En bref
- À partir de 13 ans, un mineur soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre un délit ou un crime peut être placé en garde à vue.
- En tant que mineur, le jeune possède des droits qui diffèrent de ceux des personnes âgées de plus de 18 ans : durée maximale de la garde à vue, prolongations possibles, examen médical...
- Ses représentants légaux doivent être informés de son placement en garde à vue et l’assistance d’un avocat est obligatoire.
Garde à vue d’un mineur : dans quels cas est-elle possible ?
La garde à vue est une mesure qui vise à maintenir une personne à la disposition des enquêteurs pendant une enquête.
De 10 à 12 ans, les mineurs ne relèvent pas du régime de la garde à vue, mais peuvent faire l’objet d’une mesure de retenue s’ils sont soupçonnés d’un crime ou d’un délit puni d’au moins cinq ans de prison.
À partir de 13 ans, vous pouvez être mis en garde à vue si vous êtes suspecté d’avoir commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine de prison.
Dans tous les cas, que ce soit la retenue ou la garde à vue, ces mesures doivent être l’unique moyen d’atteindre un objectif de l’enquête, comme éviter la destruction de preuves ou la concertation avec d’éventuels complices.
Combien de temps peut durer la garde à vue d’un mineur ?
La durée maximale de la garde à vue ou de la retenue varie selon l’âge du mineur.
Entre 10 et 12 ans, la mesure de retenue ne peut pas dépasser 12 heures, mais elle peut être prolongée de 12 heures sur décision du procureur de la République ou du juge d’instruction.
À partir de 13 ans, la durée initiale de la garde à vue peut être fixée à 24 heures. Jusqu’à 15 ans (inclus), elle peut être renouvelée de 24 heures supplémentaires si le délit ou le crime suspecté est passible d’une peine de prison d’au moins cinq ans. Avant cette prolongation, vous devez être présenté au procureur ou au juge chargé de l’affaire.
Des règles spécifiques s’appliquent à partir de 16 ans et permettent des prolongations supplémentaires dans certains cas. Par exemple, si vous êtes suspecté de trafic de stupéfiants en bande organisée ou lorsque l’infraction implique des personnes majeures, votre garde à vue peut être prolongée à deux reprises et atteindre 96 heures.
Avocat et garde à vue : quels droits pour le mineur ?
Lors de la mise en garde à vue d’un mineur, les forces de l’ordre sont dans l’obligation de prévenir ses représentants légaux. À partir de 13 ans, ils disposent d'un délai de trois heures pour le faire, sauf dans certaines conditions où ils peuvent attendre jusqu’à 24 heures.
Tout au long de la période de garde à vue, le mineur doit être assisté d’un avocat, qu’il soit choisi par ses parents ou commis d’office. Le jeune peut également être accompagné pendant les auditions par ses représentants légaux ou, dans certaines situations, par un autre adulte.
Quels sont les droits d’un mineur placé en garde à vue ?
Le jeune doit être informé, en des termes compréhensibles, de la mesure dont il fait l’objet et des faits qui lui sont reprochés.
Par ailleurs, il bénéficie de protections spécifiques liées à son âge. Tous les mineurs doivent par exemple être séparés des personnes majeures placées en garde à vue. Ils ont également le droit à un interprète s’ils ne parlent pas bien le français ou qu’ils sont malentendants.
Sa santé et sa liberté de religion ou de conviction doivent également être respectées. De même, la protection de sa vie privée doit être assurée, dans le sens où les enregistrements des auditions ne peuvent pas être diffusées. Le mineur peut également exercer les recours prévus par la loi pour contester la mesure ou demander sa remise en liberté.
Pour les moins de 16 ans, un examen médical est obligatoire dès le début de la garde à vue. À partir de 16 ans, le mineur peut demander à être examiné par un médecin. Ses représentants légaux et son avocat peuvent également demander cet examen.
Focus
L’enregistrement audiovisuel des auditions est obligatoire
Les interrogatoires et auditions d’un mineur placé en garde à vue ou en mesure de retenue font l’objet d’un enregistrement audiovisuel. Dans le cas où un problème technique empêche cet enregistrement, la situation est mentionnée dans le procès-verbal. Le procureur de la République ou le juge d’instruction doit en être informé.
Si l’enregistrement n’a pas été réalisé et que le mineur conteste ses déclarations, aucune condamnation ne peut être prononcée à son encontre sur le seul fondement de ces déclarations.
Après la garde à vue, quelles sont les suites pour le mineur ?
À la fin de sa garde à vue, le mineur peut être remis en liberté ou déféré devant la justice, selon les suites de l’enquête.
Si vous êtes remis en liberté, vous devez être pris en charge par vos représentants légaux à votre sortie. Néanmoins, il est possible que l’affaire ne s’arrête pas là. Vous pouvez être convoqué à nouveau si le juge, le tribunal ou encore le procureur de la République décide de poursuivre l’enquête.
L’autre possibilité est que vous soyez déféré, c’est-à-dire présenté au procureur ou au juge d’instruction en vue de votre mise en examen. Le magistrat décidera alors des suites à donner à l’affaire.