Espionnage dans le couple Si j'ai besoin de surveiller, c'est que je me sens vulnérable
En bref
- Trop connectés, pas assez impliqués : la GenZ, ce n’est pas ça !
- À micro tendu, vous parlez de vie intime, d’études, de boulot, de santé…
- Pas de vérité universelle ni de leçon toute faite, mais vous avez le dernier mot.
Jalousie 2.0 : comment le téléphone transforme nos relations
À l’ère du tout-numérique, la frontière entre vie privée et vie amoureuse s’amincit. Entre géolocalisation, messages privés, stories et likes, votre relation se joue désormais aussi sur les écrans, et certains seraient tentés d’aller vérifier ce qui se passe dans le téléphone de leur partenaire. « Je ne suis pas bien avec moi-même donc j’ai besoin de tout contrôler », « c’est parce que je me sens vulnérable »… Alexandra, Ophélia, Cassidy, Martin et d’autres jeunes se confient à la rédaction de cidj.com sur les raisons qui les poussent à pratiquer, ou non, ce qu’on appelle le « snooping ».
Manque de confiance en soi, communication fragile dans le couple ou peur d’être trompé(e), la tentation de vérifier le smartphone de l’autre provient avant tout d’insécurités : « j’ai des doutes, j’aimerais bien que tu me montres ton téléphone ». Le téléphone devient un moyen de chercher des réponses sans avoir à poser les questions délicates. Néanmoins, plusieurs des jeunes interrogés le soulignent : fouiller, c’est aussi admettre que le dialogue est en panne.
D’autres, en revanche, refusent catégoriquement cette intrusion. « Je n’aime pas ce principe », « ça n’a aucun sens », nous disent Élodie et Marie-Anne. Pour elles et bien d’autres, la confiance et le respect de l’intimité sont les piliers d’un couple sain. Même si partager son code de téléphone peut faciliter le quotidien, les jeunes interviewés rappellent que cela n’autorise pas un accès illimité à la vie privée de l’autre.
Les réseaux sociaux, quant à eux, transforment les relations en exposant chaque like, chaque abonnement, ce qui suffit parfois à déclencher des scénarios anxiogènes. Pourtant, aimer une publication ne signifie pas infidélité : « on peut apprécier la beauté de quelqu’un sans que ça n’engage rien d’autre. Comme on irait au musée », explique Arnaud. Selon lui, les réseaux sociaux n’ont pas inventé la jalousie, par contre ils peuvent la nourrir.
Il y a bien une chose sur laquelle tous s’accordent : la communication reste la clé ! Poser ses limites dès le début, exprimer ses besoins sans imposer de contrôle et, surtout, ne pas laisser le téléphone remplacer les échanges réels. Car si les écrans peuvent parfois semer la discorde, ils permettent aujourd’hui à beaucoup de se rencontrer.
Vous aussi vous fliquez votre partenaire ?
Quoi ? Selon une enquête de l'Ifop pour le Journal du Geek, 57% des jeunes de moins de 25 ans ont déjà été victimes de "snooping", une pratique qui consiste à fouiller dans le téléphone de son partenaire sans son consentement.
Pourquoi ? Cette pratique reflète souvent un manque de confiance, de la jalousie ou un désir de contrôle dans la relation. Elle peut être motivée par la curiosité ou la suspicion d'infidélité. Dans 50% des cas, les personnes qui ont pratiqué le "snooping" ont découvert que leur partenaire leur cachait quelque chose.
Qui ? Cette pratique concerne particulièrement les jeunes et les femmes :
- 40% des Français en couple ont déjà espionné le smartphone de leur partenaire.
- 67% des femmes de moins de 35 ans l'ont déjà fait.
- 57% des moins de 25 ans ont été victimes d'une violation de leur intimité numérique par leur partenaire.
Quand ? L'étude de l'Ifop pour Le Journal du Geek a été réalisée en avril 2023, révélant une tendance croissante.
Où ? Le "snooping" se produit principalement via :
- Le téléphone portable du partenaire (messages, photos, applications).
- Les réseaux sociaux (personnes suivies, likes, activité).
- La géolocalisation (10% des sondés ont constaté l'installation d'un système de géolocalisation sur leur appareil).
Focus
Le saviez-vous ?
Bien que la loi contre les violences conjugales (2020) interdise “l’espionnage numérique” du conjoint en le punissant d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, cette forme de cyberviolence conjugale semble se banaliser dans l'ensemble de la population.