Sexualité Le plaisir passe, le danger reste

Caroline Féral Palma
Publié le 17-01-2025

En bref

  • Trop connectés, pas assez impliqués : la GenZ, ce n’est pas ça !
  • À micro tendu, vous parlez de vie intime, d’études, de boulot, de santé…
  • Pas de vérité universelle ni de leçon toute faite, mais vous avez le dernier mot.
La contraception : c'est vous qui le dites !
La contraception : c'est vous qui le dites ! Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ
Le sexe, c'est toujours avec une capote ? Crédit : Caroline Féral Palma - CIDJ

Contraception et IVG : ce qu’en pensent les jeunes

Il y a 50 ans, la loi Veil légalisait l’interruption volontaire de grossesse en France, une étape décisive pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps. Aujourd’hui, le droit à l’IVG est même inscrit dans la Constitution. Mais comment les jeunes gèrent-il leur contraception et comment perçoivent-ils l’accès à l’avortement ? La rédaction de cidj.com est allée à leur rencontre pour leur poser la question.

Pilule, stérilet, implant, préservatifs masculin ou féminin… les jeunes interrogés nous confient utiliser différentes méthodes contraceptives, selon leurs besoins et leurs convictions. Certaines jeunes femmes privilégient des solutions sans hormones, d’autres se tournent vers la pilule, d’abord pour des raisons médicales, avant de l’adopter pour se protéger. Néanmoins, le préservatif reste la méthode la plus accessible et, rappelons-le, la seule à protéger à la fois des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles (IST).

Au collège et au lycée, l’éducation à la sexualité est obligatoire depuis 2001, mais rarement dispensée de manière complète. Beaucoup de jeunes regrettent ces séances limitées. « Le seul cours que j’ai eu c’était en 4e. On nous a seulement appris comment sont faits les enfants et comment mettre un préservatif. », se souvient Joséphine. Pourtant, ils semblent attendre de l’école qu’elle aborde d’autres questions telles que le consentement ou la prévention, surtout lorsque la sexualité est un sujet encore trop souvent tabou à la maison.

Les préservatifs sont gratuits en pharmacie pour les moins de 26 ans, une mesure importante contre la précarité sexuelle. La pilule du lendemain est, quant à elle, désormais remboursée à 100 % par l’Assurance maladie. Cependant, certains soulignent une inégalité majeure d’accès à la contraception : « Pour les hommes, c’est plus simple. Pour acheter un préservatif, on peut aller à la pharmacie, alors que si les femmes veulent avoir un stérilet ou la pilule, il faut d’abord prendre rendez-vous chez un gynécologue », remarque Fanny. Des démarches qui freinent parfois l’accès à la contraception pour les femmes.

Lorsqu’on les interroge sur la loi Veil, ces jeunes reconnaissent son importance historique. Ils voient aujourd’hui l’IVG comme un droit fondamental qui permet de se sortir d’une situation difficile, de poursuivre des études et de choisir son avenir. Néanmoins, les reculs qu’ils observent dans certains pays, comme aux États-Unis, les inquiètent et renforcent leur attachement à ce droit en France. 

Êtes-vous suffisamment informé des moyens de contraception et de prévention des IST ?

  • Quoi ? Les dispositifs pour se protéger sont nombreux : contraception gratuite jusqu’à 26 ans, dépistages gracieux des infections sexuellement transmissibles (IST), vaccination contre le papillomavirus et accès facilité à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Cependant, malgré ces dispositifs, l’information reste lacunaire, notamment sur les échecs contraceptifs et les méthodes moins connues.
     
  • Pourquoi ? Une meilleure information reste essentielle pour prévenir les grossesses non désirées et les IST. La méconnaissance des droits ou des méthodes disponibles freine leur utilisation optimale. La loi Veil (1975) a légalisé l’IVG pour offrir une solution aux grossesses non prévues, mais elle reste un recours symptomatique d’une contraception mal maîtrisée.
     
  • Qui ? Les jeunes de 15 à 25 ans sont particulièrement concernés. Les campagnes de sensibilisation ciblent aussi bien les femmes que les hommes, mais ces derniers restent souvent moins impliqués dans la prévention. Les professionnels de santé (médecins, sages-femmes) jouent un rôle clé dans l’accompagnement.
     
  • Quand ? Depuis 2022, la gratuité de la contraception a été élargie pour inclure toutes les femmes jusqu’à 26 ans. De plus, les réformes récentes ont supprimé le délai de réflexion obligatoire pour l’IVG, rendant son accès plus rapide et confidentiel.
     
  • Où ? Les jeunes peuvent se rendre dans des centres de santé sexuelle, CeGIDD ou infirmeries scolaires pour obtenir gratuitement contraception, dépistages ou conseils. Ces lieux garantissent confidentialité et anonymat, notamment pour les mineurs.

Focus

Le saviez-vous ?

Les jeunes disposent de nombreux dispositifs gratuits pour leur santé sexuelle. Ils peuvent accéder à une consultation gratuite avec un professionnel (médecin, gynécologue, sage-femme) pour des questions sur la contraception, les IST ou les relations. Les « Centres de santé sexuelle » (CSS) et les « Espaces vie affective et sexuelle » (EVARS) offrent écoute, prévention et suivi. La contraception (pilules, DIU, préservatifs) est gratuite pour les moins de 26 ans, tout comme la « contraception d’urgence », disponible sans ordonnance. Les « préservatifs » sont pris en charge à 100 %, et des dépistages gratuits des IST sont possibles dans les CeGIDD ou laboratoires. Concernant l’IVG, elle est réalisable jusqu’à 14 semaines de grossesse, prise en charge intégralement et accessible sans autorisation parentale pour les mineures. Enfin, l’anonymat et le secret médical sont garantis à chaque étape. 

Plus d’infos en suivant avec le CRISP Île-de-France.

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