Prendre le temps À Paris Loves Vinyl, une nouvelle génération de passionnés

Caroline Féral Palma
Publié le 25-03-2026

En bref

  • Trop connectés, pas assez impliqués : la GenZ, ce n’est pas ça !
  • À micro tendu, vous parlez de vie intime, d’études, de boulot, de santé…
  • Pas de vérité universelle ni de leçon toute faite, mais vous avez le dernier mot.
Paris Loves Vinyl 2026
Fouiller, choisir, toucher... le vinyle s’écoute aussi avec les mains. Crédit : Adobe Stock - CIDJ
Paris Loves Vinyl 2026 : pourquoi les jeunes aiment encore le vinyle ? Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ

En 2026, le retour du vinyle

« Je compare les disques vinyles au cinéma : quand on va au cinéma, c’est un temps qu’on dédie au film, sans téléphone… Quand on écoute un vinyle, c’est pareil », explique Sergi, 25 ans, jeune amateur de vinyles. À rebours du tout numérique, le vinyle séduit une nouvelle génération. À Paris Loves vinyle, jeunes passionnés et collectionneurs racontent pourquoi ce format ancien continue de s’imposer. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, plus de 5,4 millions de vinyles ont été vendus en 2023, soit près de la moitié du marché physique de la musique. Et la tendance ne faiblit pas : en 2024, les ventes ont encore progressé de 12 %. À l’heure où la musique se consomme en quelques clics sur les plateformes de streaming, ce format que l’on croyait dépassé continue de séduire — notamment les 18-35 ans. 

« Écouter un disque vinyle, c’est tout un rituel, comme préparer un thé », ajoute Zara, 28 ans. Sortir le disque, le poser, lancer la lecture : autant de gestes qui imposent de ralentir. Loin du zapping permanent, l’écoute devient un moment à part. À Paris, entre bacs débordants, DJ sets et jeunes chineurs concentrés, le vinyle s’impose comme bien plus qu’un objet nostalgique : une autre façon d’écouter la musique, de la ressentir… et de prendre le temps.

À l’ère du streaming, pourquoi le vinyle séduit encore les jeunes ?

Qui ? Ils ont 20, 25 ou 30 ans, casque autour du cou, et fouillent les bacs avec application. Une nouvelle génération de mélomanes, majoritairement âgée de 18 à 35 ans, qui se mêle aux collectionneurs historiques. Habitués au streaming, ces « digital natives » s’approprient pourtant le vinyle avec curiosité et passion. Étudiants, jeunes actifs ou simples amateurs de musique, tous viennent chiner, échanger et partager une même fascination pour ce format. Dans les allées, ils croisent des « diggers » expérimentés, des disquaires et des vendeurs venus de toute l’Europe, mais aussi du Japon ou des États-Unis. Ici, les générations se rencontrent autour d’un même objet. 

Quoi ? Sur les tables, des milliers de pochettes colorées s’alignent. Rock, rap, jazz, électro : chacun fouille, retourne les disques, hésite, compare. À quelques mètres, les DJs enchaînent les sets depuis le matin, faisant vibrer la salle. Plus de 100 000 vinyles sont proposés par 70 exposants. Mais au-delà des chiffres, Paris Loves Vinyl ressemble surtout à une grande chasse au trésor musicale, où l’on vient autant pour chercher une pièce précise que pour tomber, par hasard, sur un coup de cœur.  

Où ? Le rendez-vous s’est tenu à l’Espace Niemeyer, dans le 19e arrondissement de Paris. Ce lieu emblématique, reconnaissable à son architecture futuriste et imaginé par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, a abrité pendant près de quarante ans le siège du Parti communiste français. Un espace singulier, qui n’ouvre ses portes au public qu’à l’occasion de certains événements. 

Quand ? Ce dimanche 22 mars 2026, dès l’ouverture, les visiteurs affluent. Certains arrivent tôt pour dénicher les meilleures pièces, d’autres prennent leur temps, errant entre les stands. Paris Loves Vinyl attire chaque année des milliers de visiteurs, et cette 16e édition confirme une tendance de fond : les ventes de vinyles continuent de progresser en France, portées par un engouement qui s’inscrit désormais dans la durée. 

Pourquoi ? Mais pourquoi un tel engouement à l’ère de l’hyperconnectivité ? À l’heure du streaming, rapide et infini, le vinyle matérialise la musique, oblige à choisir — et souvent à écouter un album en entier. Entre qualité sonore, objet de collection et expérience sensorielle, il apparaît comme une réponse à la dématérialisation. Pour ces jeunes, ce n’est pas un retour en arrière, mais une autre manière de vivre la musique.

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