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Le salaire des enseignants français reste inférieur à la moyenne de l’OCDE

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Le salaire des enseignants français reste inférieur à la moyenne de l’OCDE

En France, le salaire annuel d’un enseignant du secondaire en milieu de carrière plafonne à 43 133 dollars américains (41 274 €)... contre 51 246 dollars (49 033 €) en moyenne dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon le dernier rapport de l’OCDE, Regards sur l’éducation, plus de 20 pays membres de l’organisation internationale offrent aux enseignants du secondaire un salaire annuel plus élevé que dans l’hexagone. Il reste encore du chemin à parcourir pour aligner la rémunération française sur celle de certains pays comme l’Allemagne, l’Irlande, l’Australie ou le Canada.

Du CP à la terminale, les enseignants français moins bien payés

Entre les pays de l’OCDE et la France, l’écart de salaire annuel des enseignants du second degré ayant 15 ans d’expérience s’élève à 16 %. Un fossé plus important impacte les enseignants de l’école primaire au même moment dans la carrière. Soit 40 043 dollars (38 338 €) en France contre 49 245 dollars (47 136 €) en moyenne dans l’OCDE.

Globalement, à chaque étape de la carrière, les salaires français restent inférieurs à la moyenne de l’OCDE. Avec un écart plus marqué après 10 ou 15 années d’expérience qu’au début ou en fin de carrière. Seule exception : les professeurs de maternelle. Ils perçoivent, en fin de carrière, 1 895 dollars (1 813 €) de plus que les pays de l’OCDE. Et même 4 572 dollars (4 376 €) de plus que la moyenne de l’Union européenne.

Si à l’échelle du Vieux Continent la France rémunère mieux ses enseignants que la Hongrie, la République tchèque ou encore la Grèce, elle se fait largement devancer par des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, ou l’Irlande.

Les salaires insuffisants dénoncés par les syndicats d’enseignants

L’organisation internationale estime qu’il faut 35 années d’expérience à un enseignant français pour arriver au salaire le plus élevé, contre 26 années en moyenne dans les pays de l’OCDE. Sur Franceinfo, la secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU), Sophie Vénétitay, dénonçait « des professeurs low cost ». Or « le salaire des enseignants a également un impact direct sur l’attractivité de la profession », rappelle l’OCDE.

Sur ce point, le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, promet des avancées. Après avoir effectué son année de stage, aucun enseignant ne débutera sa carrière à moins de 2 000 euros net par mois à partir de la rentrée 2023. Les concertations sont d’ores et déjà lancées. Cela va peut-être inciter les candidats à s'inscrire aux concours de l'enseignement ?

Pour Sophie Vénétitay, il faut prendre en compte le « malaise des professeurs en poste ». Elle alerte sur une « dynamique de hausse des démissions dans l’Éducation nationale ». La faible rémunération n’explique pas tout.

Les enseignants qui claquent la porte pointent des conditions de travail difficiles (classes surchargées, manque de reconnaissance, problèmes de communication avec la hiérarchie, réformes…). Franceinfo donnait la parole à trois d'entre eux en juillet dernier. 2 286 profs ont jeté l’éponge en 2020-2021. Ils n’étaient « que » 560 en 2010-2011. Il serait temps d’arrêter l’hémorragie en agissant sur les raisons du mal-être enseignant.

 

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La rédaction © CIDJ
Actu mise à jour le 28-11-2022 / créée le 28-11-2022

Crédit photo : CDC - Unsplash ; OCDE