Encore un verre ? Dry January : 5 clichés sur l’alcool passés à la loupe

Perrine Basset Fériot
Publié le 23-01-2026

En bref

  • Boire du vin pour protéger sa santé, une cuillère d'huile d’olive ou une tasse de café pour contrer une gueule de bois...
  • En janvier, le Dry january, ou le défi du mois sans alcool, invite chacun à repenser sa consommation d’alcool.
  • Amine Benyamina, président de l’association Addictions France, psychiatre addictologue et professeur à l'université Paris-Saclay, démêle cinq clichés sur l'alcool.
Le Dry January, ou le Défi de janvier, consiste à tenter de ne pas boire pendant un mois.
Le Dry January, ou le défi de janvier, consiste à tenter de ne pas boire pendant un mois. Crédit : Perrine Basset Fériot - CIDJ
Entre clichés et anciennes mœurs, les jeunes tentent de démêler le vrai du faux ! Crédit : Perrine Basset Fériot - CIDJ

Cliché n°1 : manger avant de boire de l’alcool permet de moins ressentir les effets

Amine Benyamina, président de l’association Addictions France : C’est à la fois vrai et faux. Lorsqu'on a le ventre plein, les effets de l’alcool arrivent plus lentement. Notre organisme est occupé à digérer la nourriture ingérée, permettant donc à l'éthanol d'arriver moins rapidement au niveau du cerveau. Dans une démarche de réduction des risques, j’encourage aussi les consommateurs à bien s'hydrater lorsqu'ils ont bu, afin de moins ressentir la déshydratation ensuite.

Cliché n°2 : il existe des astuces pour éliminer les effets de l’alcool rapidement

A.B. : Sur cette question, la principale chose à retenir est qu'il n'existe aucun produit pour accélérer l'élimination de l'alcool. En effet, certains produits permettent de mieux supporter la consommation de l'alcool, mais en aucun cas cela en élimine les effets. Boire du café, ou de l’huile d’olive… Ces « astuces », souvent citées par les jeunes, sont inutiles. Si vous êtes contrôlés par un gendarme alors que vous avez consommé de l'alcool, il saura exactement quelle quantité d'alcool, vous avez ingérée. Les produits qui « fonctionnent » n’auront d'effet que sur la manière dont vous allez résister le lendemain : si vous vous levez avec un mal de crâne ou non, un mal de ventre, des brûlures gastriques…

Cliché n°3 : je n’ai pas de problème avec l’alcool si je ne bois pas tous les jours

A.B. : Ce n’est pas le fait de boire tous les jours qui fait de nous une personne qui a un problème avec l'alcool. Cependant, c'est un critère qui pèse. Pour questionner sa consommation, il faut réfléchir à la relation que l’on entretient avec l'alcool. Ce rapport signe plus ou moins la pathologie alcoolique. Est-ce que j’y pense tout le temps ? Est-ce que je ressens encore un sentiment de liberté vis-à-vis de ma consommation ? Est-ce que je privilégie ma consommation d’alcool par rapport à d’autres activités, comme le sport, voir des amis ? Si on coche ces cases, on risque de passer d’un usage à un abus, puis d’un abus à une dépendance. C’est l’incapacité à maîtriser notre consommation d’alcool qui se révèle dangereuse.

Cliché n°4 : arrêter de boire de l’alcool améliore la qualité du sommeil

A.B. : Là-dessus, les rapports sont très clairs : l’alcool est un destructeur de l'architecture physiologique du sommeil. Même si on a l’impression de bien dormir après une soirée alcoolisée, c’est un mythe : on ne dort pas, on est sous « sédatif ». C'est comme si on avait pris un anesthésique. Lorsque l'alcool s'évapore dans notre tête, on se réveille souvent en étant encore fatigué. L’alcool détruit le sommeil, car on ne rêve pas, on n'a pas de trouble paradoxal, on n’obtient aucun sommeil réparateur…  L'alcool, c'est l'ennemi du sommeil et l'ennemi du repos.

Cliché n°5 : boire un verre de vin par jour est bon pour la santé

A.B. : C'est absolument faux : toute prise d'alcool déclenche un risque. Cette idée reçue, qu’on appelle « flash paradoxe », consiste à boire de l’alcool et manger gras tout en restant en bonne santé et en ayant un cœur solide. Elle a beaucoup été distillée par les lobbies de l’alcool en France, mais elle est bien sûr inexacte. Même en buvant de petites quantités, l’alcool reste nocif. Parce que la petite quantité appelle à de grosses quantités. Et bien qu'une petite quantité est associée à un petit risque, le risque existe quand même.

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