PISA 2025 : en maths et en lecture, le niveau des élèves français continue de chuter
En bref
- Publiée tous les trois ans, l'enquête internationale Pisa mesure les compétences des élèves de 15 ans en sciences, mathématiques et en français.
- Les scores français en compréhension de l’écrit et en mathématiques n’ont jamais été aussi bas depuis le lancement de l’enquête, en 2000. La France perd ainsi 16 points par rapport à 2022 et passe sous la moyenne de l'OCDE.
- Ces nouveaux résultats viennent appuyer le recul des performances scolaires dans la plupart des pays de l’OCDE.
Le constat est sans appel. En dix ans, les niveaux moyens en mathématiques et en compréhension de l’écrit ont largement chuté dans les pays de l’OCDE, selon la nouvelle édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans (Pisa) dévoilée ce mardi 8 septembre.
Réalisée tous les trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l'enquête évalue les compétences en culture scientifique, mathématique et compréhension de l’écrit de plus de 760 000 élèves de 91 pays.
Concrètement, les scores ont reculé de 22 points en mathématiques et de 28 points en lecture entre 2015 et 2025. En sciences, le recul est plus modéré, avec seulement 7 points de baisse sur la même période. L’enquête estime que 20% des élèves évalués sont peu compétents dans ces trois domaines, contre 16% en 2022.
Pisa 2025 : la France à la 27e position
Classement Pisa 2025 | Pays |
1 | Chine |
2 | Singapour |
3 | Macao |
4 | Taïwan |
5 | Japon |
6 | Estonie (1er pays européen) |
8 | Royaume-Uni |
12 | Finlande |
27 | France |
Maths, lecture : les résultats des élèves français reculent encore
En 2025, 6 501 jeunes Français de seconde générale ou professionnelle ou de première année de CAP ont participé à ce test. L’enquête vise à évaluer leur capacité à mobiliser leurs compétences dans des situations de vie quotidienne, et non leur maîtrise du programme scolaire.
Il s’agit par exemple de réussir à identifier des informations dans un graphique scientifique, ou de saisir le rapport entre quantité et prix en mathématiques, des « tâches qui font partie de notre quotidien », lors de ses courses par exemple.
Dans ce nouveau classement, la France se positionne autour du 27e rang. Si les scores sont quasi stables en sciences (-4 points), ils reculent nettement en compréhension de l’écrit (-18 points) et en mathématiques (-16 points) depuis 2022. Dans ce dernier domaine, la France perd huit places et se positionne légèrement en dessous de la moyenne de l’OCDE.
De manière générale, le rapport démontre que les scores moyens en mathématiques ont chuté de 22 points dans l’OCDE, « soit l’équivalent d’un peu plus d’une année d’apprentissage », détaille Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE. Ces données s’accompagnent d’une augmentation de la part des élèves en grande difficulté : en maths et en français, ils représentent plus d’un tiers des jeunes évalués en France.
Focus
PISA 2025 : les pays d’Asie toujours parmi les mieux classés
Depuis deux éditions, l’Asie domine le classement. La tête de classement pour les trois domaines se compose de la Chine (avec quatre régions développées testées), suivie de Singapour et du Japon.
Le Rwanda occupe la dernière place, tandis que d’autres pays africains et d’Asie centrale complètent la fin de liste : le Tadjikistan en 90e position, le Kenya en 89e, la Zambie en 88e et le Maroc en 83e.
L’Estonie occupe la première place des pays européens en se plaçant en 6e position sur le classement général. Parmi le top 10 des nations européennes, le Royaume-Uni (8e), la Finlande (12e) et la Suisse (14e) tirent leur épingle du classement.
Pourquoi le niveau des élèves français baisse-t-il ?
Si les précédentes baisses pouvaient être expliquées par les effets de la crise sanitaire, ces nouveaux résultats viennent confirmer le décrochage français et mondial. Le rapport pointe du doigt des facteurs extérieurs, comme les inégalités sociales.
La France continue de faire partie des pays de l’OCDE ayant de fortes disparités de performances selon les origines sociales des élèves. Par exemple, un quart des élèves les plus favorisés devance de 100 points celui des élèves les moins favorisés en sciences. Pourtant, l’écart tend à se tasser, avec une baisse des résultats des élèves les plus favorisés. Sur les inégalités de genre, les filles sont meilleures que les garçons en compréhension de l’écrit tandis que ces derniers les devancent en mathématiques.
Le manque de moyens humains et matériels a aussi été évalué par le classement. En France, 45% des élèves étaient scolarisés dans un établissement concerné par un manque de personnel enseignant. Un chiffre inférieur à la dernière évaluation (où il était de 67%), mais supérieur à la moyenne de l’OCDE.
Concernant les ressources matérielles, environ 20% des élèves sont touchés par le manque de matériel pédagogique, comme des manuels scolaires, un équipement informatique ou de laboratoire. Ils n’étaient que 15% de jeunes concernés en 2022.
D’autres éléments, extérieurs à la vie scolaire, ont un impact sur le niveau des élèves. La place du numérique est particulièrement visée. En compréhension de l’écrit, l’essor du numérique, l’allongement du temps passé devant les écrans et le recul de la lecture pour le plaisir coïncident avec une diminution des résultats en littérature.
L’OCDE alerte également sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre scolaire, dénonçant une corrélation entre l’utilisation accrue de l’IA et de faibles résultats en science : « Ceux qui n’utilisent pas l’IA les devancent en moyenne d’une vingtaine de points – soit l’équivalent d’environ une année de scolarité ». En nuançant ce propos : les élèves utilisant l’IA à « des fins plus générales » obtiennent des résultats comparables aux autres.