Reportage Pilote de drone : dans les coulisses du spectacle de la Tour Eiffel

Laura El Feky
Publié le 22-07-2026

En bref

  • Cet été, plusieurs feux d’artifice du 14 juillet ont été annulés en raison de la sécheresse et des risques élevés d’incendie.
  • Sans remplacer la pyrotechnie, les spectacles de drones s’imposent peu à peu comme une nouvelle façon d’illuminer le ciel et offrent des perspectives au métier de télépilote.
  • À l'occasion du spectacle organisé au-dessus de la Tour Eiffel pour le 14 juillet, 1 600 drones ont volé à 350 mètres d'altitude, plus haut que la Tour Eiffel. Aux commandes, Étienne Compain et son équipe.
Etienne Compain pilote de drone
La chorégraphie a nécessité plusieurs mois de préparation. Crédit : CIDJ
Étienne Compain et son équipe ont fait voler 1 600 drones à 350 m d’altitude pour créer un spectacle unique au pied de la Tour Eiffel. Crédit : CIDJ

Des spectacles de drones se multiplient partout dans le monde

C'est d'abord tout seul, dans son garage, qu’Étienne découvre l'univers des drones. Il apprend à les faire voler ensemble et développe ses premiers logiciels, à une époque où les spectacles de drones n’en sont qu’à leurs débuts. 

Aujourd'hui, il dirige les projets drones chez Groupe F, société reconnue pour ses spectacles pyrotechniques. Depuis le début de l’année, son équipe est déjà intervenue au Moyen-Orient, à Bilbao, à Porto, à Briançon ou encore à Versailles. 

Pour lui, l’engouement est évident. « Les spectacles de drones se développent énormément. Ils viennent compléter les feux d’artifice. On peut créer des formes, des logos ou écrire dans le ciel. Chaque projet est différent », souligne-t-il.

Celui organisé au pied de la Tour Eiffel a sa spécificité : « 1 600 drones, 350 mètres d’altitude, plus haut que la Tour Eiffel. C’est une responsabilité importante, mais nous sommes entraînés pour ça », affirme l'expert. 

Des mois de préparation avant le décollage

Bien avant le décollage, les équipes basées à Arles ont travaillé sur la création artistique, les autorisations administratives et toute la production. 

Quelques jours avant le spectacle, le pont d’Iéna est transformé en base technique. Les drones, qui arrivent par camion, sont protégés sous des bâches contre la pluie et le soleil avant d'être installés un par un sur leur zone de décollage. « Il y a une partie logistique, puis toute la mise en place du réseau. Enfin, on réalise des vols d’essai pour être prêts le jour J », explique Étienne Compain.

Comment 1 600 drones illuminent le ciel au-dessus de la Tour Eiffel

Enfin, le moment le plus stressant arrive au lancement du spectacle. « Quand le compte à rebours apparaît sur le logiciel, il y a toujours un petit moment de tension », explique Étienne Compain.

Une question revient souvent : comment pilote-t-on autant de drones en même temps ? « Il y a 1 600 drones, mais il n’y a pas 1 600 pilotes, sourit Étienne Compain. Tous les appareils sont reliés à un seul ordinateur. Une seule personne lance le spectacle en appuyant sur un seul bouton. » En réalité, ce clic n'est que l'aboutissement de plusieurs mois de préparation. Les trajectoires sont programmées en amont et chaque drone suit un scénario précis.

Pendant tout le show, l'équipe garde les yeux rivés sur les écrans afin de s'assurer que tout se déroule comme prévu. Parmi eux, Mustapha Amarouche occupe le poste d'opérateur de vol. Il surveille en temps réel la flotte et les conditions de vol. « Je vérifie que les drones sont opérationnels, qu’ils sont bien au bon endroit au bon moment et je surveille les alertes, notamment le vent. Après le spectacle, nous récupérons toutes les données pour améliorer les prochains vols. » 

Comment devenir pilote de drone et travailler dans les spectacles

Pour Étienne Compain, directeur des projets drones, la pression ne retombe pas immédiatement. « Après la représentation, il faut toujours un petit moment pour redescendre. En réalité, on voit très peu le spectacle que l'on produit. La véritable récompense vient ensuite, lorsque l'on découvre les images ».

Avec l'essor des spectacles de drones, les métiers dans ce secteur attirent de plus en plus de candidats. Pour devenir télépilote professionnel, il faut suivre une formation conforme à la réglementation européenne. Mais, dans ce secteur, piloter n'est qu'une partie du travail. Les entreprises recherchent aussi des compétences en électronique, informatique, réseaux, logistique ou encore en organisation d’événements. « Il faut aussi continuer à innover, développer, tester. C'est même la partie que je préfère », ajoute-t-il.

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