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Cinéma d’animation : l'interview de Virginie, spécialiste du compositing

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Cinéma d’animation - interview de Virginie, spécialiste du compositing

Virginie Giroux travaille depuis plus de 10 ans dans le cinéma d'animation. Spécialiste du compositing, elle nous explique son parcours, son métier et donne son point de vue sur le secteur et des conseils pour y travailler. 

Virginie Giroux a débuté sa carrière en 2005. Depuis 3 ans, elle travaille chez Illumination Macguff qui a produit entre autres Tous en scène, Les Minions et la série Moi, moche et méchant. 
Elle nous présente son parcours.

Quel est ton métier ?

Je suis compositrice. Mon rôle est d’assembler les différentes couches d'une image pour obtenir l'image finale afin de permettre l'ajout d'effets spéciaux. Je travaille aussi bien en film d'animation, qu'en publicité, série ou long métrage.

Qui sont tes employeurs ?

J'ai commencé à travailler en 2005 d'abord chez Macguff Ligne (un studio de création d'effets visuels numériques NDLR) pendant 9 ans et de temps en temps dans d'autres petites sociétés, et depuis 3 ans chez Illumination Macguff exclusivement.

Quel a été ton parcours de formation ?

J'ai fait un bac STI arts appliqués (actuel Bac STD2A : Sciences et technologies du design et des arts appliqués, NDLR), la prépa artistique des ateliers de Sèvres puis pendant 2 ans l’école Georges Méliès (anciennement EESA), une école d'animation et d'effets spéciaux.

Est-ce que ça a été facile de trouver un premier contrat ? 

J’ai trouvé un premier emploi très facilement. Suite à la présentation de mon film de fin d'études, j'ai envoyé quelques CV et j’ai été recrutée. C'était en 2005, mais à l'époque, les écoles n'étaient pas nombreuses. Il n'y avait pas autant de personnes spécialisées dans l'animation et donc moins de concurrence.

Combien de temps dure un contrat ? 

Une mission peut durer 1 journée ou 2 comme plusieurs mois. Mais on connait rarement à l'avance notre planning. On peut enchaîner directement sur un autre contrat ou patienter plusieurs mois. Si une grosse production vient de se terminer à Paris, tout le monde cherchera du travail en même temps, et ça sera plus difficile de décrocher une mission. Il y a aussi des périodes plus creuses, notamment pendant l’été, à Noël...

Est-ce facile de retrouver du travail après un contrat ?

Ça dépend : c'est un métier de contacts, de réseaux. Plus on connaît du monde dans le milieu, plus on a de chances d’être au courant des missions, d’entendre parler d’une boîte qui cherche des graphistes, des animateurs.... 

Quels sont les avantages d’une carrière dans le cinéma d’animation ? Les inconvénients ?

C'est très difficile de prévoir quoi que ce soit. Les vacances par exemple, peuvent facilement tomber à l'eau, car si on a une place quelque part qui nous intéresse, on la prend. Si on refuse trop souvent, on n’est jamais sûr d'être rappelé(e) pour la prochaine production. Même en cours de production, ça arrive de ne pas travailler certains jours car il n'y a pas de travail pour nous ce jour-là. Donc il faut être flexible. 

Mais on travaille sur de l'image, dans le domaine du cinéma, de la pub ; c'est toujours sympa, on se fait plaisir. C'est un métier passion.

Tu as eu un parcours artistique. Penses-tu que c’est indispensable pour travailler dans le cinéma d’animation ?

Oui, c'est important car un parcours artistique éduque l'oeil; c'est essentiel dans ce métier. Après, beaucoup de choses s'apprennent sur le tas, grâce aux gens que l'on rencontre et aux productions sur lesquelles on travaille qui nous imposent de relever souvent des défis techniques.

Est-ce difficile d’intégrer une école d'animation ?

Je suis rentrée à l'école Georges Méliès en 2003, il n'y avait pas autant de candidatures que maintenant. J'imagine que ça devait être plus facile qu'aujourd'hui.

Quel bilan tires-tu de cette formation ? 

Cette école nous donne toutes les bases artistiques et techniques pour appréhender le mouvement (animation) et l'image. Des anciens viennent y animer des cours et permettent de donner un aperçu des productions. L'ambiance y est très bonne; ce qui permet une bonne cohésion de groupe et un travail commun de qualité.

Quel a été l’importance du film de fin d’études dans ton parcours ?

Il m'a formé, m'a investi, m'a permis de savoir ce que j'aimais faire entre tous les métiers qui s'offrent à nous dans ce type d'école. En le présentant au jury de fin d'études, j'ai pu entrer directement chez Macguff Ligne.

Quels conseils donnerais-tu pour intégrer ce secteur ?

Montes un dossier artistique, si tu n'es pas pris la première année, fais une année de prépa artistique.

Les prépas sont très polyvalentes, rigoureuses et intenses. Elles donnent un bon bagage pour intégrer ces écoles. Et puis surtout dessine !!!!! Tout et tout le temps !

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Article mis à jour le 26/02/2018 / créé le 30-10-2017