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Auto-entrepreneur : Un bilan mitigé, dix ans après

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Livreur à vélo

Dix ans après sa mise en place, plus d’un million de travailleurs sont inscrits sous le régime de l’auto-entrepreneur, rebaptisé entre temps micro-entrepreneur.

Les créations d'entreprises n'ont jamais été aussi dynamiques. Les immatriculations de micro-entreprises (+28%) augmentent plus que les créations d’entreprises individuelles classiques (+20%) ou de sociétés (+2%). 

Deux créations sur cinq sont des micro-entreprises

En France, le nombre de créations d'entreprises a atteint des records, boosté par le statut du micro-entrepreneur (ex-autoentrepreneur) qui a bondi de près de 30%.

Ce régime mis en place en janvier 2009, a démocratisé la création d’entreprise en offrant aux travailleurs des démarches administratives allégées et une simplification des modes de calcul et de paiements des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Résultat: aujourd'hui, plus de deux créations sur cinq sont des micro-entreprises, selon les derniers chiffres de l'Insee publiés fin janvier 2019.

Tous les secteurs sont concernés mais celui des transports et de l'entreposage, incluant les livraisons à domicile, a été particulièrement dynamique dû notamment au développement des plateformes de mise en relation entre clients et travailleurs.

Côté entrepreneurs, le bilan est plus mitigé. Les revenus dégagés restent souvent faibles. Seuls 61% des micro-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires positif, d’après une précédente enquête de l'Insee publiée en 2018 sur les chiffres de 2015. En moyenne, le revenu dégagé par les autoentrepreneurs ne dépasse pas 440 euros/mois. Pour beaucoup la micro-entreprise apparaît comme un moyen d’arrondir ses fins de mois puisque 30% des micro-entrepreneurs cumulent même leur activité avec un travail salarié. La micro-entreprise montre également des difficultés à tenir sur la durée. Toujours d’après l'enquête de l’Insee, les trois quarts des auto-entrepreneurs déclarés début 2010 avaient mis la clé sous la porte cinq ans plus tard.

Sans compter le manque de couverture sociale qui constitue l'un des principaux problèmes du statut. Selon un sondage OpinionWay publié en janvier 2019 par le Salon des entrepreneurs, plus de la moitié des français estiment que la protection sociale des travailleurs indépendants est insuffisante.

Ce qui change en 2019

En 2019, de nouvelles mesures entrent en vigueur et impacteront les micro-entrepreneurs.

  • L’aide aux chômeurs créateurs d’entreprise, l’Accre, est maintenant disponible sans condition. Tous les nouveaux entrepreneurs peuvent désormais bénéficier de l’exonération de début d’activité qui consiste à ne payer qu’un quart de leurs cotisations la première année d’exercice, la moitié la deuxième, 75% la troisième, et la totalité la quatrième année ;
     
  • En cas de cessation d’activité les micro-entrepreneurs pourront prétendre à une indemnisation chômage, à condition d’avoir un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 euros depuis deux ans et si une demande de redressement ou de liquidation judiciaire a été faite ;
     
  • Les travailleurs indépendants seront désormais affiliés au régime général (2019 pour les nouveaux micro-entrepreneurs, 2020 pour l’ensemble des micro-entrepreneurs) ce qui pourraient leur permettre de bénéficier de règles plus favorables ;
     
  • Le congé maternité des indépendantes est rallongé, passant désormais à 8 semaines (comme pour les salariées).

Laura El Feky © CIDJ
Actu créée le 05-02-2019 / mise à jour le 08-02-2019

Crédit photo : Unsplash