Projets de rentrée contrariés : « J’ai le bac et je me retrouve sans rien »
En bref
- Un mois après la rentrée, Clémence, Angéline, Louis et Sarah recherchent toujours une formation, une alternance ou un emploi.
- Face aux refus sur Parcoursup et aux difficultés à trouver un employeur, ces jeunes s’accrochent à leur projet et continuent de multiplier les pistes.
- Tous envisagent un plan B, comme un emploi temporaire, une nouvelle candidature sur Parcoursup, des stages ou du freelance, pour mettre cette année à profit et ne pas perdre de temps.
Le mois de septembre sonne habituellement la reprise. Études, alternance, premier emploi, chacun est occupé à poursuivre son parcours. Mais, pour Clémence, Louis, Angéline et Sarah, la rentrée est contrariée.
Les deux premiers cherchent encore une place en études supérieures, Angéline recherche un employeur pour une alternance et Sarah son premier emploi. Entre doutes et espoirs, leur quotidien se résume en un mot : persévérer. Objectif : tout faire pour rendre cette année utile à leur projet. Ils frappent aux portes des universités, multiplient les candidatures, élaborent des stratégies pour rebondir.
Parcoursup 2026 : quand des jeunes se retrouvent sans formation
La procédure Parcoursup n’aboutit pas toujours au résultat espéré. Même lors de la deuxième tentative. Bachelière depuis l’année dernière, Clémence en sait quelque chose. C’est par défaut qu’elle intègre une licence LEA qu’elle abandonnera au bout d’un mois, ne s’y plaisant pas.
Plutôt que de tenter immédiatement une réorientation, elle opte pour un service civique : « J’étais ambassadrice à l'éveil artistique et culturel dans une crèche », raconte-t-elle. L’expérience la conforte dans sa volonté de travailler dans ce domaine.
À la session 2026 de Parcoursup, elle formule donc des vœux, notamment en licence médiation culturelle. Sans succès. Pour autant, elle ne participe pas à la phase complémentaire, les formations disponibles ne l’intéressant pas. « Je pensais que mon service civique serait un avantage », confie-t-elle, déçue. La situation l’amène à douter de son projet.
La plateforme d’orientation post-bac a réservé bien des (mauvaises) surprises à Louis, 17 ans, qui a obtenu son bac avec la mention assez bien. Sur liste d’attente dans la plupart de ses vœux en phase principale, il reçoit une proposition d’admission dans une prépa lettres. Sa joie est de courte durée : la formation coûte assez cher car dispensée dans un établissement privé.
Une information qui n’avait pas sauté aux yeux du jeune homme au moment de formuler ses vœux. Sa famille ne pouvant s’acquitter de ces frais, il refuse cette proposition. En phase complémentaire, ses vœux en BUT GEA sont acceptés. Problème : il ne réalise que tardivement que l’accès à ces BUT est conditionné à la signature d’un contrat d’alternance de trois ans. « C’est presque impossible à trouver, estime Louis, encore moins dans le délai de deux mois imposé ».
Vidéo : Sans formation, sans alternance ou sans emploi : ils racontent leur rentrée
Alternance, premier emploi : quand trouver un employeur devient difficile
Peu de postes pour beaucoup de demandes. Depuis que les aides de l’État ont drastiquement diminué, l’alternance est devenue très concurrentielle. Louis en fait les frais : « les trois IUT qui m’ont accepté viennent de m’apprendre qu’ils sont déjà complets, donc j'ai le bac et je me retrouve sans rien ».
Angéline, 22 ans, galère aussi à trouver un employeur. « Je ne comprends pas ce qui peut bloquer, s’interroge-t-elle. J’ai ma place en formation, je suis motivée ». Les refus des entreprises, sans autre explication, ne l’aident pas à ajuster ses candidatures. Mais rien ne semble entamer son envie de devenir animatrice socio-éducative et culturelle. « C’est vraiment ce que je veux faire, alors j’y crois ».
Un état d’esprit partagé par Sarah, 24 ans, récemment diplômée en design multimédia. Lancées depuis quatre mois, ses recherches restent infructueuses. « La clé, c’est la visibilité, analyse-t-elle. Et dans ce secteur bouché, il faut se démarquer ». Son quotidien se partage entre les réponses aux offres d’emploi et l’élaboration de son portfolio en ligne. « Je crée des projets fictifs que je pourrai montrer aux recruteurs ».
Après un refus sur Parcoursup ou sans alternance : quels plans B ?
Face à ces projets qui n’aboutissent pas, Clémence, Angéline, Louis et Sarah se donnent une deadline. Après ça, ils ajusteront leurs projets. Louis et Clémence font le tour des universités en espérant qu’une place se libère. « J’attends deux semaines, explique Louis, après je chercherai un CDD et je retenterai Parcoursup l’année prochaine ».
Si elle n’obtient pas de place en formation d’ici un mois, Clémence prévoit de multiplier les expériences et les stages pour découvrir ce qui la passionne vraiment. « Peut-être que l’université, c’est pas pour moi », conclut-elle. En tout cas, cette année sera celle des découvertes.
Angéline compte bien profiter des deux mois dont elle dispose après le début de sa formation pour trouver un employeur en alternance. Et si ça ne marche pas ? « Je trouverai un emploi alimentaire et je retenterai l’année prochaine ». Sarah continue de postuler. Son dernier recours ? Se mettre en freelance en parallèle d’un job alimentaire ou d’une nouvelle formation de spécialisation dans le design multimédia.