Rentrée étudiante

Études de santé, repas à 1 euro, budget… Ce qu’il faut retenir des annonces du ministère de l'Enseignement supérieur

Laura El Feky
Publié le 25-09-2026

En bref

  • Pour la rentrée étudiante 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste confirme plusieurs chantiers dont la réforme des études de santé prévue pour 2027 et la confirmation du repas à 1 euro dans les Crous.
  • Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit par ailleurs 500 millions d’euros supplémentaires dont 143 millions pour accompagner la généralisation du repas à un euro dans les Crous. Le budget qui doit encore être examiné et voté par le Parlement.
  • A l'approche de la présidentielle, le ministre souhaite également ouvrir plusieurs débats sur l’accès à l’université, le baccalauréat et la place de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur.
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3 074 600 étudiants sont inscrits dans l'enseignement supérieur à la rentrée 2026. Crédit : Ionis

Réforme des études de santé : la fin du PASS et de la LAS confirmée pour 2027

Ce n’est pas une nouvelle annonce, mais le calendrier est confirmé. La réforme des études de santé est désormais « prête » et doit entrer en vigueur à la rentrée 2027. Le PASS et la L.AS disparaîtront au profit d’une voie d’accès unique aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie), avec l’ambition de simplifier et d’harmoniser un système que le ministre juge aujourd’hui trop « complexe ». 

« Aujourd’hui, vous êtes bachelier en Île-de-France et vous avez envie de devenir médecin, dentiste ou autre professionnel de santé : vous avez le choix, sur Parcoursup, entre plus de 100 formations différentes pour faire votre première année », souligne Philippe Baptiste. 

La nouvelle première année reposera principalement sur deux blocs, l’un en santé, l’autre dans une discipline à choisir dans un nombre limité de parcours. Les étudiants pourront toujours candidater deux fois, à l’issue de la première année puis à la fin de la deuxième année de licence. Cinq millions d’euros sont prévus pour accompagner la mise en œuvre de la réforme.

Budget 2027 de l’enseignement supérieur : 500 millions d’euros supplémentaires

C’est le chiffre fort de la rentrée. Le ministre Philippe Baptiste a annoncé 500 millions d’euros supplémentaires dans le budget 2027 par rapport à 2026. L’enveloppe doit être répartie « à parts égales » entre l’enseignement supérieur, la vie étudiante et la recherche.

Parmi ces crédits, 143 millions d’euros iront directement aux Crous confrontés à l’afflux des étudiants depuis la généralisation du repas à un euro. Cette somme doit compenser le passage du prix du repas de 3,30 euros à 1 euro, financer les « 200 recrutements déjà effectués » et permettre aux restaurants universitaires de renouveler leurs équipements ou d’engager des travaux, « au cas par cas ». 

Mais attention, le budget doit encore être examiné et voté par le Parlement. Si ce projet n'est pas voté, l'enveloppe budgétaire, notamment celle consacrée à la généralisation du repas à un euro, pourrait être remise en cause, prévient Philippe Baptiste. 

Bourses, logement, santé mentale : un accès facilité aux aides dédiées aux étudiants

Sur le front de la vie étudiante, le ministre a rappelé les dispositifs mis en place pour simplifier les démarches. Depuis l’an dernier, le nouveau dossier social étudiant (DSE), présenté comme « plus ergonomique et plus simple », permet de demander en une seule fois une bourse et un logement. Plus d’un million de dossiers ont ainsi été déposés et, selon le ministère, les bourses ont pu être versées « plus tôt » que les années précédentes. 

Autre dispositif : « Campus zero non recours », expérimenté dans huit universités. L’objectif est de mieux informer les étudiants sur les aides auxquelles ils peuvent avoir droit, y compris en cas de difficultés ponctuelles. 

Lancé cet été, le numéro national 3040 reste le point d’entrée pour les différents dispositifs dédiés à la santé mentale des étudiants.

Le ministre a également fait le point sur le logement des étudiants ultramarins. Désormais prioritaires pour l’accès aux résidences Crous lorsqu’ils étudient dans l’Hexagone, ces étudiants, « exposés plus encore que leurs camarades aux conséquences de l’éloignement familial », seraient ainsi plus nombreux à bénéficier, cette année, d’un logement en résidence universitaire.

Bac, université, IA : les prochains débats sur l’enseignement supérieur

Au-delà des annonces budgétaires, Philippe Baptiste veut profiter de l’année à venir pour ouvrir le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche. À l’approche de la présidentielle, le ministre appelle notamment à s’interroger sur l’évolution des droits d’inscription, mais aussi sur le rôle du baccalauréat ou les conditions d’accès à l’université

Le ministre pointe notamment l’écart entre les aspirations des lycéens et « leur niveau réel ». Pas question pour autant, selon lui, d’« interdire l’accès à l’enseignement supérieur à des bacheliers ». Il évoque plutôt la possibilité d’« une année de remise à niveau » pour ceux qui en auraient besoin.

Autre préoccupation affichée par le ministre : la place de la recherche française dans le monde. « En 20 ans, on est passé de la 5e à la 10e » dans le classement des publications scientifiques, souligne Philippe Baptiste. L’intelligence artificielle constitue un autre grand défi. « Nous devons préparer notre jeunesse à un monde qui vit avec l’IA », affirme le ministre. L’enjeu, selon lui, sera de consolider les « savoirs fondamentaux » de chaque discipline, tout en apprenant aux étudiants à comprendre et utiliser les outils d’intelligence artificielle. 

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