais même à poste équivalent, le différentiel subsiste : près de 7 % de moins pour les femmes. Et passé 55 ans, l’écart atteint les 12 %. L’inégalité s’installe… et s’aggrave avec l’expérience. Les interruptions de carrière, liées notamment à la maternité, ainsi que le recours plus fréquent au temps partiel expliquent en partie cette évolution au fil du temps.
Sentiment d’injustice largement partagé
Les inégalités se retrouvent également dans l’accès aux responsabilités. Dans les entreprises de plus de 250 salariés, seules 17 % des dirigeants sont des femmes.. La proportion augmente légèrement à des niveaux hiérarchiques moins élevés, mais les disparités résistent : 39 % des managers encadrant moins de 10 personnes sont des femmes.
Des disparités qui ne passent pas inaperçues. 2 femmes sur 5 estiment ne pas disposer des mêmes chances de réussite que leurs collègues masculins. 50 % d’entre elles considèrent que leur rémunération n’est pas à la hauteur de leur investissement. L’impression de devoir fournir davantage d’efforts pour obtenir une augmentation est aussi plus présent chez les femmes. Un ressenti qui se vérifie dans les faits : leurs demandes aboutissent moins souvent que celles des hommes (58 % contre 65 %).
La transparence salariale, une piste vers l’égalité ?
Comment réduire ces écarts ? Parmi les pistes, l’étude évoque une nouvelle directive européenne, qui sera appliquée au droit français, courant 2026. Les entreprises françaises auront, d’ici juin, l’obligation d’afficher la fourchette de salaire dans leurs offres d’emploi. C’est la transparence salariale. Une contrainte qui permettra aux salariés d’accéder à des informations sur les différents niveaux de rémunération dans leur entreprise.
Toutefois, l’étude de l’Apec souligne que les femmes se sentent moins à l’aise que les hommes à l’idée de demander ces informations, par crainte que cela soit mal perçu par leur hiérarchie. L’efficacité de la nouvelle directive dépendra donc de l’évolution des cultures d’entreprise et des nouvelles méthodes managériales.