Orientation

L'algorithme Parcoursup pénalise-t-il des candidats boursiers ?

Zoé Ruffy
Publié le 16-10-2026

En bref

  • Au cœur des inquiétudes liées à l’orientation des lycéens, Parcoursup s’avérerait finalement perfectible, selon la dernière note de l’Institut des politiques publiques (IPP).
  • La mise en œuvre par l’algorithme de quotas de boursiers dans les formations ne serait pas suffisamment efficace et pénaliserait même certains bénéficiaires.
  • Des chercheurs proposent l’instauration d’un classement dynamique, afin de respecter la loi garantissant l’égalité des chances.
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Des chercheurs proposent une refonte de l'algorithme Parcoursup pour mieux garantir l'égalité des chances dans le supérieur.. Crédit : Canva

Des quotas pour garantir l’égalité des chances

Voilà une proposition qui pourrait s’ajouter à la boîte à idées du gouvernement pour améliorer Parcoursup. Alors que la plateforme d’accès aux études post-bac est au cœur des revendications de la mobilisation lycéenne, l’Institut des politiques publiques (IPP) publie, mercredi 14 octobre 2026, une note pour corriger le calcul des quotas de boursiers et de "résidents” réalisé par l’algorithme.

En effet, afin de favoriser la diversité sociale dans l'enseignement supérieur, dans les formations sélectives notamment, des taux minimaux dans chaque formation sont censés s’appliquer depuis l’instauration de Parcoursup en 2018.

Concrètement, les établissements du supérieur doivent accueillir dans leurs rangs un certain nombre de bacheliers bénéficiant d'une bourse au lycée, ainsi qu’une part de candidats provenant de la même académie. Ces derniers sont appelés “résidents”.

Parcoursup : des quotas de boursiers mal appliqués

La note de l’IPP souligne, cependant, que la mise en œuvre de cette règle est perfectible. Les chercheurs Denis Sokolov et Julien Combe proposent ainsi de remodeler l’algorithme pour rendre les objectifs de quotas plus efficaces.

Aujourd'hui, Parcoursup modifie avant même la phase d’admission, le classement établi par chaque formation pour créer un “ordre d’appel” censé garantir les taux minimaux de boursiers et de résidents.

Problème, cet ordre ne tient pas compte des réponses des candidats. Ainsi, expliquent les chercheurs, des candidats boursiers peuvent refuser une proposition, sans qu’un autre boursier ne soit appelé pour le remplacer. Le quota dans la formation n’est alors pas atteint.

D’autre part, l’algorithme peut donner une “priorité excessive” à certains profils : un candidat à la fois boursier et résident sera prioritaire sur un candidat “seulement” boursier, même si celui-ci était mieux classé par la formation.

Vers une refonte de l’algorithme Parcoursup ?

Pour répondre à ces difficultés, la note de l’IPP propose “un dispositif alternatif dans lequel les quotas seraient appliqués de manière dynamique, au fil des propositions et des réponses des candidats.” L’algorithme tiendrait ainsi compte des propositions déjà acceptées et refusées pour déterminer si une formation a atteint ou non ses objectifs de quotas. Une fois le taux minimal atteint, le classement initial réalisé par la formation reprendrait librement son cours.

Avec cette méthode, “le taux de réalisation moyen des quotas de boursiers passerait de 68,2 % à 87,8 %”, affirment les chercheurs, qui ont réalisé une simulation en s’appuyant sur les résultats Parcoursup de 2024. Par ailleurs, le nombre de candidats injustement écartés par l’algorithme chuterait de 175 000 à 1 028, réduisant considérablement les risques de “non-respect des priorités”, puisque dans cette version, les candidats réunissant plusieurs statuts ne deviendraient prioritaires “que lorsqu’ils seraient vraiment nécessaires pour atteindre les quotas."

Reste à savoir si les chercheurs seront entendus à temps par le gouvernement. Pour apaiser la colère des lycéens, les ministères chargés de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur se sont en effet engagés début octobre, à agir d’ici la fin du mois pour améliorer Parcoursup.

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