Parcoursup : comment les étudiants sont-ils sélectionnés ailleurs en Europe ?
En bref
- Manque de transparence, procédure stressante... En réponse aux revendications lycéennes, le gouvernement a annoncé le remplacement de Parcoursup par un nouveau système d'admission prévu en 2028.
- Alors que cette nouvelle plateforme doit encore être définie, les pays européens disposent de systèmes d'accès à l'enseignement supérieur très différents : certains pays centralisent les candidatures, d'autres laissent les universités organiser leur recrutement.
- Plateforme centralisée au Royaume-Uni et au Danemark, examen d'entrée en Espagne ou accès direct à l'université en Belgique : comment les étudiants sont sélectionnés dans les autres pays européens ?
Alors que le gouvernement a annoncé le remplacement de Parcoursup en 2028, les modalités d'accès à l'enseignement supérieur sont au cœur du débat en France.
Chez nos voisins européens, les systèmes d'admission reposent sur des règles très différentes : si certains ont fait le choix d'une procédure centralisée à l'image de Parcoursup, d'autres privilégient les examens ou l'accès direct aux universités. Tour d'horizon.
UCAS, le Parcoursup britannique : un système de candidature centralisé
De l'autre côté de la Manche, l'accès à l'enseignement supérieur n'est pas si différent de celui de la France. Pour postuler aux établissements, les candidats britanniques passent également par une plateforme centralisée, l'Universities and Colleges Admissions Service, appelée UCAS.
Les candidats peuvent formuler jusqu'à cinq choix de formation sur la plateforme. Pour la rentrée 2027, les candidatures peuvent être déposées à partir du 1er septembre 2026. La plupart des formations doivent recevoir les dossiers de candidature avant le 13 janvier 2027, mais certaines appliquent des échéances plus précoces. C'est notamment le cas d'Oxford et de Cambridge mais aussi de la plupart des formations de médecine, dentaires et de sciences vétérinaires, dont la date limite est fixée au 15 octobre 2026.
Pour postuler, les candidats doivent généralement joindre un dossier comprenant notamment une présentation personnelle (personal statement) et une lettre de recommandation académique.
Les établissements examinent ensuite les candidatures et peuvent formuler une proposition d'admission, convoquer les candidats à un entretien ou leur demander de suivre certains cours complémentaires pour être acceptés.
Au Danemark, une plateforme centralisée existe également pour gérer la plupart des admissions, l'Optagelse.dk. Les candidats peuvent postuler à huit formations au maximum, qu'ils doivent classer par ordre de préférence. Cela signifie que s'ils reçoivent une proposition pour leur deuxième vœu, ceux classés plus bas sont considérés comme refusés.
Les candidatures sont examinées par les établissements eux-mêmes, qui peuvent appliquer des critères de sélection différents. Certains établissements disposent aussi de leur propre système d'admission.
Espagne et Portugal : comment les examens déterminent l'accès à l'université ?
En Espagne, les lycéens qui ont obtenu le bachillerato (équivalent du bac) et qui souhaitent s'inscrire à l'université doivent réussir un examen d'accès à l'université, la prueba de accesso a la universidad (PAU).
La note d'accès à l'université est calculée à partir de deux résultats : 60 % de la moyenne obtenue au bachillerato et de 40 % de la note obtenue à la PAU. Pour accéder à l'université, cette moyenne pondérée doit atteindre au moins 5 sur 10.
A noter : les étudiants peuvent ensuite améliorer leur note d'admission en passant des épreuves complémentaires dans certaines matières.
Les modalités de candidature varient selon les communautés autonomes. Dans la plupart des cas, les étudiants doivent se préinscrire sur une plateforme centralisée à l'échelle de leur communauté autonome. Cette plateforme leur permet de retrouver tous les établissements ainsi que la note du dernier appelé de l'année précédente mais ne peuvent pas postuler directement via celle-ci.
Le système est similaire au Portugal. Les candidats doivent passer un concours national, le concurso nacional de acesso, dont les résultats sont pris en compte dans leur note de candidature, avec leurs résultats scolaires. Chaque université peut, en outre, organiser ses propres modalités de sélection (dossier, épreuves...).
Le Portugal dispose néanmoins d'une plateforme de centralisation des candidatures où les candidats peuvent effectuer jusqu'à six vœux, hiérarchisés. Trois phases de candidature sont organisées au cours de l'année. Les étudiants peuvent ainsi participer aux phases suivantes s'ils n'ont pas obtenu de place ou s'ils souhaitent tenter une autre formation.
En Belgique et en Italie, un accès à l'université souvent sans sélection
En Belgique, l'accès à l'enseignement supérieur dépend la plupart du temps de l'obtention d'un diplôme ou d'un autre titre ouvrant droit à la poursuite d'études. Concrètement, les candidats qui réussissent leur certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) peuvent accéder à la plupart des formations de l'enseignement supérieur.
