Faire valoir ses droits Chômage : avez-vous droit à l'allocation de retour à l'emploi ?

Fiona Simoens
Publié le 16-04-2026

En bref

  • Le chômage n'est pas réservé aux personnes ayant déjà une longue carrière : certains jeunes peuvent bénéficier d'allocations après la fin d'un contrat de travail.
  • Plusieurs situations peuvent permettre d'ouvrir des droits au chômage, comme l'apprentissage ou un contrat étudiant de quelques semaines par an.
  • Pour être indemnisé, il faut cependant remplir certaines conditions et respecter des obligations.
Jeune fille devant un ordinateur en train de chercher un emploi
Alternance, job étudiant, mission ponctuelle... selon votre situation, vous pouvez avoir travaillé suffisamment pour percevoir des allocations chômage ! Crédit : Janeb13 / Pixabay

Études, petits boulots, alternance… ce qui compte pour le chômage

Vous avez terminé votre contrat d’apprentissage ou le job étudiant que vous exerciez pendant vos études ? Ces périodes de travail peuvent compter pour ouvrir des droits à l’assurance chômage ! Le principe s’avère assez simple : toutes les activités salariées donnant lieu à des cotisations sont prises en compte dans le calcul de la durée de travail exigée. C’est notamment le cas des contrats d’alternance pendant lesquels pour êtes considéré comme salarié de l’entreprise. En revanche, les baby-sittings non déclarés de l’enfant de vos voisins ou votre stage de fin d’études ne comptent pas. De plus, vous devez avoir perdu cet emploi de manière involontaire, que ce soit au terme du contrat ou après un licenciement. Attention, si l’employeur vous propose un CDI à la suite de votre contrat et que vous refusez, votre décision sera transmise à France Travail. Après deux refus en douze mois, vous ne pourrez plus bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi (ARE).

Pour prétendre au versement de cette allocation, il faut pouvoir justifier d’une période minimale de travail. En règle générale, vous devez avoir exercé un emploi pendant au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois. Depuis le 1er avril 2026, les personnes n’ayant jamais été indemnisées par le passé peuvent ouvrir leurs droits au chômage à partir de 5 mois.

Les activités prises en compte peuvent être réalisées de manière continue ou discontinue. Ainsi, un job étudiant de quelques heures par semaine ou quelques semaines par an entre dans le calcul. Il en va de même pour les emplois saisonniers, fréquents dans certains secteurs comme l’agriculture ou le tourisme, ou encore les missions ponctuelles. 

Focus

Combien vais-je toucher ?

Le montant de votre ARE dépend en grande partie des salaires que vous avez perçus lors de votre période de référence (celle qui a servi au calcul de la durée de vos droits). France Travail définit votre salaire journalier de référence (SJR) qui sert de base au calcul du montant de votre allocation. Selon son montant, des conditions peuvent s’appliquer : montants réduits en fonction du temps de travail, dégressivité à partir du 7e mois… Vous pouvez vous informer sur vos droits avec ce simulateur proposé par France Travail.

Des droits et des devoirs

Pour percevoir l’ARE, vous devez vous inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Ce statut vous permet de bénéficier de certains droits mais vous devrez aussi respecter un certain nombre d’obligations. 

Dès votre inscription, vous assisterez à un rendez-vous avec un conseiller France Travail pour élaborer votre projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE). Ce document prend en compte votre formation, vos compétences, votre situation personnelle ainsi que les opportunités sur le marché du travail local. Il définira aussi les actions que vous devrez mener pour favoriser votre insertion professionnelle : candidatures envoyées, entretiens réalisés, démarches auprès des entreprises… Dans tous les cas, vous aurez à justifier vos recherches en cas de contrôle. Autre démarche à réaliser chaque mois : l’actualisation. C’est l’occasion de déclarer les changements intervenus dans votre situation : reprise d’activité, entrée en formation, arrêt maladie, etc. Sans cette actualisation, le versement de l’allocation peut se voir suspendu. 

Par ailleurs, vous pouvez bénéficier de dispositifs d’accompagnement renforcé. Le contrat d’engagement jeune propose par exemple un suivi intensif avec des activités régulières (immersions en entreprise, formations…). Et rassurez-vous : ce n’est pas parce que vous êtes demandeur d’emploi que vous ne pouvez pas vous absenter ponctuellement. Il est possible de partir en vacances, dans la limite d’un certain nombre de jours par an, à condition d’en informer votre conseiller.

En cas de non-respect de vos obligations, des sanctions peuvent s’appliquer. Une absence non justifiée à un rendez-vous, un défaut d’actualisation ou un refus répété d’offres d’emploi « raisonnables » peuvent entraîner une suspension, voire une suppression, de l’allocation. 

Focus

Études et allocations chômage, ça se cumule ?

Pour obtenir le statut de demandeur d’emploi, vous devez prouver que vous êtes disponible immédiatement pour exercer. Des études paraissent donc peu cohérentes avec ce statut. En pratique, vous pouvez, sous certaines conditions, percevoir l’ARE. Si vous remplissez les conditions d’accès aux allocations chômage (durée du travail, type d’emploi…) et que votre formation vous permet de rechercher un emploi en parallèle (volume horaire, assiduité…), France Travail pourra vous considérer « disponible » sur le marché du travail.

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