Insertion professionnelle Emploi des jeunes : les mesures du gouvernement pour faciliter l’entrée dans la vie active
En bref
- Le chômage des jeunes dépasse 21 % en France, et la durée d'accès au marché du travail y est plus longue que chez la plupart de nos voisins européens.
- Pour y remédier, le gouvernement lance le plan « Emploi futur » : 15 mesures concrètes organisées en trois axes, applicables sans loi ni budget supplémentaire.
- Objectif affiché : porter le taux d'emploi des 15-24 ans de 34 % à 40 % d'ici 2030.
Une entrée dans la vie active toujours compliquée
Vous cherchez votre voie ? Vous peinez à décrocher un premier emploi ? Vous n'êtes pas seul. Fin 2025, 21 % des 15-24 ans étaient au chômage selon l'INSEE, et 11 % étaient considérés comme NEET, ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Pourtant, plus d'un jeune adulte sur deux en France est diplômé de l'enseignement supérieur. Alors pourquoi l'entrée dans la vie active reste-t-elle si compliquée ? Entre orientation, accompagnement et manque d'expérience, beaucoup de jeunes peinent encore à trouver leur place.
À cela s'ajoutent les mutations du marché du travail. Intelligence artificielle, transition écologique, nouveaux métiers… Certains secteurs recrutent, d'autres se transforment. C'est dans ce contexte que le gouvernement a présenté son plan Emploi futur en mai 2026.
15 mesures face au chômage des jeunes
Pour répondre à ces difficultés, le plan Emploi futur s'articule autour de 15 mesures réparties en trois axes.
1. Mieux s'orienter
Première mesure phare : la création d'un « InserScore », qui vous permettra de comparer les formations selon leur taux d'insertion professionnelle et le salaire moyen à la sortie.
Le gouvernement prévoit le lancement d'une nouvelle appli, « 1JeuneDesSolutions », attendue pour la rentrée 2026. Elle regroupera offres d'emploi, stages, alternances, aides financières et accompagnements sur une seule plateforme.
2. Multiplier les expériences
Stages, jobs étudiants, bénévolat, sport… Un « Passeport de compétences » numérique doit centraliser l'ensemble de vos expériences et générer automatiquement un CV plus complet. L'objectif : valoriser des compétences souvent absentes des CV traditionnels.
Pour renforcer votre professionnalisation, le plan prévoit aussi de rendre systématiques les périodes de stage et de mises en situation professionnelle dans des dispositifs comme le contrat d'engagement jeune (CEJ), afin de multiplier les contacts avec le monde professionnel dès le début du parcours.
3. Éviter le décrochage
Chaque année, plus de 80 000 jeunes quittent l'enseignement supérieur sans diplôme. Si vous êtes en situation de décrochage, le gouvernement prépare « AvenirPro Sup » : un accompagnement spécifique monté avec France Travail et les universités.
Dans les lycées professionnels, le dispositif AvenirPro est généralisé, et des conseillers interviendront directement dans les établissements. L'accompagnement sera désormais proposé directement au sein des établissements scolaires. Plus de 700 000 jeunes en ont déjà bénéficié depuis 2021.
Quels secteurs recrutent les jeunes en 2026 ?
Certains secteurs manquent de main-d'œuvre. L'industrie de défense prévoit ainsi 60 000 recrutements d'ici 2030, contre 120 000 pour le nucléaire et l'énergie. La transition écologique pourrait, elle, générer près de 400 000 emplois.
Les compétences recherchées évoluent rapidement — intelligence artificielle, cybersécurité, analyse de données — mais les qualités humaines restent très valorisées : créativité, adaptabilité, esprit d'équipe. Autant d'atouts recherchés par les employeurs, malgré les transformations du marché du travail.
Malgré ses ambitions, le plan ne convainc pas tout le monde. Certains syndicats étudiants y voient surtout un « coup de com’ », notamment après la baisse du budget des missions locales en 2026. Les mesures sont sur la table, reste à savoir si elles permettront réellement de faciliter l'entrée des jeunes dans la vie active.