Bac général La spécialité maths toujours en tête, sauf chez les filles

Laura El Feky
Publié le 28-04-2026

En bref

  • Malgré leur retour en tronc commun et une épreuve anticipée au bac en 1re, les maths décrochent en terminale : près d'un élève sur trois abandonne la spécialité.
  • Cela va jusqu'à 42% chez les filles et celles-ci privilégient l'option maths complémentaires.
  • Selon une note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), filles et garçons font globalement les mêmes choix de spécialités au bac général, mais pas dans le même ordre.
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Alors que les filles représentent plus de la moitié des élèves de terminale générale, elles sont largement surreprésentées dans les disciplines littéraires et artistiques. Crédit : Vitaly Gariev / Unsplash

Maths, SES et physique-chimie : le trio de tête

Chaque année, c’est le grand casse-tête pour les lycéens : choisir leurs 3 enseignements de spécialité en première parmi les 13 proposés, avant d’en conserver 2 en terminale. À la rentrée 2025, les grandes tendances restent assez stables par rapport à l’année d'avant. Sans surprise, les 6 disciplines les plus choisies sont celles présentes dans la majorité des lycées : mathématiques, sciences économiques et sociales (SES), physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre (SVT), histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) et langues, littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER). Si ces spécialités dominent aussi bien chez les filles que chez les garçons, leur classement diffère. Chez les filles, les SES décrochent la palme, choisies par 37,1 % juste devant les maths (33,7 %), puis SVT, physique-chimie et HGGSP. Chez les garçons, ce sont les maths qui trônent en tête (58,8 %), suivies par physique-chimie (38,9 %) et SES (32 %), tandis que SVT et HGGSP ferment la marche avec environ 19,5 % chacun. Enfin, la spécialité LLCER, 6e dans les deux cas, attire davantage les filles (21,5 %) que les garçons (11,6 %).

Les filles abandonnent plus souvent les maths

Entre la première et la terminale, les élèves doivent abandonner l’une de leurs trois spécialités. Et certaines disciplines sont plus souvent délaissées que d’autres. Les sciences de l’ingénieur (SI), le numérique et sciences informatiques (NSI) ou encore les langues et cultures de l’Antiquité (LLCA) figurent parmi les spécialités les plus fréquemment abandonnées. Les mathématiques occupent toutefois une place particulière. Revenues dans le tronc commun de 1re et faisant désormais l’objet d’une épreuve anticipée au bac, elles restent très choisies. Mais environ un tiers des élèves qui avaient opté pour cette spécialité en 1re y renoncent en terminale. Le taux d’abandon atteint même 42% chez les filles, soit près de 52 000 élèves à la rentrée 2025 sur un peu plus de 122 000 inscrits l'année précédente en première.

Alors que les filles représentent plus de la moitié des élèves de terminale générale, elles sont largement surreprésentées dans les disciplines littéraires et artistiques. Ainsi, elles composent plus de 80 % des effectifs de la spécialité humanités, littérature et philosophie (HLP). Elles sont également majoritaires en langues, littératures et cultures de l’Antiquité, en LLCER (70%) et dans une moindre mesure en SVT, HGGSP et SES. À l’inverse, elles restent très minoritaires dans plusieurs spécialités scientifiques : elles ne représentent ainsi qu’environ 15 % des élèves en numérique et sciences informatiques (NSI) ou en sciences de l’ingénieur.

Des écarts qui se prolongent dans les options

Les écarts se retrouvent aussi dans les enseignements optionnels. Les filles choisissent légèrement moins souvent que les garçons d’en suivre un. Elles sont toutefois surreprésentées dans l’option « mathématiques complémentaires », souvent choisie par les élèves qui poursuivent des études scientifiques sans conserver la spécialité maths en terminale : elles y représentent environ 60% des effectifs. A l'inverse, elles restent nettement minoritaires dans l’option « mathématiques expertes », où elles ne représentent qu’environ un tiers des élèves. Autant d'éléments qui montrent que les choix d'orientation restent largement genrés. Preuve que la réforme n'a pas (encore) totalement rebattu les cartes.

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