Chasseur de têtes amoureuses : un nouveau job !

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Chasseur de têtes amoureuses : un nouveau job !

Vous connaissiez les chasseurs de têtes qui recrutent pour les entreprises, les coachs en séduction, les agences matrimoniales... Mais un nouveau métier qui mélange les genres est en train d'émerger : celui de chasseur de têtes amoureuses. Son objectif ? Trouver l'âme sœur de ses clients en appliquant des méthodes professionnelles de recrutement.

Fabiano Minciotti a créé en 2012 un cabinet de chasse de têtes amoureuses :  Alexander Bale. Un concept novateur, puisque c'est le premier du genre en France. Bruna Godino l’a rejoint quelques mois après la création.

Tous deux travaillaient auparavant dans le recrutement comme chasseurs de têtes pour les entreprises. Ils ont décidé de mettre à profit leur compétence pour l'adapter à la rencontre amoureuse. Et ça marche !

La chasse de têtes amoureuses, qu'est-ce-que c'est ?

Nous avons vraiment la même façon de travailler et la même méthodologie qu'un chasseur de têtes dans le secteur de l'emploi. Lorsqu'une personne célibataire vient nous voir, nous organisons un entretien pour analyser ses besoins, ses attentes, définir le profil du partenaire recherché, les valeurs auxquelles elle tient, le type de personnalité et de physique qu'elle attend.

L'idée est de définir son projet de vie et son mode de vie dans le détail. Nous définissons un cahier des charges, comme lorsqu'une entreprise cherche telle ou telle compétence. Si le profil recherché nous semble cohérent et réaliste, nous nous mettons en recherche en utilisant différents "sourcings" (moyens de recherche).

Concrètement, comment chassez-vous les cœurs à prendre ?

La méthode la plus atypique peut-être, qui surprend, c'est l'approche directe. Nous allons à des évènements festifs : soirées, vernissages d'expositions, conférences, cocktails… où nous estimons qu'il y a une forte probabilité de rencontrer des célibataires.

Moi j'approche les hommes, et Bruna va au contact des femmes. Nous jouons la transparence, ce n'est pas de la drague dissimulée. Nous expliquons que nous travaillons pour un cabinet de chasse de têtes amoureuses, nous demandons si la personne est célibataire et si elle serait intéressée par nos services. En général, nous sommes bien accueillis par les personnes que nous approchons.

Avez-vous d'autres méthodes pour repérer les célibataires ?

Oui, bien sûr, nous utilisons aussi beaucoup les réseaux sociaux et approchons les personnes via leurs profils. Nous avons également un réseau d’"Ambassadeurs" : des anciens chasseurs de têtes, des gens qui travaillent dans l'évènementiel, des journalistes, des coachs, des psychologues...  Tous ces professionnels ont un gros carnet d'adresses et ils nous aident à étoffer nos contacts.

Une fois que vous pensez avoir trouvé deux profils compatibles, que se passe-t-il ?

Si on estime qu'il y a une belle cohérence entre ces deux personnes, nous donnons les numéros de téléphone respectifs et quelques informations, mais pas trop pour laisser la magie de la rencontre opérer. C'est toujours l'homme qui va appeler en premier.

Pourquoi une telle règle ?

C'est un peu la tradition et les retours que nous avons confirmeraient que les femmes préfèrent que ce soit l'homme qui fasse le premier pas, pour les inviter à prendre un verre. Le lendemain nous rappelons les deux personnes pour faire un débriefing et envisager la suite.

Quelle formation pour devenir chasseur de têtes amoureuses ?

Il peut y avoir plusieurs profils possibles. C'est vrai que les personnes qui ont une expérience en chasse de têtes, ressources humaines, "outplacement" ou en bilan de compétences ont des facilités vis-à-vis de ce nouveau métier. Mais un candidat qui a un parcours en psychologie par exemple est aussi capable d'analyser les besoins des clients et peut être un profil intéressant.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut bien sûr de l'empathie, un sens de l'écoute, de la psychologie et beaucoup d'intuition pour bien sentir si ça peut "matcher" entre deux personnes. Il faut également avoir une fibre commerciale. Une bonne organisation est indispensable, car il faut suivre des dizaines de personnes en parallèle et il n'est pas question de s'emmêler les pinceaux. Il faut être imaginatif, un peu culotté, avoir le sens du contact et la capacité à aborder les gens.

Comment envisagez-vous l'avenir de cette profession ?

Nous avons dans l'idée de développer un outil informatique qui nous permette ensuite de créer un réseau de franchises, car nous avons aussi beaucoup de demandes en province. Notre métier répond à une forte demande. Entre les déçus des sites de rencontres et les cadres supérieurs débordés, de plus en plus de célibataires ont besoin d'être accompagnés dans la gestion de leur vie amoureuse.

Propos recueillis en 2014

Laura El Feky © CIDJ
Article créé le 10-02-2014 / mis à jour le 27/02/2018