« Plus l’atelier avance, plus j’ai envie d’intégrer l’école » : à La Fémis, 15 étudiants boursiers découvrent les métiers du cinéma
En bref
- Pendant trois semaines cet été, 15 étudiants boursiers découvrent les études et les métiers du cinéma au sein de La Fémis, une des écoles de cinéma les plus reconnues en France.
- Grâce au programme Égalité des chances, ils préparent le concours d'entrée tout en s'immergeant dans les métiers de la réalisation, du scénario et de la production.
- Une expérience qui leur permet de gagner en confiance et de mieux comprendre les exigences du milieu du cinéma.
Études de cinéma : trois semaines pour découvrir La Fémis
« Une école cinq étoiles, mais un côté très élitiste qui peut faire peur et rebuter. » C'est l'image qu'Emmanuel, 21 ans, se faisait de La Fémis, l'École nationale supérieure des métiers de l'image et du son, avant d'en franchir les portes, en juillet 2026.
Pendant trois semaines, lui et les 14 autres étudiants boursiers venus d'horizons très différents vivent une immersion dans les métiers du cinéma grâce au programme Égalité des chances de l'établissement. Cet atelier leur permet de préparer le concours d’entrée très sélectif de l’école et d’accéder aux coulisses d'une formation réputée inaccessible.
Pour Selsabil, étudiante en master de droit du numérique et de la propriété intellectuelle, c'est même la découverte d'un univers inconnu, où l'aventure a commencé presque par hasard. « J'ai entendu parler de l'atelier juste avant la date limite d’inscription. J'ai monté mon dossier en cinq jours, sans vraiment savoir si j'avais une chance. »
Aujourd'hui, la passionnée d'écriture ne regrette pas son choix : « plus l’atelier avance, plus j’ai envie d’intégrer l’école, confie-t-elle, convaincue par la proximité observée avec les intervenants. Ils sont hyper accessibles, on peut poser toutes les questions qu'on veut. »
Chaque journée est en effet rythmée par des rencontres avec des professionnels : producteurs, réalisateurs, scénaristes et autres professionnels du cinéma. Durant la dernière semaine, place à la pratique : les participants ont la lourde tâche de réaliser un court métrage de bout en bout, en équipe.
Une préparation qui augmente les chances de réussite
Pour Selsabil, qui rêve de devenir scénariste, cet exercice lui permet surtout de développer des compétences techniques. En choisissant le poste de cheffe opératrice sur le tournage, elle apprend à manier une caméra, composer une image ou encore régler la balance des blancs. « En deux ou trois jours, j'ai appris plein de choses très concrètes », estime l'étudiante. L'exercice révèle aussi les exigences du travail collectif. « Quand j'écris mes textes, je suis seule. Pour réussir un film, il faut apprendre à écouter les critiques et construire ensemble. »
Sur le plateau de tournage, Emmanuel, de son côté, est à la perche. L’étudiant de 21 ans n’en est pas à son premier court métrage puisqu'il termine sa troisième année à l’école de cinéma ESRA Paris. Après un premier échec au concours de La Fémis, il a décidé de tenter sa chance autrement en intégrant l’atelier. « Ici, on découvre les attentes exactes du concours, les méthodes d'analyse, tout ce qui peut servir quand on n'a pas forcément les codes de l'école. »
Le dispositif a en effet fait ses preuves. Lancé en 2008, le programme Égalité des chances a permis à 34 stagiaires d'intégrer La Fémis, soit un taux de réussite au concours (20 %), près de six fois supérieur à la moyenne (3,6 %).
« Gagner en confiance » pour oser prendre sa place dans le milieu du cinéma
Lawrence Valin, acteur, réalisateur et scénariste, accompagne les étudiants dans cette dernière semaine de tournage. Lui-même a bénéficié, quelques années plus tôt, d'un programme d'égalité des chances similaire qui lui a permis d’intégrer La Fémis. Selon lui, les principaux freins sont souvent invisibles. « Moi, je n'avais jamais entendu parler de cette école dans mon entourage », se remémore-t-il. Suivre une formation artistique représente aussi un coût que tout le monde ne peut assumer. « Ce type de programme est une vraie opportunité. »
Aujourd’hui dans le rôle de professeur, il se reconnaît dans ses élèves : « je retrouve cette même question que je me posais à leur âge : est-ce que j'ai le droit de raconter mes histoires ? Quand on rencontre des professionnels accessibles, on gagne en confiance et ça rend le cinéma beaucoup moins lointain. »
Qu'ils intègrent ou non La Fémis dans les prochains mois, tous auront déjà gagné une meilleure connaissance des études et des métiers du cinéma, un réseau, une expérience de tournage et la conviction que les portes du milieu s'ouvrent plus facilement qu'ils ne se l'imaginaient.