Marché du travail Premier emploi : l'insertion des diplômés de grandes écoles ralentit nettement
En bref
- Dans un contexte de baisse globale des recrutements, l’insertion professionnelle des diplômés de grandes écoles ralentit nettement.
- Les diplômés 2025 mettent davantage de temps à trouver un emploi que leurs prédécesseurs.
- L’enquête annuelle réalisée par la CGE montre également que les inégalités entre femmes et hommes, notamment salariales, restent présentes dès le premier emploi.
Insertion professionnelle : les diplômés des grandes écoles pénalisés par le ralentissement du marché
Alors que les diplômés des grandes écoles s’insèrent généralement rapidement sur le marché du travail, la situation se détériore nettement pour les diplômés 2025. C’est ce que révèle l'enquête sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés de la Conférence des grandes écoles (CGE), qui réunit plus de 240 établissements d’enseignement supérieur français. Cette enquête est réalisée chaque année auprès de 50 000 étudiants issus d’écoles d’ingénieurs, de management et d’autres établissements spécialisés (architecture, art, journalisme...).
Les résultats de cette enquête montrent ainsi une dégradation du marché du travail pour les jeunes diplômés des grandes écoles, que ce soit au niveau des délais d’accès à un poste, de leur taux d’emploi ou encore de leur niveau de rémunération. Alors qu’environ 91 % des diplômés de la promotion 2023 occupaient un emploi dans les six mois suivant la fin de leurs études, ce taux chute à 80 % pour la promotion 2025.
Le taux net d’emploi recule également de 4 points par rapport à l’année précédente, alors que ces diplômés sont traditionnellement très recherchés par les employeurs.
Premier emploi : les diplômés des grandes écoles mettent plus de temps à être recrutés
Les écarts entre les filières restent relativement limités, même si les écoles d’ingénieurs conservent un léger avantage sur l’accès à l’emploi. Environ 77 % de leurs diplômés occupent un emploi moins de six mois après la fin de leurs études contre 74,5 % pour les écoles de management et 72 % pour les autres écoles spécialisées.
De même, 8 diplômés recrutés sur 10 l’ont été dans les deux mois suivant la fin de leurs études et près des deux tiers avaient signé un contrat avant même l’obtention de leur diplôme. Malgré la baisse importante par rapport aux promotions précédentes, ces filières continuent d’être un gage d’insertion professionnelle plutôt rapide, notamment dans les secteurs techniques et industriels. Les grandes écoles conservent donc un atout, même si l’accès au premier poste n’est plus aussi immédiat.
Ces résultats en demi-teinte doivent cependant être replacés dans un contexte général de ralentissement des recrutements. Selon l’enquête BMO de France Travail, les entreprises françaises prévoient environ 2,3 millions de recrutements pour l’année 2026, soit le niveau le plus bas observé depuis 2018.
Focus
Alternance et stages facilitent l'insertion professionnelle des diplômés
L’enquête souligne également le rôle déterminant des expériences professionnelles réalisées lors des études. En effet, plus de 4 diplômés en emploi sur 10 travaillent chez leur ancien employeur de stage ou d’alternance. Ces périodes permettent aux recruteurs d’évaluer les compétences des étudiants avant même l’obtention de leur diplôme, ce qui favorise souvent une embauche rapide.
Grandes écoles : des écarts de salaire persistants dès le premier emploi
Après plusieurs années de hausse, les rémunérations des jeunes diplômés semblent elles aussi atteindre un palier. Le salaire annuel brut moyen reste proche de 40 000 euros, mais sa progression ralentit nettement par rapport aux promotions précédentes.
Les diplômés des écoles de management restent mieux rémunérés que les ingénieurs et que ceux des autres écoles spécialisées (environ 41 000 € brut annuel en moyenne contre 39 000 € pour les autres). Ces différences dépendent du secteur dans lequel le diplômé évolue. Dans les sociétés de conseil par exemple, ce sont les managers qui sont le mieux payés tandis que dans les TIC, la tendance se renverse au profit des ingénieurs.
L’enquête met également en évidence la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes, et ce dès le premier emploi. Pour la promotion 2025, les hommes touchent en moyenne 6 % de plus que les femmes. L’écart atteint 7 % parmi les diplômés des écoles de management.
Les différences de traitement ne se limitent pas au salaire, car les femmes accèdent aussi moins rapidement à l’emploi et occupent moins fréquemment des postes en CDI ou sous statut cadre. Ces écarts montrent que les inégalités entre les femmes et les hommes commencent dès l’entrée dans la vie active.