Bac philo 2026 Découvrez les sujets de l'épreuve de philosophie !

Odile Gnanaprégassame
Publié le 15-06-2026

En bref

  • Ce lundi 15 juin, l'épreuve de philosophie marque la dernière ligne droite pour les candidats au bac !
  • Plus de 530 000 élèves de terminale générale et technologique planchent durant quatre heures.
  • Au choix, cette année, des sujets de dissertation sur le bonheur, la parole, la technique ou la vérité, et côté explication de texte, des écrits de Friedrich Nietzsche ou de Paul Ricœur à analyser.
Bac de philosophie 2026 : décrouvrez les sujets !
L'épreuve de philosophie marque le début des épreuves finales du bac. Crédit : Ben Mullins - Unsplash

Bac de philosophie : les sujets de la filière générale

Les candidats de la filière générale du baccalauréat ont le choix parmi deux sujets de dissertation et un commentaire de texte.

  • Sujet de dissertation numéro 1 :

Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?

  • Sujet de dissertation numéro 2 :

Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?

  • Sujet 3 : le commentaire porte sur un extrait de Humain, trop humain, de Friedrich Nietzsche (1878) :

Les méthodes scientifiques sont une conquête de la recherche pour le moins aussi considérable que n’importe quel autre résultat : c’est en effet sur la compréhension de la méthode que repose l’esprit scientifique, et tous les résultats des sciences ne pourraient, si ces méthodes venaient à se perdre, empêcher un nouveau triomphe de la superstition et de l’absurdité. Les gens cultivés ont beau apprendre autant qu’ils veulent des résultats de la science, on s’aperçoit toujours à leur conversation, et particulièrement aux hypothèses qu’ils y proposent, que l’esprit scientifique leur fait défaut. Ils n’ont pas cette défiance instinctive contre les écarts de la pensée, qui, à la suite d’un long exercice, a pris racine dans l’esprit de tout homme de science. Il leur suffit de trouver sur un sujet une hypothèse quelconque, ils sont alors tout feu tout flamme pour elle et croient qu’ainsi tout est dit. Avoir une opinion signifie par là même chez eux : en devenir aussitôt fanatique et finalement la prendre à cœur comme une conviction. Ils s’échauffent, à propos d’une chose inexpliquée, pour la première idée qui leur passe en tête et qui ressemble à une explication. D’où résultent continuellement, notamment dans le domaine de la politique, les plus fâcheuses conséquences. C’est pourquoi chacun devrait de nos jours avoir appris à connaître au moins une science à fond ; alors il saura toujours ce que c’est qu’une méthode et combien est nécessaire la plus extrême prudence.

Bac de philosophie : les sujets de la filière technologique

Les candidats de la filière technologique traitent, au choix, l'un des deux sujets de dissertation ou le commentaire de texte.

  • Sujet de dissertation 1 :

Débattre, est-ce chercher la vérité ?

  • Sujet de dissertation 2 :

La technique peut-elle être mauvaise ?

  • Sujet 3 : le texte à expliquer est issu de l'ouvrage Le Juste, de Paul Ricœur (1995) :

On aurait tort de réduire la violence à l’agression, même élargie au-delà de l’agression physique – coups, blessures, mort, entrave à la liberté, séquestration, etc. ; il faut encore tenir compte de la plus tenace des formes de la violence, à savoir la vengeance, autrement dit la prétention de l’individu à se faire justice à lui-même. Au fond la justice s’oppose non seulement à la violence tout court, ainsi qu’à la violence dissimulée et à toutes les violences subtiles auxquelles il vient d’être fait allusion, mais aussi à cette simulation de la justice que constitue la vengeance, l’acte de se rendre justice à soi-même. En ce sens, l’acte fondamental par lequel on peut dire que la justice est fondée dans une société, c’est l’acte par lequel la société enlève aux individus le droit et le pouvoir de se faire justice à eux-mêmes – l’acte par lequel la puissance publique confisque pour elle-même ce pouvoir de dire et d’appliquer le droit ; c’est d’ailleurs en vertu de cette confiscation que les opérations les plus civilisées de la justice, en particulier dans la sphère pénale, gardent encore la marque visible de cette violence originelle qu’est la vengeance. À bien des égards, la punition, surtout si elle conserve quelque chose de la vieille idée d’expiation, demeure une forme atténuée, filtrée, civilisée de la vengeance.

Pour répondre, les candidats peuvent suivre le développement de leur choix, sinon, ils peuvent répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées ci-après :

A. Éléments d’analyse

1. Pourquoi aurions-nous tendance à « réduire la violence à l’agression » ? En quoi est-ce un tort selon l’auteur ?

2. À partir de la définition de la vengeance proposée par l’auteur, expliquer en quoi elle constitue une « simulation » de justice.

3. Par quels moyens est-ce que « la puissance publique confisque pour elle-même [le] pouvoir de dire et d’appliquer le droit » ?

4. À partir d’un exemple, expliquer en quoi la punition demeure une forme « civilisée » de la vengeance.

B. Éléments de synthèse

1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?

2. Dégager les différents moments de l’argumentation.

3. En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire

1. Selon ce texte, est-ce à la société ou à l’individu de rendre la justice ?

2. La justice est-elle nécessairement violente quand elle punit ?

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