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« Participer à un chantier historique, c’est une chance ! » : à Brie-Comte-Robert, ces jeunes bénévoles restaurent un château médiéval

Odile Gnanaprégassame
Publié le 04-08-2026

En bref

  • En juillet, Layana et Raphaël ont pris part à un chantier de bénévoles destiné à la restauration du château de Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne.
  • Durant une vingtaine de jours, ils ont réalisé des travaux de maçonnerie traditionnelle, sous la supervision d’un professionnel du secteur.
  • Au sein d’un groupe constitué de profils variés, l’expérience est aussi humaine : les participants vivent pour la plupart sur place.
« Participer à un chantier historique, c’est une chance ! » : à Brie-Comte-Robert, ces bénévoles restaurent un château médiéval
Les chantiers de bénévoles allient projet d'intérêt général et vie en collectivité avec des personnes d'horizons variés. Crédit : CIDJ
Au château de Brie-Comte-Robert, une quinzaine des personnes s'active pour restaurer un mur porteur. Crédit : Odile Gnanaprégassame - CIDJ

Chantier de bénévoles : reproduire des techniques de maçonnerie traditionnelle médiévale

Dans l’enceinte du château de Brie-Comte-Robert, au cœur de la Seine-et-Marne, une quinzaine de personnes s’affairent. Une carrière de pierres, le son des outils de taille, le grondement d’une bétonnière et surtout l’échafaudage en place laissent peu de doutes sur l’activité qui les occupe : la construction d’un mur. Depuis plusieurs années, le site, classé monument historique, accueille un chantier de bénévoles pour en restaurer certaines parties, organisé par l’association Les Amis du Vieux Château de Brie-Comte-Robert, en partenariat avec l'Union Rempart.

C’est la troisième fois que Raphaël, lycéen de 17 ans, se prête à l’exercice. « Ma mère m’avait inscrit suite à une période de déscolarisation, et j’ai bien aimé », raconte-t-il. Quant à Layana, 20 ans, elle effectue ici son stage ouvrier dans le cadre de sa formation d’architecte d’intérieur.

Au cours de cette session de juillet 2026, les bénévoles poursuivent l’édification d’un mur porteur, perpendiculaire au rempart, appelé « mur de refend ». « Nous projetons, à terme, de relier les trois murs de refend du logis seigneurial pour permettre aux visiteurs d’atteindre les salles du deuxième étage des tours, jusqu’ici inaccessibles au public », explique Virgil Fianu, maçon du bâti ancien et responsable technique du chantier.

« On travaille dans un contexte de restauration pour reproduire ce qui a été fait, selon un contexte archéologique bien précis, poursuit le professionnel. Sur chaque caillou, il y a eu une réflexion en amont ». Intervenant sur ce projet depuis maintenant six ans, l’encadrant transmet cette éthique avec conviction à des bénévoles pour la plupart inexpérimentés.

En début de chantier, un temps est donc consacré aux règles de construction des châteaux forts. « La présidente de l’association Les Amis du Vieux Château de Brie-Comte-Robert, Martine Piechaczyk, nous a aussi donné des cours à propos des pierres, rapporte Raphaël. Ça permet de mieux connaître le matériau que nous utilisons ». Mais pour intégrer la théorie, rien ne vaut la pratique. Le groupe se retrouve rapidement sur le terrain, sous l’œil attentif de Virgil Fianu.

Comment fonctionne le chantier de restauration du château de Brie-Comte-Robert ?

Entre 6h30 et 7h, le réveil est matinal. Les bénévoles débutent leur journée par un échauffement. Une étape indispensable pour ce travail qui sollicite les muscles. « J’avais des courbatures les premiers jours », se souvient Layana. À mesure que le chantier avance, l’étudiante se découvre toutefois une force inattendue lui permettant de repousser ses limites. « Oui, la maçonnerie c’est difficile, reconnait Virgil Fianu, mais c’est d’abord très technique. » Auprès des bénévoles, le professionnel œuvre à déconstruire l’idée d’un métier qui ne se résumerait qu’à des qualités physiques. Tout bon maçon sait lire la pierre.  « On utilise la roche locale, le calcaire de Brie, un caillou certes très dur. Cependant, il faut bien l’analyser et l’observer pour le travailler correctement ».

Chaque jour, les bénévoles se répartissent sur les différents postes du chantier, tous interdépendants : à la bétonnière on prépare le mortier de chaux traditionnel, à la carrière on casse les pierres pour en faire des moellons, ceux-ci sont récupérés par le tailleur de pierre pour préparer les parements, ces pierres posées en façade du mur. « Les petits cailloux, ou les cailloux moches, on les insère dans le fourrage, à l’intérieur du mur, entre deux façades », détaille Raphaël. Le processus plait particulièrement à Layana : « Fourrer le mur, c’est plus simple que de casser une pierre à la masse ! », s’exclame-t-elle. En façade comme à l’intérieur du mur, il faut tout de même respecter la technique du harpage : les pierres sont ainsi posées de manière croisée.

Si l’ambiance se veut bienveillante, pas question pour autant de manquer de sérieux ! Car le travail des uns complète celui des autres. Manquer de cohésion de groupe peut nuire au bon déroulement des activités. Pour vivre à fond cette expérience, la plupart des participants vivent sur place durant trois semaines. C’est l’un des aspects qu’apprécie Raphaël dans ces chantiers de bénévoles : partager un quotidien. « On fait la cuisine, le ménage, on passe de bons moments. On a même regardé la finale de la coupe du monde de foot ! ».

L’après-midi, c’est off. Place aux activités pour s’amuser et prendre le temps de discuter. Les participants viennent de partout en France et même de l’international. « C’est une chance de participer à ce chantier historique, de contribuer à restaurer une partie de ce mur, estime Layana. C’est aussi une richesse de rencontrer des personnes d’horizons différents ». Raphaël, qui entre en terminale en septembre, retiendra le « plaisir d’aider pour ce patrimoine ». À deux jours de la fin du chantier de bénévoles, les deux jeunes participants se montraient déjà nostalgiques.

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