Ils doivent ensuite s'inscrire directement auprès de l'établissement de leur choix, en fonction des conditions propres à chaque formation.
S'ils ne disposent pas du CESS ou d'un diplôme équivalent, les candidats peuvent passer un examen permettant d'obtenir le diplôme ou d'attester de leur niveau pour poursuivre leurs études supérieures. Dans certaines filières l'admission est simplement soumise à examen, indépendamment du niveau de diplôme. Dans d'autres, comme la médecine, l'ingénierie civile, ou les formations en enseignement..., des conditions d'admission spécifiques s'appliquent (épreuves, concours...) en plus du niveau de diplôme.
En Italie aussi, il y a très peu de sélection pour entrer à l'université. Les étudiants titulaires de la maturità, l'équivalent du bac, peuvent s'inscrire à certaines formations universitaires sans sélection.
Pour d'autres filières, les universités organisent des épreuves d'accès. De plus en plus d'établissements utilisent le TOLC, un test d'aptitude et de connaissances réalisé en ligne pour classer les étudiants dans les formations sélectives ou pour leur demander de suivre des cours complémentaires en cas de résultats insuffisants.
Le cas des études de médecine, d'odontologie et de médecine vétérinaire est particulier en Italie. Depuis la rentrée universitaire 2025-2026, l'Italie a supprimé le concours d'entrée préalable et instauré un semestre ouvert (semestre aperto). Les étudiants peuvent s'inscrire librement au premier semestre, pendant lequel ils suivent trois enseignements : biologie, physique et chimie.
À l'issue de ce semestre, ils passent des examens nationaux qui permettent d'établir un classement pour accéder au deuxième semestre. L'admission reste donc sélective, mais intervient après le début des études.
Focus
Allemagne : comment les universités sélectionnent les candidats après l'Abitur ?
En Allemagne, le système d'accès à l'enseignement supérieur dépend notamment des résultats obtenus à l'Abitur, le bac allemand, qui constitue l'une des principales voies d'accès aux études supérieures.
Pour de nombreuses formations, les universités peuvent appliquer un numerus clausus, ce qui signifie qu'elles limitent le nombre de places disponibles et sélectionnent les candidats en fonction de leurs résultats scolaires. Le seuil d'admission n'est pas fixé à l'avance : il dépend du nombre de candidats, de leurs résultats et des places proposées chaque année.
Certaines filières examinent également d'autres critères, comme les matières suivies au lycée, les résultats dans certaines disciplines, les tests d'aptitude ou l'expérience préalable des candidats.
Même si l'Abitur reste la principale voie d'accès aux études supérieures, d'autres qualifications permettent d'obtenir une autorisation d'accès à l'enseignement supérieur (HZB).
Pour les études de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de médecine vétérinaire, les candidatures relèvent d'une procédure nationale coordonnée par la plateforme Hochschulstart. Les places sont réparties selon plusieurs critères, qui prennent notamment en compte les résultats à l'Abitur, les aptitudes des candidats et les procédures de sélection propres aux universités.
Comment accède-t-on à l'université dans les autres pays européens ?
| Pays | Candidature dans l'enseignement supérieur | Critères de sélection |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | Plateforme nationale UCAS. Jusqu'à 5 formations possibles. | Résultats scolaires, dossier de candidature, présentation personnelle, recommandation et parfois entretien. |
Danemark
| Plateforme nationale Optagelse.dk. Jusqu'à 8 formations classées par ordre de préférence. | Notes du diplôme secondaire ou sélection complémentaire sur dossier, tests et entretien. |
| Espagne | Préinscription sur une plateforme régionale. | Note composée de 60 % des résultats au bachillerato et de 40 % de la PAU. Des épreuves supplémentaires peuvent améliorer le classement. |
| Portugal | Plateforme nationale. Jusqu'à 6 formations classées par ordre de préférence. | Résultats scolaires et notes aux examens nationaux correspondant aux épreuves d'accès exigées. |
| Belgique | Inscription directement auprès de l'établissement. | CESS ou diplôme équivalent pour la plupart des formations. Épreuves spécifiques pour certaines filières, notamment médecine et ingénierie civile. |
| Italie | Inscription auprès des universités, selon les formations. | Accès libre dans de nombreux cursus. Tests ou sélection pour les formations sélectives. Pour médecine, semestre ouvert suivi d'examens et d'un classement. |
| Allemagn. | Candidature auprès des universités ou via Hochschulstart pour certaines formations. | Résultats à l'Abitur, tests d'aptitude et critères propres aux établissements. Sélection spécifique pour médecine, pharmacie, dentisterie et médecine vétérinaire |
À noter : les modalités peuvent varier selon les établissements, les formations et le statut des candidats. Le tableau présente les grandes règles applicables dans chaque pays, et non toutes les procédures particulières.