Étudier en France : « Voir Paris de ses propres yeux, c’est merveilleux ! »
En bref
- À 22 ans, Moara a quitté le Brésil pour venir étudier en France, à Paris, l’information-communication.
- Originaire du Vietnam, Châu Anh est arrivée en France dans l’objectif de valider une licence d’économie-gestion.
- Les deux étudiantes internationales racontent leur rentrée à l’université Paris-Panthéon-Assas, entre coût de la vie à Paris, apprentissage du français et découverte de la vie universitaire.
Une poignée de main serrée, une veste lissée, quelques mots échangés : « Pardonnez-moi pour mon français ! » Moara vient tout juste d’entrer en première année de licence d’information-communication à l’université Panthéon-Assas, à Paris. À 22 ans, la Brésilienne a quitté son pays d’origine pour étudier en France.
À peine majeure, Châu Anh a quitté le Vietnam pour commencer des études d’économie-gestion dans la même université. Pour elle aussi, le français est hésitant et l’intégration parfois compliquée. Comme elles, 329 100 étudiants étrangers étudiaient en France en 2024-2025.
Étudier à Paris : du rêve à la réalité
La première rencontre de Moara avec la capitale s’est faite à travers les livres, puis les films et les réseaux sociaux. Depuis longtemps, la jeune Brésilienne est attirée par la culture française et rêve de faire ses études à l’étranger. Son rêve est devenu réalité lorsqu’elle a posé ses valises à Paris. « Voir Paris de ses propres yeux, c’est quelque chose de merveilleux ! », s’émeut-elle en se remémorant ses premiers moments dans la capitale française.
Moara a grandi dans le nord du Brésil, en Amazonie, dans une famille où l’enseignement occupe une place importante. Fille et nièce de professeurs, elle s’est longtemps imaginée suivre la même voie. Aujourd’hui, elle hésite encore entre l’envie d’enseigner et celle de devenir journaliste correspondante entre la France et le Brésil. Une chose est certaine : elle compte repartir de Paris avec un master en poche, voire un doctorat.
Étudier à Paris était, pour Châu Anh, un rêve de longue date. Arrivée en France le 9 septembre, la Vietnamienne prend ses marques. La ville, qu’elle imagine comme « romantique », ne cesse de la surprendre : « Je me suis rendue compte que Paris était encore plus belle que ce que j’imaginais ! »
L'accueil lui semble cependant « plus froid » que son pays d’origine, où l’hospitalité règne. Celle qui se fait appeler « Dorothée » par ses camarades y a découvert une vie « très différente de celle du Vietnam ». Elle tente de comprendre le fonctionnement de l’université et son vocabulaire, allant des cours magistraux (CM) aux travaux dirigés (TD).
L’administration française lui apporte aussi son lot de soucis : « Les inscriptions ont été un réel défi pour moi », plaisante-t-elle avec du recul. Envoyer des mails ne faisait pas partie de ses habitudes. La jeune femme, habituée aux règles de son ancien lycée, est aussi surprise par la spontanéité de ses pairs : « Au Vietnam, on ne prend pas la parole pendant les cours, alors qu’ici, les étudiants interagissent avec les professeurs. »
Vidéo : témoignages de deux étudiantes internationales à Paris
Apprendre le français et s’intégrer à l’université
Châu Anh n’en est pas à ses premières conversations en français. Cette langue, elle l’apprend depuis l’école primaire, soit depuis une douzaine d’années. Moara, qui a aussi appris le français dans un cadre scolaire, s’est rendu compte de ses lacunes en arrivant dans la capitale : « Le français parlé au quotidien n’a rien à voir avec celui appris dans un environnement académique ! » Pour suivre le rythme effréné de l’université, elle prend un maximum de notes et n’hésite pas à aller voir le professeur après le cours pour lui demander de réexpliquer une notion.
Qualifiée de bavarde par ses proches, la Brésilienne n’a pas sa langue dans sa poche, contrairement à Châu Anh, qui s’estime « introvertie » : « Ce n’est pas facile pour moi d’aller vers les autres », confie l’étudiante en racontant ses premiers jours d’université, assez solitaires. « Cette année va me permettre de sortir de ma zone de confort ! », espère-t-elle.
La Vietnamienne a finalement pu s’appuyer sur l’aide d’une camarade française pour comprendre et répéter les propos des professeurs. Un « soulagement » pour l'étudiante qui redoute malgré tout les futurs partiels, et de ne pas avoir le niveau face aux autres étudiants. Elle s'accroche à son objectif : décrocher une entrée en master.
Étudiantes étrangères : le coût des études et de la vie à Paris
La rentrée des deux étudiantes a aussi été marquée par l’augmentation des frais universitaires pour les étudiants non européens. Entré en vigueur en septembre 2026, un décret restreint désormais les possibilités d’exonération des droits d'inscription pour les étudiants étrangers. Lorsqu’un étudiant français ou européen paie 178 euros pour une année de licence, Moara et Châu Anh ont dû casser leur tirelire : leurs études leur coûtent 2 902 euros chacune.
Pour elles, il n’a jamais été question d’obtenir une bourse. Si elles ne semblent pas surprises par le montant, les deux jeunes femmes affirment subir le coût de la vie en France : « Ça a été un choc pour moi en arrivant ici, tout coûte trois fois plus cher qu’au Vietnam ! »
Moara détaille ses dépenses personnelles, ses frais de transport ainsi que le coût du logement parisien. Pour sa part, elle a réussi à trouver un « bon plan » grâce à une connaissance, ce qui lui permet de ne payer que 1 000 euros de loyer, à deux. Châu Anh vit, de son côté, en colocation avec une autre Vietnamienne et un étudiant français, en banlieue. Le loyer, de 550 euros, est convenable, bien que l’appartement soit éloigné de son université : « Je n’ai jamais autant marché que depuis que je vis ici ! »
Châu Anh a pour objectif de travailler dès la fin de ses cours. Moara espère aussi trouver un job étudiant. Pour l’instant, elle gagne de l’argent grâce à des heures de baby-sitting. Pour l’une comme pour l’autre, ces revenus sont essentiels.