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Études de santé : comment le tutorat accompagne les étudiants en première année

Odile Gnanaprégassame
Publié le 15-09-2026

En bref

  • Le tutorat en études de santé accompagne les étudiants en PASS et LAS pour accéder à la deuxième année d'études de santé, dans l'une des filières MMOPK.
  • QCM, examens blancs, accompagnement personnalisé : le tutorat propose une préparation aux examens et épreuves de sélections, à un coût inférieur à celui d'une prépa privée.
  • En 2025, 92,5 % des admis en 2e année d'études de santé avaient bénéficié de ce dispositif.
Études de santé : comment le tutorat aide les étudiants en première année
Proposée par les associations étudiantes en santé, les tutorats santé accompagnent les étudiants de première année sur le plan pédagogique et psychologique. Crédit : Canva
À l'université, 54 % des tutorats en études de santé sont accessibles gratuitement. Crédit : Odile Gnanaprégassame - CIDJ

Études de santé : face à la sélection, le tutorat comme alternative aux prépas privées

Dense, exigeante et sélective, la première année pour accéder aux études de santé, que ce soit en PASS ou en L.AS, n’est pas de tout repos. Seuls deux étudiants sur cinq accèdent à la deuxième année. Et, pour corser les choses, le nombre de tentatives pour intégrer les filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie) reste limité à deux. 

La compétition est rude ! Pour se démarquer, certains étudiants optent en parallèle pour des préparations privées. Enfin, ceux qui en ont les moyens, car leur coût annuel varie de 750 à 15 550 euros, selon les estimations des associations étudiantes en santé.

Pourtant, il existe le tutorat d’entrée dans les études de santé, un dispositif d’accompagnement au sein des universités qui propose une préparation aux examens et aux épreuves de sélection, généralement à un coût bien inférieur à celui d'une prépa privée de médecine. 

« Nous proposons les mêmes services que les organismes privés, affirme Téo Mauguil, étudiant en 4e année de médecine et vice-président chargé des tutorats santé à l’ANEMF. Le tutorat repose sur la volonté d’étudiants en deuxième ou troisième année de transmettre à leurs pairs ce qu’ils ont appris ».

À la rentrée 2025, chaque tutorat comptait en moyenne 138 tutrices et tuteurs, selon un rapport publié en juin dernier. Ils ont ainsi accompagné 84 % des inscrits en PASS, L.AS ou LSPS (licence sciences pour la santé). Résultat : plus de neuf étudiants admis en deuxième année sur dix ont bénéficié du tutorat.

Son faible coût, 12 euros en moyenne l’année, en fait un dispositif abordable et vecteur d’égalité des chances. « 54 % des tutorats sont même gratuits », souligne Lucas Maurel, étudiant en 5e année et vice-président chargé des tutorats santé à l’ANEPF (association nationale des étudiants en pharmacie de France). Les inscrits en première année y accèdent sans conditions.

Tutorat santé : quelle préparation pour les examens ?

Stage de prérentrée au mois d’août, colles prenant la forme de QCM sur le modèle des épreuves du premier groupe, séances pédagogiques en petits effectifs, examens blancs, à l’écrit comme à l’oral, accompagnement personnalisé par un parrain ou une marraine… Lucas Maurel énumère les différentes missions du tutorat santé qui couvriraient selon lui les besoins des étudiants tout au long de l’année. 

Les étudiants de PASS ou L.AS accèdent également à des supports de cours et des fiches réalisés par les tuteurs, ainsi qu’aux annales, pour s’exercer à partir des sujets des sessions précédentes.« Nos supports pédagogiques sont validés par les enseignants en première année, au plus près de leurs attentes pour les épreuves, précise Téo Mauguil. Ce soutien des universités fait aussi la force des tutorats santé par rapport aux prépas privées ». 

Cependant, selon le rapport du tutorat, seuls 33 % des sujets des oraux blancs sont validés par les facultés de santé, 48 % ne bénéficient que de la validation des tutorats santé. Le rapport pointe d’ailleurs une « implication variable des facultés dans l’accompagnement des tutorats santé ».

Si, d’après Lucas Maurel, ces disparités tendent à se résorber, elles semblent malgré tout persister autour de l’organisation des oraux blancs dont 8 % « n’ont pu être organisés en raison d’une opposition de la faculté » révèle le document. 

Autre difficulté soulignée : la présence de tutorat de santé dans les antennes universitaires délocalisées « représente une lourde charge financière […] principal obstacle de leur mise en place ». Les associations étudiantes en santé appellent donc à la poursuite et au renforcement du soutien des universités, sur le plan logistique, matériel et financier.

Focus

Réforme des études de santé : un licence santé unique pour entrer en filière MMOPK

Une nouvelle réforme de la première année pour accéder aux études de santé doit voir le jour à la rentrée 2027. Ce projet prévoit la fin des Pass et des L.AS pour créer une licence santé unique, harmonisée à l'échelle nationale. 

« Les associations étudiantes en santé soutiennent le retour à une première année commune et unique, précise Lucas Maurel. Les tutorats santé préparent déjà leur évolution pour accompagner les étudiants lors de la mise en place de la réforme. »

Le tutorat en études de santé est-il vraiment efficace ?

« La très grande majorité des étudiants de première année bénéficiant du dispositif, nos statistiques de réussite se confondent avec celles de l’université », rappelle Lucas Maurel. Difficile donc de déterminer la part de réussite due au tutorat.

Sans compter que, parmi ces inscrits, certains suivent également des prépas privées. Là aussi, c’est statistique. « Les étudiants accompagnés par le tutorat santé sont libres de suivre conjointement une prépa privée, assure le responsable associatif. De notre côté, nous proposons une alternative qualitative qui dispose d’un agrément du ministère de l’enseignement supérieur ». Les tutorats santé plaident toutefois pour davantage de visibilité auprès des publics cibles, lycéens et étudiants, bien en amont de la rentrée universitaire.

Pour conclure, l'étudiant en pharmacie met en avant un autre indicateur : « l'impact significatif du tutorat sur le bien-être des étudiants ». Par son intensité, la première année pour accéder aux études de santé, que ce soit en PASS, LAS ou en LSP, peut isoler et affecter la santé mentale. Or bien vivre son année contribue aussi à la réussite.

Les tutorats santé prennent en compte cette dimension en proposant un soutien moral lors des permanences pédagogiques. Certains organisent même des permanences bien-être avec des tuteurs formés aux enjeux de santé mentale. Le rapport actuel n’en précise pas la proportion. « Nous allons prochainement publier un nouveau rapport sur l’impact de cet accompagnement », annonce Lucas Maurel.

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