Handicap et alternance : “Je veux juste être considérée comme une étudiante bac + 5”

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“À l'école, je me la coulais douce car je n'avais pas conscience des difficultés liées au handicap. Mais mes parents m’ont beaucoup poussée à travailler. Ça n’a pas été simple pour eux. Pour que j’intègre le collège, puis le lycée, ils ont dû parfois batailler face aux proviseurs qui n’étaient pas préparés à recevoir des élèves en situation de handicap.”

Mon objectif après le bac : trouver une fac accessible

“Après un stage d’assistante sociale qui ne m’a pas convaincue, j’ai passé un mois dans un service de ressources humaines. La révélation ! Une vraie passion ! Après mon bac ES, j’ai donc choisi de faire une licence d’économie-gestion à la fac Jean Monnet accessible aux personnes en fauteuil roulant, et à un quart d’heure de chez mes parents.”

L’alternance, pour passer de la théorie à la pratique

“En 3e année de licence, j’ai pris une chambre d’étudiant. C’était une grande fierté car je voulais absolument être autonome et indépendante. J’ai poursuivi en master 1 science du management option RH. Pour trouver un master 2, les choses se sont un peu compliquées, puisque la moitié des facs qui proposent un master 2 en RH ne sont pas adaptées aux étudiants handicapés…

Finalement, j’ai été acceptée au Ciffop en master 2 GRH et relations du travail, à Paris 2. Je voulais absolument préparer ce diplôme en alternance, c’est le meilleur moyen pour mettre enfin en pratique les cours très théoriques de la fac et progresser rapidement.”

Je veux être choisie pour mes compétences

“J’ai envoyé mon CV chez Areva sans préciser que j’étais handicapée. Dans mes recherches d'emploi, je refuse toute aide liée au handicap : je veux être sélectionnée pour mes compétences, et non pour mon statut de travailleur handicapé.

C'est au téléphone, lorsque les RH m’ont contactée, que j’ai demandé si les locaux étaient accessibles et précisé que j’étais handicapée. J’ai passé l’entretien. L’entrevue terminée, on m’a demandé si j’avais besoin d’un poste adapté, ce qui n’est pas le cas. J’ai juste besoin d’un ascenseur suffisamment grand pour y mettre un fauteuil roulant électrique et pouvoir passer derrière mon bureau.”

Réussir à faire oublier son handicap

“Je suis en poste depuis un an, tout se passe bien. Bien sûr, dans les premiers moments, le fauteuil roulant fait peur et il faut réussir à prouver ce que l’on vaut, à faire oublier son handicap. Surtout, il faut donner tort à ceux qui pensent que vous êtes uniquement là pour respecter les fameux 6% de la loi de 2005 ! J’ai eu des remarques de ce type de la part de certains salariés ou de personnes extérieures.

Mais j’ai fait un bac + 5, et pour y arriver je me suis démenée au prix de beaucoup d’efforts et de fatigue. Entendre de telles paroles, c’est très difficile à accepter… Je veux avant tout être considérée comme une étudiante bac + 5 en alternance.”

Ma présence a fait changer le regard de mes collègues sur le handicap

“Le bon côté des choses, c’est que, une fois la barre du handicap franchie, on devient un vrai collaborateur. À chaque mission accomplie, je sais de quoi je suis capable et j’en suis fière.

Ma présence a fait changer le regard de mes collègues proches sur le handicap. Ils se rendent mieux compte des problèmes d’accessibilité que l’on rencontre au quotidien. Dans la rue, ils ont moins d'appréhension lorsqu'ils croisent une personne handicapée. Plus il y aura de personnes en situation de handicap dans les entreprises, plus le regard au sein de la société évoluera.”

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Valérie François © CIDJ - 19/06/2018

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