C'est leur job étudiant !

Étudiants relais santé : à Angers, ces étudiants font de la prévention auprès de leurs pairs

Perrine Basset Fériot
Publié le 14-09-2026

En bref

  • À l'université d'Angers, des étudiants relais santé vont à la rencontre de leurs pairs pour parler alcool, sexualité et risques liés aux soirées.
  • Adrien, Émeline et Zoé, chacun dans des filières différentes, ont saisi l’occasion : pour eux, ce job d'étudiants relais santé permet d’allier travail et études.
  • En cette période de week-ends d’intégration, leur mission est de faire de la prévention sur les risques festifs auprès de leurs pairs.
A hauteur de 20h par mois, les étudiants relais santé travaillent pour le service de santé de leur université.
A hauteur de 20h par mois, les étudiants relais santé travaillent pour le service de santé de leur université. Crédit : Perrine Basset Fériot - CIDJ
Depuis la rentrée, Adrien, Émeline et Zoé travaillent comme étudiants relais santé à l'université d'Angers. Crédit : Perrine Basset Fériot - CIDJ

« Bonjour, vous connaissez le SSU ? » Sur le campus de l’université d’Angers (Maine-et-Loire), une centaine d’étudiants patientent devant le restaurant universitaire. Slalomant entre les groupes, Adrien, Émeline et Zoé profitent de ce moment d’attente pour aller à la rencontre des jeunes. 

Un éthylotest dans une main, des boules Quiès dans l’autre, les trois étudiants relais santé (ERS) interpellent leurs pairs. En cette semaine de rentrée, le service de santé universitaire (SSU), pour lequel ils travaillent, organise des stands de sensibilisation aux risques liés aux pratiques festives. Alcool au volant, décibels, rapports non protégés… Tous les sujets sont abordés.

Etudiants relais santé : la prévention entre étudiants

Adrien n’a pas postulé au service de santé par hasard. Actuellement en master 1 de biologie végétale, le jeune homme de 22 ans s’est toujours intéressé aux sujets de prévention : « Je souhaitais travailler ici, en partie à cause de situations que j’ai vues en soirée, pour éviter que cela ne se reproduise. » 

Depuis le début de son contrat, fin août, Adrien intervient auprès des étudiants de l’université d’Angers plusieurs heures par semaine, notamment le midi. Accompagné, ce 9 septembre, de Zoé et Émeline, respectivement étudiantes en psychologie et en droit, il se dirige vers un groupe de trois copines. 

Commence alors le « test de la dose-bar », un topo qui « fonctionne bien auprès des jeunes ». En comparant la dose d’alcool moyenne consommée à la maison avec les recommandations du gouvernement — deux doses standard par jour maximum, et pas tous les jours —, les jeunes se rendent vite compte que leurs habitudes dépassent les recommandations. 

Mais le discours d’Adrien n’est pas moralisateur : « L’important est de faire des pauses, d’être à l’aise avec sa consommation et de ne pas prendre trop de risques. » Ce laïus lui vient de sa responsable, Céline Maudet. La coordinatrice de l’éducation à la santé met un point d’honneur à ce que les ERS n’aient pas de paroles « culpabilisantes » et restent dans « une posture bienveillante ». 

En deux heures, Zoé a échangé avec 100 étudiants, « tout pile ! ». Vêtue de son tee-shirt jaune du SSU et débordant d’énergie, la jeune femme n’éprouve aucune timidité à aller vers ses pairs : « C’est beaucoup plus facile de sensibiliser des personnes qui ont à peu près notre âge. » Être étudiante relais santé est, pour elle, le moyen d’avoir un rôle de « grande sœur ».

Émeline approuve. Elle estime que tous les étudiants sont « dans le même bateau », pris entre les cours, les soirées, mais aussi la précarité et les difficultés d’accès à des professionnels de santé. Transmettre gratuitement des messages de prévention constitue un premier pas pour lutter contre cette absence.

Focus

À Angers, un dispositif d’étudiants relais santé créé en 1999

Le dispositif d’étudiant relais santé est plus ancien que les jeunes qui y travaillent. C’est en 1999 que l’université d’Angers a créé ce pôle, afin de permettre aux étudiants de sensibiliser leurs camarades aux questions de santé. Céline Maudet a rejoint le service quelques années plus tard, en 2002. Rodée à l’exercice, elle prend toujours autant de plaisir à former les étudiants : « On a de la chance d’avoir une bonne cohésion dans l’équipe cette année ! » Au total, 12 jeunes couvrent les trois sites universitaires angevins.

Un job étudiant rémunéré pour faire de la prévention

Pour transmettre des messages de prévention clairs, les trois jeunes ont dû suivre une formation. Une semaine intensive, de 8 h 30 à 17 h 30, leur a été consacrée à la fin du mois d’août. Émeline admet avoir découvert un grand nombre d’informations : « Je suis en fac de droit et je n’ai que peu de connaissances en sciences. Mais c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce job : cela m’est utile dans ma propre vie étudiante. » 

Céline Maudet l’affirme : elle n’attend pas de ses jeunes salariés qu’ils soient des encyclopédies. Chacun a « droit à l’erreur ». En revanche, lors des recrutements, elle prête attention à la spontanéité des candidats. Derrière le stand de prévention, aucune chaise ne trône. Le mot d’ordre de ces ateliers est d’« aller vers ». « Les jeunes n’osent pas toujours venir vers nous, et il est primordial d’être à l’aise pour aborder les autres », explique la coordinatrice.

Pour aider les étudiants relais santé, plusieurs outils pédagogiques sont à leur disposition : maquette du conduit auditif, parcours d’obstacles avec des lunettes reproduisant une situation d’ébriété, cartes sur le consentement… Les étudiants peuvent également utiliser un quiz sur les effets du poppers, une substance souvent consommée en soirée. « On construit nos outils en fonction de l’actualité étudiante, en essayant de les rendre ludiques », explique Céline Maudet. 

Les trois jeunes travaillent pour le SSU à hauteur de 20 heures par mois, avec des horaires modulables selon leur emploi du temps. Leur encadrante tient à ce que leur rôle d’étudiant relais santé soit rémunéré et non bénévole. Ils gagnent environ 17 euros brut de l’heure. « Rémunérer les étudiants relais santé est une manière de reconnaître leur rôle et leurs compétences. » Pour Adrien, c’est le combo gagnant : « Si je peux aider à sensibiliser d’autres jeunes, en étant payé et en travaillant à des horaires qui me conviennent, c’est parfait ! »

Nous rencontrer Nous rencontrer

Le réseau Info jeunes est accessible à tous les publics (collégiens, lycéens, étudiants, salariés, demandeurs d'emploi...) mais aussi à leurs parents, à leurs enseignants et à tous les travailleurs sociaux. L'accès est libre et gratuit.