Erasmus au lycée : « Cet échange en Autriche a changé ma vision de l'avenir »
En bref
- Au lycée, quelle que soit la filière, Erasmus+ permet de découvrir un autre pays et de nouvelles façons d’étudier ou de travailler.
- Les conditions de sélection et le montant de la bourse pour financer le séjour dépendent notamment du projet et de l’établissement.
- Sophie, en échange scolaire en Autriche, et Léa, en stage en Finlande, racontent comment cette immersion culturelle les a aidées à gagner en autonomie et à envisager leurs études autrement.
« Cet échange scolaire en Autriche a changé ma vision de l'avenir », se remémore Sophie. Avant cette réunion d’informations dans son lycée, en début d’année de première, la jeune femme, 18 ans aujourd’hui, n’avait jamais entendu parler d’Erasmus+. Intéressée, elle a candidaté, sans se douter à quel point elle en ressortirait grandie.
De son côté, Léa, aujourd'hui âgée de 19 ans, est en première sciences et technologies de l'agronomie et du vivant (STAV) lorsqu'elle postule pour une mobilité en Finlande. Animée par une grande curiosité, elle y effectue l’un des stages prévus dans sa formation. Aujourd'hui toutes deux étudiantes, elles racontent une expérience marquante, riche en découvertes.
Erasmus au lycée : une immersion dans une autre culture
À 15 ans, Sophie découvre pour la première fois le quotidien d’un lycée autrichien. Arrivée à Vienne un dimanche soir vers 21 heures, elle doit se familiariser avec son nouvel environnement dès le lendemain matin : « Le premier cours était à 8 heures ! »
Pour préparer cette immersion, elle avait échangé en amont avec sa correspondante sur les réseaux sociaux : « J’ai envoyé à ma correspondante une petite vidéo pour me présenter, et elle aussi, en retour », se remémore la jeune femme. De quoi briser la glace et rendre le départ moins intimidant.
D’un naturel débrouillard, Léa s’est tout de suite sentie à l’aise dans l’exploitation agricole qui l’accueillait en Finlande. « Ma maîtresse de stage et son mari, qui m’hébergeaient, se sont montrés très bienveillants, souligne-t-elle. Chaque midi, on déjeunait ensemble avec tous les travailleurs de l’exploitation, je percevais une réelle ouverture aux autres ». En semaine, la lycéenne se consacre à son stage et le week-end est réservé aux balades et à l’équitation. « Étant cavalière moi-même, j’accompagnais les deux enfants de la famille qui montaient à cheval ».
Tandis que Léa conservait un rythme semblable à son quotidien en France, celui de Sophie, en revanche, contrastait complètement. « En Autriche, les cours se déroulent le matin, généralement jusqu’à 13 heures », rapporte l’étudiante, à présent en licence LLCER. L’après-midi est libre, souvent consacré à des activités extrascolaires. Revers de la médaille : « Il faut fournir davantage de travail personnel à la maison », constate-t-elle.
Mobilité internationale : entre stage à l’étranger et échange scolaire, des apprentissages concrets
Qu’on accorde cette autonomie aux élèves lui plaît beaucoup. Elle l’expérimente, sans toutefois ressentir la même pression que ses camarades autrichiens. Et pour cause, cet échange de dix jours vise avant tout à découvrir un système éducatif différent, il ne comprend aucune évaluation notée. Ses difficultés en allemand ne pénalisent donc pas Sophie. « Je me sentais accompagnée car les professeurs veillaient à m’intégrer, en plus j’étais dans la même classe que ma correspondante ».
Le stage de Léa, lui, compte pour son bac STAV. Au sein de l’exploitation agricole finlandaise, la communication se fait en anglais : « Je suis plutôt à l’aise dans cette langue, affirme-t-elle. Et avant de partir, j’ai bénéficié de cours supplémentaires en anglais au lycée pour apprendre du vocabulaire spécifique au monde agricole ».
Durant son séjour de deux semaines, elle découvre d’autres techniques d’élevage, autour notamment du soin aux animaux. « Ici, pour soigner certaines blessures, on utilise du miel, très efficace grâce à ses propriétés antibactériennes », illustre la future éleveuse qui compte bien conserver cette pratique. Elle observe aussi le calme avec lequel sa maîtresse de stage aborde les animaux. C’est même un sentiment général : « Les habitants de ce pays semblent très tranquilles et posés », apprécie-t-elle.
