C’est sa formation Chloé, 21 ans, étudiante ingénieure en télécommunication
En bref
- Chloé est en 4e année de télécommunication à l’IPSA et secrétaire de l’association d’astronomie IPSA VEGA.
- Accessible après le bac via Parcoursup, cette école d’ingénieurs permet une spécialisation progressive en 5 ans, avec le choix d’une majeure en 4e année.
- Entre vie associative, semestre à l’étranger et double diplôme, la formation dépasse largement le cadre des cours.
Des étoiles plein les yeux aux bancs d'une école d'ingénieurs
En avril 2026, la mission Artemis II marque le retour des vols habités autour de la Lune, plus de cinquante ans après Apollo 17. Quelques semaines plus tôt, Sophie Adenot devenait la deuxième femme française à rejoindre l'espace. Un contexte qui fait rêver toute une génération — dont Chloé, 21 ans, aujourd'hui en 4e année à l'IPSA. Mais pour elle, la vocation remonte à bien plus loin. Enfant, sa grand-mère l'emmenait régulièrement dans un observatoire. C'est là que Chloé a attrapé le virus de l'astronomie. « J'ai toujours aimé lever les yeux vers le ciel et les étoiles », raconte-t-elle. Une passion qui ne l'a plus quittée.
Au lycée, elle choisit logiquement les spécialités mathématiques, physique et informatique. Elle bénéficie aussi d'un coup de pouce décisif : grâce à l'association Capital Filles, qui encourage les jeunes femmes à s'orienter vers les sciences, elle rencontre une ingénieure travaillant pour Ariane. « Ça m'a vraiment confortée dans mon choix. » Parmi ses figures d'inspiration, elle cite Thomas Pesquet, mais aussi l'astrophysicienne Jocelyn Bell Burnell, découvreuse des pulsars.
Si Chloé envisageait l'université pour faire de l'astrophysique, elle postule finalement à l'IPSA (Institut Polytechnique des Sciences Avancées) via Parcoursup. L'école, spécialisée en aéronautique et spatial, propose une formation d'ingénieur en cinq ans. Une fois admise, elle ne regrette pas son choix.
Cinq ans de formation, une spécialisation progressive
Le cursus s'organise en deux temps. Les deux premières années correspondent à une prépa intégrée généraliste (mécanique, physique, informatique) qui permet d'acquérir des bases solides communes à toute la promotion. À partir de la 3e année, les étudiants entrent dans le cycle ingénieur : ils se spécialisent une première fois (mécanique ou systèmes embarqués), avant de choisir une majeure en 4e année. Chloé opte alors pour la télécommunication, rattachée à la filière systèmes embarqués.
Le rythme peut surprendre au départ. « Parfois, on n'a pas grand-chose à faire, et parfois on est complètement sous l'eau », explique-t-elle. Il faut apprendre à s'organiser — et cultiver la patience, notamment pour les matières qui passionnent moins. Les cours alternent théorie et travaux pratiques sur ordinateur, avec en parallèle une demi-journée dédiée aux associations étudiantes, un équilibre qu'elle apprécie particulièrement.
L'ouverture sur le monde fait partie intégrante du parcours : un semestre à l'étranger, désormais intégré à la 3e année, est obligatoire. Chloé a effectué le sien à Swansea, au Pays de Galles, où elle a suivi des cours d'électronique, d'électromagnétisme et d'intelligence artificielle — des matières qu'elle a pu choisir librement. « C'est vraiment enrichissant », conclut-elle.
L'expérience lui a tellement plu qu'elle repart l'année prochaine pour un double diplôme près de Birmingham, au Royaume-Uni. Un avantage non négligeable sur le CV : deux diplômes obtenus en un an, grâce aux nombreux partenariats qu'entretient l'IPSA avec des établissements étrangers.
Télécommunication : des débouchés variés
Contrairement aux idées reçues, la spécialisation en télécommunication ne se limite pas à l'aéronautique. Les débouchés couvrent des domaines variés : systèmes embarqués, programmation sur cartes électroniques, téléphonie, défense… « Il y a plein d'applications », résume Chloé.
À terme, elle espère aussi pouvoir conjuguer cette expertise avec sa passion pour l'espace, en se tournant vers la radioastronomie. Elle s'investit déjà dans cette voie à travers IPSA VEGA, l'association d'astronomie et d'astrophotographie de l'école, dont elle est secrétaire. L'association se déplace dans des observatoires d'Île-de-France, collecte des données, produit des images publiées sur les réseaux, et présente chaque année ses travaux à des professionnels et amateurs. Ses publications paraissent dans des revues scientifiques de référence — un vrai atout pour quiconque envisage un doctorat.
L'école encourage aussi les expériences professionnelles dès les premières années. Chloé a réalisé un stage chez Thales en 2e année, dans le domaine de l'optique. D'autres associations, comme IPSA Flight ou AéroIPSA, permettent aux étudiants de participer à des projets concrets, parfois présentés dans des événements majeurs comme le salon du Bourget.
Un secteur qui se féminise
Dans un secteur encore majoritairement masculin, Chloé observe néanmoins une évolution positive. En quatre ans, elle a vu les promotions se féminiser : « Il y a de plus en plus de filles, et les entreprises cherchent à recruter des femmes. » Une tendance encourageante, à laquelle des dispositifs comme Capital Filles contribuent activement.
À celles et ceux qui hésitent encore, Chloé est sans ambages : peu importe l'issue, on n'a rien à perdre à tenter.