Transparence des salaires Tout le monde a besoin d’argent pour vivre, la rémunération ne devrait pas être taboue

Laura El Feky
Publié le 26-01-2026

En bref

  • D’ici au 7 juin 2026, la France devra appliquer une directive européenne sur la transparence des salaires
  • Concrètement, les entreprises devront indiquer la rémunération, ou une fourchette de rémunération, dans leurs offres d’emploi.
  • Autre avancée : chaque salarié pourra demander à connaître les niveaux de salaire pratiqués dans l’entreprise pour des postes équivalents au sien, ainsi que les critères utilisés pour fixer les évolutions de carrière.
Transparence des salaires
Le ministre du Travail planche sur une loi pour mettre en place la transparence des salaires dans les entreprises. Crédit : CIDJ
À l’heure actuelle, les femmes touchent en moyenne 4% de moins que les hommes pour un même emploi, selon l’Insee. Crédit : CIDJ

Plus de transparence pour moins d’inégalités salariales

Quoi ? Une nouvelle directive européenne, adoptée le 10 mai 2023, pourrait bien faire sauter le tabou des salaires. Entreprises et salariés seront directement concernés. Concrètement, les entreprises, à l’exception des plus petites, devront indiquer la rémunération ou une fourchette dans leurs offres d’emploi. Une mesure que salue Camille, 27 ans, tout juste embauchée : « il y a plein d’offres auxquelles je n’ai pas postulé parce qu’il n’y avait pas le salaire affiché », confie-t-elle. Les salariés pourront par ailleurs accéder aux salaires moyens pratiqués dans l’entreprise pour des postes équivalents, ainsi que connaître les critères utilisés pour évaluer les évolutions de carrière. 

Pourquoi ? Cette directive a un objectif fort : réduire les inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Et vous êtes nombreux à y voir un pas dans la bonne direction. « Si les gens ne sont pas au courant, ils ne vont pas demander plus. Pouvoir parler d’argent avec ses collègues, ça permet aussi de se rendre compte de certaines inégalités », souligne Loredana, 27 ans. En France, l’écart reste bien réel. À poste équivalent, les femmes perçoivent encore environ 4% de moins que leurs collègues masculins, selon l’Insee. 

Comment ? Pas question, toutefois, de rendre publiques les fiches de paie des salariés. La directive mise sur une transparence encadrée. En clair, les entreprises devront être capables de fournir des informations internes sur les salaires et de justifier les écarts de rémunération entre leurs salariés. Il sera aussi interdit de demander à un candidat son salaire précédent lors d’un recrutement afin de ne pas perpétuer les inégalités. 

Où ? La mesure concernera d’abord les entreprises de plus de 50 salariés. Une concertation est en cours pour savoir si certaines obligations pourraient aussi s’appliquer aux plus petites structures.

Quand ? Les États membres de l’Union européenne ont jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer cette directive. En France, le gouvernement prévoit de présenter un projet de loi au Parlement avant l’été 2026. D’ici là, les entreprises de plus de 50 salariés doivent déjà publier chaque année un index de l’égalité professionnelle.
 

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