Avec ou sans faute Bac et au brevet : dernières astuces d'orthographe pour éviter les fautes qui coûtent des points
En bref
- Très courantes, les fautes d’accord du participe passé peuvent pourtant être évitées.
- En cas de doute sur certaines règles, contournez les difficultés d’écriture.
- Dernière étape : prenez le temps pour une relecture efficace de votre copie.
Accords du participe passé : les règles à connaître avant le bac et le brevet
« Les pommes que j’ai mangé » ou « Les pommes que j’ai mangées », vous hésitez entre les deux ? Vous n’êtes pas seul. « Les erreurs d’accord du participe passé comptent parmi les plus fréquentes dans les copies », observe Karine Dijoud, professeure de lettres classiques, autrice et créatrice du compte Instagram @lesparentheseselementaires.
La règle repose sur le principe suivant : avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde toujours avec le sujet. Avec l’auxiliaire avoir, en revanche, il ne s’accorde pas avec le sujet, mais avec le complément d’objet direct, uniquement lorsque celui-ci est placé avant le verbe.
Dans notre exemple, la seconde proposition est donc correcte : « les pommes que j’ai mangées ». Ici, le COD du verbe manger est bien « les pommes » (ou « que » qui les représente). Facile, alors ? Pas tant que ça, car il existe un certain nombre d’exceptions, difficiles à maîtriser à la dernière minute.
Pour s’en sortir, Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde, autrice et animatrice de la chronique radio « Un bonbon sur la langue », propose une astuce : au moment d’écrire le participe passé, posez-vous la question « qu’est-ce qui est ? ». Si la réponse est déjà écrite sur votre feuille, on accorde.
Par exemple : « Les fraises que j'ai cueillies ». Qu’est-ce qui est cueilli ? Les fraises : l’accord doit se faire. Par contre, dans la phrase « J’ai cueilli des fraises », on ne sait pas encore ce qui est cueilli, donc il n’y a pas d’accord. Attention, cette méthode ne fonctionne pas dans tous les cas, prévient la spécialiste, elle permet toutefois d’éviter une grande partie des erreurs courantes.
Orthographe : comment contourner les difficultés d’écriture ?
Un conseil toujours utile à rappeler : commencez toujours par un brouillon. « Encore beaucoup d’élèves se lancent directement avec l’objectif d’écrire le plus possible, regrette Karine Dijoud. Mais, de cette manière, ils ne prennent pas le temps nécessaire pour réfléchir à la construction de leurs phrases. »
En début d’épreuve, la professeure recommande d’ailleurs de répertorier au brouillon les quelques règles sur lesquelles vous bloquez régulièrement. La terminaison en « é » ou « er » vous pose problème ? Essayez avec un verbe du troisième groupe. Dans la phrase « J’ai oublié/oublier mes clés », utilisez, par exemple, le verbe prendre. C’est flagrant : « J’ai prendre mes clés » ne fonctionne pas, contrairement à « J’ai pris mes clés ». C’est bien le participe passé du verbe oublier qu’il faut employer, non son infinitif.
Généralement, les homophones grammaticaux causent aussi bien des soucis ! « Un véritable fléau », selon Karine Dijoud. Mal employés, ces mots qui sonnent pareil, mais à l’orthographe différente, altèrent le sens de la phrase. Alors, pour bien choisir entre « a / à », « ou / où », « là / la », « ses / ces / c’est / s’est », « son / sont », « sa / ça », la stratégie du remplacement s’avère particulièrement efficace.
Par exemple : « L’école où/ou je suis scolarisé », peut-on dire « L’école ou bien je suis scolarisé » ? Non. Donc, ici c’est bien le pronom relatif « où » qu’il faut utiliser.
Autre exemple avec la phrase « Il s’est/c’est trompé » : en conjuguant le verbe à une autre personne, on obtient : « Je me suis trompé ». Ainsi, pas de confusion possible, il s’agit du pronom personnel « me » qui devient « se / s’ » à la troisième personne du singulier.
Une astuce similaire existe pour distinguer le futur « Je viendrai » du conditionnel « Je viendrais ». C’est tout de suite plus clair en changeant de sujet : « Nous viendrons » au futur, « Nous viendrions », au conditionnel.
Si vraiment vous doutez à propos de l’orthographe d’un mot ou de la conjugaison d’un verbe, n’hésitez pas à user d’un synonyme ou à modifier la tournure d’une phrase. « Il est déjà arrivé au Monde que plusieurs correcteurs ne parviennent pas à décider de la bonne orthographe d’un participe passé complexe, on a alors changé la phrase », raconte Muriel Gilbert.
La correctrice suggère de faire des phrases courtes, d’employer des termes simples bien maîtrisés plutôt que des mots sophistiqués mal employés ou mal orthographiés. Autre ruse : dans le cas d’une dissertation libre, « écrivez au présent de l’indicatif si vous n’êtes pas à l’aise avec la concordance des temps ».
La méthode pour corriger ses fautes avant de rendre sa copie
Pas de bonne copie sans une bonne relecture. Souvent négligée, elle permet pourtant de corriger des erreurs qui peuvent coûter des points au brevet et au bac. Selon la durée de l’épreuve, y consacrer entre cinq et quinze minutes peut faire la différence, d’autant que l’orthographe, les accords et la ponctuation sont désormais plus sévèrement évalués. Une copie bien présentée et aérée facilitera ce travail tout en rendant la lecture plus agréable pour le correcteur.
Faut-il attendre la fin pour se relire ? Si une relecture finale reste indispensable, rien n’empêche de s’y atteler au fur et à mesure. « Lorsque vous êtes inspiré, continuez dans votre lancée pour ne pas perdre le fil, explique Muriel Gilbert. Mais, en cas de blocage, relire ce que vous avez écrit peut relancer votre réflexion. »
Cette méthode aide à repérer les dernières erreurs, comme les accords entre un verbe et un sujet éloigné. À titre d’illustration, dans la phrase « les enfants, dans la cour bleue de l'école de mon enfance, jouaient bruyamment », le verbe s’accorde bien avec « les enfants », en dépit des compléments qui le précèdent.
Karine Dijoud conseille au moins une relecture à l’envers, en commençant par la dernière phrase. « On se détache ainsi du fond, pour se concentrer sur la forme ». Si le contenu a normalement été validé lors de l’étape du brouillon, une vérification en fin de copie reste utile. Prudence toutefois, il ne s’agit pas de tout réécrire à la dernière minute, mais d’éliminer les fautes les plus visibles.
La copie parfaite reste rare. « Nous faisons tous des fautes, rappelle Karine Dijoud. Moi-même, j’hésite encore pour des doubles consonnes. » Si les correcteurs peuvent sanctionner une copie manifestement non relue, ils se montrent généralement plus indulgents en cas d’erreurs liées à la complexité de la langue française.