Casse-tête

Crise du logement : un mois après la rentrée, des jeunes cherchent toujours un toit

Zoé Ruffy
Publié le 23-09-2026

En bref

  • Pour beaucoup d'étudiants et jeunes actifs, la rentrée ne rime pas avec installation, mais avec recherche interminable d’un logement.
  • Face à un marché locatif saturé et à des exigences de garanties souvent difficiles à remplir, certains se retrouvent sans solution durable pour se loger plusieurs semaines après le début des cours.
  • Plusieurs associations alertent sur une crise du logement qui fragilise particulièrement les nouveaux entrants dans l’autonomie.
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Yasmina, étudiante en informatique, cherche un logement depuis trois mois sans succès. Crédit : Zoé Ruffy - CIDJ

« On m’avait prévenue que ce serait dur, mais c’est carrément impossible ! » La rentrée de Yasmina, 20 ans, ne se déroule pas comme prévu. Arrivée des Antilles en région parisienne, l’étudiante en informatique est hébergée chez un ami, le temps de trouver son propre toit. Mais après trois mois de recherches infructueuses, l’étudiante ultramarine commence à désespérer. « Soit le garant n’a pas les revenus nécessaires, soit le logement a déjà été pourvu », raconte-t-elle.

Avec la rentrée, alors que la tension sur le marché locatif, en particulier dans les grandes villes, reste forte, la recherche de son logement étudiant devient une activité à part entière. « Je passe des heures à éplucher des annonces, en plus des cours et de mon alternance », déplore la jeune femme, qui peine à se projeter dans sa nouvelle vie francilienne.

VIDÉO : Pourquoi est-il si difficile de trouver un logement après la rentrée ?

Plusieurs jeunes, étudiants et jeunes diplômés, racontent leurs recherches de logement, leurs refus et les solutions qu’ils ont dû envisager. 

Des solutions de logement qui ne suffisent plus face à la demande

Face à la demande, les dispositifs existants peinent à répondre à tous les besoins. Un constat partagé par les associations spécialisées dans l'accès au logement des jeunes : « Même les solutions de colocation ou d'hébergements solidaires ne suffisent plus à compenser la pénurie », déplore Martine Chastre, présidente du Comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ) de Paris.

En septembre, l’association a cosigné, avec plusieurs autres organismes, un communiqué d’alerte sur les difficultés d’accès au logement rencontrées par les jeunes. Leur constat : « les plus jeunes deviennent les premières victimes de la crise du logement. » Le communiqué appelle notamment à développer l’offre de logements sociaux et à renforcer les dispositifs d’accompagnement.

En attendant, quelques réflexes peuvent faciliter les recherches

Si les associations ne peuvent pas résoudre à elles seules la pénurie de logements, elles peuvent aider les candidats à optimiser leurs démarches.

  • Préparer un dossier locatif complet avant les visites

« Il faut un dossier prêt et à jour », insiste Martine Chastre. Pièces d’identité, justificatifs de revenus, documents relatifs au garant et quittances de loyer doivent être rassemblés à l’avance. « Quand un partenaire propose un logement au CLLAJ, la réponse doit être immédiate et complète. » Faire relire son dossier par un conseiller du CLLAJ ou d’une autre association spécialisée permet également de repérer d’éventuelles erreurs et de mieux comprendre les attentes des bailleurs.

  • Élargir sa recherche d’appartement pour trouver un studio

Pour les jeunes confrontés à des exigences de revenus ou de garanties difficiles à remplir, le CLLAJ peut également aider à identifier les dispositifs adaptés. Autre conseil de Martine Chastre : revoir ses critères prioritaires. « Étant donné la situation, on ne trouvera jamais le parfait studio dans le 6e arrondissement de Paris. »

Accepter de chercher dans d’autres quartiers ou en périphérie de sa ville peut ouvrir davantage de possibilités. Une recherche élargie, associée à une anticipation des démarches, permet parfois de réduire les délais.

  • Location : les réflexes pour éviter les arnaques au logement

Dans l’urgence, certains candidats peuvent être tentés d’accepter des offres douteuses. « Ne versez jamais d’argent avant d’avoir signé un contrat », martèle la présidente du CLLAJ Paris.

Les candidats doivent également rester attentifs aux documents demandés par les propriétaires ou les intermédiaires. Certains justificatifs ne peuvent pas légalement être exigés dans le cadre d’une candidature à la location (RIB, photo, attestation d’absence de crédit en cours…).

Lors d’une visite, mieux vaut enfin inspecter attentivement le logement : humidité, ventilation, état général des équipements… autant de points à vérifier avant de s’engager. « Dans le parc privé, on ne voit que trop de logements insalubres », constate Martine Chastre, pour qui la vigilance est de mise alors que la crise est partie pour durer.

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