Partir en Erasmus au lycée pour gagner en autonomie
Léa comme Sophie en conviennent, partir en Erasmus développe certaines aptitudes, comme la confiance en soi. « Prendre le tramway puis le métro pour aller au lycée à Vienne, c’était inédit pour moi, révèle Sophie. En France, je ne connaissais que le bus scolaire rural ! » Ce séjour a concentré plein d’autres premières fois : premier voyage en avion, premier séjour à l’étranger, découverte d'une grande ville dans un nouveau pays, …
Ces nouvelles expériences l’ont aidée à être plus sereine, elle le constatera au moment d’intégrer l’université. « Je ne débarquais pas directement de ma campagne », analyse-t-elle. Pour Léa, cette mobilité Erasmus témoigne d’une réelle capacité d’adaptation, une qualité « à mettre en valeur sur le CV ».
Sophie est rentrée en France changée. « Avant, je ne m’imaginais pas aller plus loin que Rennes pour mes études, confie-t-elle. Je me voyais revenir dans mon village, là où je pensais que ma place était. » La rencontre avec sa correspondante lui fait comprendre que vivre ailleurs est possible.
Dix jours de mobilité en Europe auront donc suffi pour entrevoir un avenir différent. Sophie juge cette durée pour une première expérience idéale, à la différence de Léa qui aurait volontiers prolongé son séjour d’une troisième semaine dans cette exploitation où elle se sentait « extrêmement bien ».
Convaincues des bienfaits de cette mobilité, toutes deux sont reparties à l’aventure depuis : six mois en République Tchèque durant sa première année de licence pour Sophie, neuf mois en Irlande en première année de BTS pour Léa, après deux autres séjours d’une semaine effectués au lycée. « Il faut oser partir ! », conseille Léa.
Erasmus au lycée : quels critères pour être sélectionné ?
Toutefois, le nombre de places limité représente un frein à la mobilité Erasmus. « Beaucoup de camarades ont postulé pour seulement deux places proposées », se souvient Sophie. Le programme séduit. Ces dix dernières années, plus d’un million de Français, dont une part grandissante de publics scolaires, ont profité d’une mobilité Erasmus. Ils étaient 85 500 collégiens, lycéens et élèves de la voie professionnelle en 2024.
Comme tous les lycéens qui souhaitent partir en Erasmus, Sophie a d’abord dû expliquer sa motivation dans une lettre adressée à l’équipe pédagogique. « La sélection s’opère à partir de certains critères qui peuvent sensiblement varier, explique Sophie Tertrais, enseignante référente pour l'action européenne et internationale au lycée professionnel Camille Claudel de Caen. Dans mon établissement, le niveau de langue n’est pas déterminant, nous sommes attentifs à la motivation, à l’assiduité et au comportement lors des stages en France. » En revanche, dans le lycée où étudie Sophie, les notes comptent également.
Bourse Erasmus au lycée : comment financer son séjour à l’étranger ?
Une fois sa candidature retenue, Sophie a dû constituer un dossier pour obtenir une bourse Erasmus+. « J’ai fourni un certain nombre de documents et mes professeurs se sont chargés de remplir le dossier », explique la jeune femme. Les financements attribués dans le cadre du programme Erasmus+ permettent aux établissements de soutenir les mobilités de leurs élèves. Les modalités d’attribution dépendent notamment du projet et des règles appliquées par l’établissement.
Si le budget global alloué par l’agence a augmenté au fil des années, il ne comble pas toutes les demandes. Ainsi, dans l’établissement de Sophie Tertrais, une participation financière de 250 euros est sollicitée. « Lorsque la famille d’un élève ne peut payer cette somme, nous trouvons une solution, précise l’enseignante, en sollicitant par exemple le fonds social lycéen ».
Pour Sophie et Léa, le montant de la bourse a suffi à couvrir les frais nécessaires pour le séjour, comprenant le transport aller-retour ainsi que les frais d’hébergement.
Le choix du pays d’accueil, lui, dépend des partenariats noués par le lycée. Entre la Roumanie, l’Espagne et la Finlande, Léa n’a pas hésité : « La Finlande en photos m’attirait et je n’ai pas été déçue une fois sur place : forêts de sapins à perte de vue, grands pâturages verts… tout y était ! »