Engagement Service national citoyen : une idée qui séduit près de 8 jeunes sur 10
En bref
- Selon une étude OpinionWay réalisée pour Unis-Cité, 81% des français se disent favorables à la création d’un service national citoyen.
- L’idée d’une année d’engagement volontaire pour les jeunes recueille aussi un large soutien chez les 16-24 ans.
- Pour beaucoup, ce dispositif pourrait à la fois répondre aux difficultés rencontrées par une partie de la jeunesse et renforcer la cohésion sociale.
Un service national citoyen largement soutenu
Une année au service de l'intérêt général, en césure ou avant d'entrer dans la vie d’adulte ? L’idée fait mouche. Selon une enquête réalisée par Unis-Cité auprès de 1 094 personnes, 81 % des français se déclarent favorables à la création d’un service national citoyen permettant aux jeunes de s’engager dans des missions liées à la solidarité, à l’environnement, à la santé, à l’éducation ou encore à la sécurité civile. Les premiers concernés adhèrent aussi largement au principe puisque 78 % des 18-24 ans y sont favorables.
Pour la quasi-totalité des sondés, cette expérience permettrait « de découvrir des réalités sociales différentes », « d’apprendre à travailler en équipe », mais aussi de « gagner en confiance ». Pour les trois quarts des sondés, il pourrait même s'agir d'un passage symbolique, à l'image « du bac ou du permis de conduire ». À condition toutefois que cet engagement reste volontaire. Les 16-24 ans interrogés rejettent majoritairement l’idée d’un dispositif obligatoire.
Le service civique, un modèle déjà plébiscité
Pour Unis-Cité, ce futur service national citoyen pourrait prendre appui sur un dispositif déjà existant : le service civique. Aujourd’hui bien connu, il permet aux jeunes de s’engager pendant plusieurs mois dans des missions d’intérêt général.
Selon l’étude, neuf Français sur dix en ont déjà entendu parler et en ont une image positive. Pour autant, son développement est jugé insuffisant. Un constat largement partagé par les jeunes eux-mêmes, dont 76% estiment que cette expérience n’est pas assez valorisée dans la société.
Ses bénéfices font néanmoins consensus. Huit personnes sur dix estiment que le service civique transforme réellement celles et ceux qui s’y engagent. Ce constat est d'autant plus frappant que les 16-24 ans expriment un certain malaise face à l'avenir : 86% disent avoir du mal à se projeter, 76% se sentent plus isolés que les générations précédentes et 83% estiment que les jeunes peinent à identifier les métiers utiles à la société.
Focus
Comment s'engager ?
Il existe de nombreuses formes de volontariat. Le service civique s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans (jusqu'à 30 ans pour les personnes en situation de handicap) qui souhaitent s'engager dans une mission d'intérêt général pendant 6 à 12 mois. Il peut être réalisé en France ou à l'étranger.
Autre possibilité : le corps européen de solidarité (anciennement SVE). Il s'agit d'un programme, financé par la Commission européenne, à destination des 18-30 ans.
Le service national, quant à lui, est un engagement militaire ouvert aux 18-25 ans, comprenant un mois de formation militaire et neuf mois de mission liée à la défense nationale. À ne pas confondre avec le service militaire volontaire (SMV) pour les 18-25 ans sans emploi, et dont l'objectif est d'apprendre un métier ou d'acquérir une expérience professionnelle.
L'expérience collective au cœur du service national citoyen
Dans certains cas, le service civique apparaît aussi comme un levier d’orientation. « 45% des jeunes du programme Solidarité senior envisagent ensuite de s’orienter vers les métiers du soin et de l’accompagnement », souligne Nathalie Hanet, directrice générale d’Unis-Cité. Pour Thierry Sibieude, président du conseil d'orientation et de surveillance de l'association, le constat est clair : « le dispositif est efficace, il faut désormais le transformer en ambition nationale ».
Nathalie Hanet insiste toutefois sur la dimension collective de l'engagement. Contrairement au service civique, où l’expérience en groupe existe mais n’est pas systématique, le futur service national citoyen devrait, selon l’association, être vécu en équipe. « Il doit permettre à chacun de construire collectivement sa mission et favoriser la rencontre ainsi que la mixité sociale », explique-t-elle.
Un outil de cohésion sociale
Pour les personnes interrogées, les bénéfices dépasseraient largement le cadre individuel. Dans un contexte marqué par les inquiétudes liées aux « crises climatiques, sanitaires ou sociales », 77% des personnes interrogées estiment que la mobilisation d’une génération de jeunes dans des missions d’intérêt général aiderait le pays à mieux y faire face. Ils sont également 85 % à considérer qu’un tel engagement renforcerait les solidarités entre citoyens, et 74 % à y voir un moyen de consolider la démocratie.
Cette enquête intervient alors que le gouvernement a récemment lancé une nouvelle formule du service national à dimension militaire. Justifiée par « l'accélération de la menace », celle-ci devrait concerner, dans un premier temps, environ 3 000 jeunes.
Pour Unis-Cité, la réponse ne peut toutefois être uniquement militaire. « Si, d’ici quatre ans, nous parvenons à déployer le service national citoyen que nous appelons de nos vœux, avec une dimension majoritairement citoyenne, nous pourrions toucher jusqu’à la moitié d’une classe d’âge », estime Nathalie Hanet.
Aujourd'hui, le service civique concerne environ 10% des 16-25 ans, selon les données de l'INJEP. Pour la directrice générale d'Unis-Cité, son développement constitue « un investissement pour l’ensemble de la société ». « Une génération engagée, qui crée des solidarités autour d’elle, est une manière de renforcer à la fois notre pays et notre jeunesse », souligne-t-elle.